Archives mensuelles : juillet 2011

[Poitiers] Les correcteurs du brevet digèrent mal la religieuse

A Jaunay-Clan, les professeurs n’ont pas goûté la présence au collège d’une enseignante vêtue en religieuse.

Les enseignants appelés à corriger les copies d’histoire-géographie du brevet des collèges, vendredi dernier au collège Saint-Exupéry de Jaunay-Clan, ont eu la surprise de voir s’installer avec eux une enseignante d’un collège privé du département, invitée elle aussi à contrôler la qualité du travail des collégiens de la Vienne, mais revêtue de ses habits de religieuse.

Choqués par cette tenue non compatible, selon eux, avec le respect de la loi sur le port de signes religieux distinctifs dans un établissement scolaire public (*), ces professeurs ont alerté la principale du collège qui, semble-t-il, a à son tour prévenu le rectorat. « L’inspecteur pédagogique régional d’histoire-géographie n’aurait rien trouvé à redire à cette situation », rapporte une syndicaliste. Les professeurs présents ont alors signé un courrier de protestation qu’ils ont adressé au rectorat.

« Soit cette collègue enseigne dans un collège privé hors contrat et, dans ce cas, on se demande ce qu’elle faisait là, explique notre syndicaliste. Ou bien, elle enseigne dans un établissement sous contrat et, dans ce cas, elle devait se présenter en civil. »

Le Snes-FSU ne compte pas en rester là et demande des explications aux autorités de l’Éducation nationale. Le syndicat « soutient pleinement les enseignants qui ont protesté » et estime que cet événement « ne peut être considéré comme anodin, ni comme un dérapage ». Il rappelle « des faits similaires s’étaient produits l’an dernier et avaient été dénoncés par le Snes auprès du recteur ».

Contactés à ce sujet par nos soins à plusieurs reprises depuis lundi, le rectorat n’a pas répondu à notre demande, pas plus que la principale du collège en question.

(*) La loi du 15 mars 2004 encadrant, en vertu du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics, interdit expressément le port « dans les écoles, les collèges et les lycées publics, […] de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse. » (Source: Assemblée nationale)

Philippe Bonnet, Centre Presse, 06/07/2011

Procès des No Border Calais

Nous appelons au rassemblement de soutien le 12 juillet à 8h30 au tribunal de Boulogne-sur-Mer pour les No Border Calais.

Un covoiturage est organisé depuis Lille, rendez-vous à 6h30 au métro porte d’Arras.

Trois activistes comparaissent pour présence sans autorisation sur un lieu privé (le squat africain) ; violence en réunion contre deux policiers et pour deux des militants : refus de donner ses empreintes.

Plus d’infos:

22 Avril 2011

Hier matin, (jeudi 21 avril à 9h), lors d’une rafle brutale de la police à l’Africa House (rue Descartes) trois activistes No Border qui filmaient et observaient ont été arrêtés violemment et sont poursuivis devant le tribunal. Plus de 20 réfugiés principalement soudanais qui vivaient dans le squat ont été arrêtés. La police a maltraité physiquement les activistes. Elle a détruit l’une de leurs caméras et effacé les vidéos sur la seconde.

« Cela ressemblait avant tout à une revanche suite à la publication des vidéos de No Border sur les sites Rue 89 et les Inrockuptibles qui dénonçaient les harcèlements policiers à Calais », dit Martin, un activiste No Border.

Trois activistes ont été arrêtés. Deux d’entre eux qui filmaient le raid ont été violemment attrapés et jetés au sol par la PAF et les CRS. Ils ont passé neuf heures en garde à vue et ils ont plusieurs charges à leur encontre : occupation illégale, résistance avec violence en réunion… le procès aura lieu le 12 juillet à Boulogne-sur-Mer.

« Une nouvelle fois, ce procès n’est qu’une stratégie de manipulation , pour détruire l’image de No Border dans l’opinion publique et pour essayer de nous faire peur, de nous décourager à continuer de filmer et témoigner de la réalité calaisienne et de son système répressif. Mais nous n’avons pas peur, nous sommes prêts à aller au tribunal pour saisir l’opportunité de gagner ce nouveau procès politique » déclare Marine une activiste.

Il y a deux semaines No Border a publié plusieurs vidéos qui montrent la violence, les harcèlements sexuels, les insultes, les destructions des caméras. Dans une vidéo qui a été largement visionnée on voit des officiers de la PAF qui arrivent à l’Africa House au petit matin et réveillent les migrants avec « le dimanche à Bamako ».

« Les films publiés ne sont que la partie émergée de l’iceberg des harcèlements quotidiens de la police à Calais. Cette violence est systématique et fait partie d’une stratégie globale contre les migrants dans cette ville » dit Martin. « En dehors des vidéos nous avons nombre d’autres documents qui sont prêts à être publiés ou utilisés comme preuves dans une action juridique contre la police. Nous ne laisserons pas intimider par ces violentes réactions des autorités, cela vient juste conforter nos convictions. A Calais la répression fait loi. »

Collectif de Résistance à la Répression et à l’Intimidation des Militants et des Mouvements Sociaux