Archives mensuelles : novembre 2011

Loppsi 3 en vue !!

LOPPSI 3 en vue !!

Même pas eu le temps d’infor­mer les gens sur la 2 que la 3 se pré­pare déjà !

Au menu :
- Reconnaissance faciale auto­ma­ti­sée, amende pour les parents qui lais­sent leurs mômes tard le soir dans la rue, et puis plein de salo­pe­ries qu’on sait pas encore.

Un petit des­sert concocté par les chefs- sado Guéant- Bauer-Ciotti tous renom­més 5 étoiles dans le guide Vilain. Leurs seconds de cui­si­nes sont bien sûr IBM , SFR, et quel­ques entre­pri­ses de sécu­rité privés qui s’en met­tent plein les fouilles dans l’octroi de ces mar­chés… Pour rappel on connait l’éthique d’IBM notam­ment son grand rôle dans la résis­tance en 40 ainsi que son refus sys­té­ma­ti­que des puces RFID.

C’est ainsi qu’un mois seu­le­ment après l’adop­tion de la LOPPSI 2, nos déli­rants amis se sont ren­contrés pour une grosse bouffe et nous ont concocté un joli docu­ment : http://www.pie­ce­set­main­doeu­vre.com/IMG/pdf/Synthese_Securite.pdf

Des titres expli­ci­tes comme « De l’impor­tance et l’urgence de lutter contre les frau­des socia­les », une pré­sen­ta­tion sur « le contrôle des flux » par un géné­ral 5 étoiles, ou des phra­ses telles que « La nou­velle carte d’iden­tité cons­ti­tue à cet égard le « vais­seau amiral » qui per­met­tra de faire à dis­tance de l’e-admi­nis­tra­tion et du e-busi­ness comme dans un cer­tain nombre de pays euro­péens. » annon­cent le goût de ce plat concocté avec amour.

Bon quant à moi, je crois que je vais mal sup­por­ter la diges­tion et vais de ce pas renou­velé ma carte d’iden­tité avant que l’e-admi­nis­tra­tion l’emporte !

Sur qui fait quoi dans ce docu­ment voir aussi

http://reflets.info/gueant-et-bauer-chasse-emprein­tes-facia­les/ ?utm_source=feed­burner&utm_medium=feed&utm_cam

Et un topo sur les lois sécu­ri­tai­res ( une qua­ran­taine depuis 2002) : http://rebel­lyon.info/Lois-secu­ri­tai­res-42-v-la-les.html

Source : Rébellyon, 5 novembre

[Italie] Lois scélérates contre la grogne sociale

[Italie] Les journaflics travaillent (suite)

Black Blocs, une violence manipulée ?

La mairie de Rome a interdit les manifestations pendant un mois en mettant en avant les violences de dimanche dernier provoquées par les Black Block. Nous les avons rencontrés. Ils expliquent le sens de leurs « actions directes » et leurs stratégies. La police italienne qui les surveille de très près ne fait pourtant rien pour prévenir les affrontements.

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Ils ont la rage au ventre et veulent tout casser pour exprimer leur refus d’un système qui ne les représente pas.  Et certainement pas, un pouvoir laminé par les scandales sexuels de Silvio Berlusconi et les affaires de corruptions dans lesquelles sont impliqués plusieurs parlementaires de droite comme de gauche. « Ils », ce sont les Black Blocs qui se sont invités au cortège des Indignés samedi dernier pour casser les vitrines de banques et de magasins et incendier des voitures. Bilan : 135 blessés, dont 105 policiers et des dégâts évalués à plus de 5 millions d’euros.

Qui sont les Black Blocs ?

« J’ai trente ans, je suis fille-mère, je n’ai pas de maison, pas d’argent et les institutions ne font rien pour moi et pour ma fille » dit  A.

« La violence s’impose dans une société qui fusille notre avenir »

Le visage caché par une écharpe, les cheveux couverts par un capuchon noir, elle explique que samedi dernier, elle était aux cotés de ceux qui ont essayé de « casser du flic ». Et tant pis si les policiers sont, eux aussi, de pauvres gens avec un salaire de misère.

« Ils représentent le pouvoir, défendent ces institutions que nous répudions. Ils nous ont empêché de marcher sur le parlement pour crier notre colère et notre désespoir. »

L. a lui aussi une trentaine d’années, un diplôme d’économie en poche et un emploi précaire. Il est fils de bonne famille et samedi dernier, il a, comme A., jeté des pavés sur les carabiniers pour les faire reculer. Il va encore plus loin que A. et critique la façon dont les Indignés ont protesté samedi dernier.

« Cela n’a aucun sens de défiler calmement, les politiciens s’en foutent. Nos actions ne sont pas violentes par nature, nous nous défendons contre la violence des politiciens et de la société actuelle. Une société qui est train de fusiller notre avenir. La seule forme de protestation possible est la nôtre, tout casser pour faire prendre conscience que notre colère est profonde et brutale » explique L.

Les compagnons de A. et de L. sont issus de différentes classes sociales. Des  jeunes précaires qui fréquentent  les centres sociaux, des étudiants, des cinquantenaires fatigués de courber la tête sous le joug de la crise économique et financière. La bataille de Rome de samedi dernier, tous l’ont préparé pendant un an.

Un an pendant lequel, certains se sont entraînés dans les sous-bois de la Val de Susa au dessus de Turin, là où devrait passer le train à très grande vitesse. Pour bloquer la construction du réseau, les détracteurs de la grande vitesse organisent des manifestations ponctuelles auxquelles s’invitent aussi régulièrement les Blacks Blocs.

Plan de bataille et guérilla urbaine

« Cela nous  sert d’entrainement pour  la guérilla urbaine » confie un jeune black bloc romain. Un autre groupe fait la navette entre Rome et Athènes. En Grèce, leurs « camarades » leur ont appris que cette guérilla urbaine nécessite une organisation précise. La leçon a été retenue. Samedi dernier, les Black Blocs romains ont préparé leur plan de bataille dans les moindres détails. La veille de la manifestation, ils ont entreposé des frondes et autres cocktails Molotov dans un fourgon garé à côté de la place Saint Jean de Latran.« Cela nous  sert d’entraînement pour  la guérilla urbaine » confie un jeune black bloc romain. Un autre groupe fait la navette entre Rome et Athènes. En Grèce, leurs « camarades »

Puis, ils ont disséminés des sacs en plastique contenant ces armes artisanales le long du parcours. Enfin, ils ont ramassé des pavés, des bâtons, des massues et des pics pour démolir la chaussée dans un chantier. Pour mieux encercler la police, ils se sont partagés en deux grands bataillons et répartis en brigades. Une tactique militaire pour une opération militaire.

« Samedi, ce n’était que le début. Ils ne nous auront pas, nous continuerons à nous battre et nous serons toujours mieux organisés et plus nombreux » promet C.

Plusieurs fois par semaine, il rencontre ses compagnons, dont une jeune Française d’une trentaine d’années, dans un bar situé dans la périphérie de Rome. Cette jeune femme dont le nom circule dans le milieu, ferait partie des irréductibles. Du moins si l’on en croit les confidences d’un jeune black bloc romain. L’endroit est contrôlé par la police qui photographie toutes les personnes qui entrent et qui sortent. Mais bizarrement, les forces de l’ordre ne font rien de plus. Après les désordres de samedi dernier, l’endroit n’a pas été perquisitionné et les consommateurs de noir vêtus n’ont pas été cueillis à la tombée de la nuit alors qu’ils préparent de nouvelles actions.

« Cela sert le pouvoir »

La situation est d’ailleurs identique dans un « centre social » (espace culturel autogéré, NDLR)  situé dans la périphérie romaine. Là encore, des agents déguisés en passants pour mieux se fondre dans le paysage, contrôlent les entrées et les sorties, prennent des photographies et des notes sur leurs calepins. Rien d’autre.

« Cela leur permet de manipuler la situation. En fait, ils les laissent faire comme cela les revendications des pacifistes passent à la trappe » analyse Paolo Fusco, étudiant en sociologie. Il explique que depuis samedi, la presse ne parle que des Black Blocs et des déclarations des autorités notamment du ministère de l’Intérieur.

« Du coup, personne n’a parlé des milliers et des milliers de personnes qui ont défilé dans les rues de Rome pour réclamer le changement de la politique économique et sociale. Cela sert le pouvoir » note Marcello Fusco.

Difficile de lui donner tort. Depuis trois jours, la presse italienne fait état des arrestations dans les milieux anarchistes, des lois spéciales, comme le « flagrant délit différé » que le ministère de l’Intérieur va introduire, du décret municipal adopté il y a deux jours pour interdire les manifestations dans le centre de Rome pendant un mois. Soit le temps pour les habitants de panser leurs plaies et pour la mairie, de faire le ménage dans Rome. Au milieu de tout ce bruit, on n’entend plus parler des Indignés.

En attendant les black blocs seront dimanche prochain dans le Piémont où une nouvelle manifestation sur le chantier de la ligne TGV Lyon-Turin est prévue.

Leur presse (Ariel Dumont, fr.MyEurop.info), 19 octobre 2011.

[Paris] Profs en grève et lycéenNEs solidaires

[Lycée Balzac à Paris] Solidarité lycéenne avec la grève de leurs profs. Répression policière. Une blessée grave. ACAB

Le blocus de la cité scolaire Balzac dégénère

Un lycéen a été arrêté hier par la police pour rébellion. Deux élèves ont été blessées. La grève des enseignants se poursuit dans cet établissement du XVIIe aux classes surchargées.

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Colère et émotion hier à la cité scolaire Honoré-de-Balzac (XVIIe) à la suite des incidents qui se sont produits lors du blocage de cet établissement le matin par les élèves. Un lycéen de 17 ans a été placé en garde à vue et deux élèves ont été blessées au cours d’une bousculade.

La grève déclenchée pour la troisième fois hier par les enseignants pour protester contre les classes surchargées et le manque de moyens dans ce gros lycée et collège, situé le long du boulevard Bessières a été reconduite aujourd’hui.

Hier matin, une centaine de lycéens avait bloqué avec une chaîne l’entrée de cet établissement comptant 2000 élèves en soutien aux enseignants en grève. Un barrage filtrant avait été installé sur une entrée secondaire pour laisser passer les collégiens. Tout a dégénéré lorsqu’un policier a sectionné la chaîne pour libérer l’accès pompiers. « Les policiers ont tenté de nous repousser et ont attrapé un élève à la gorge avant de le plaquer au sol et de le rouer de coups, raconte Émile, en terminale. Puis ils l’ont menotté et emmené. Nous avons tenté de bloquer le véhicule de police en nous mettant en travers du boulevard Bessières. » Dans la bousculade, une jeune fille a eu le tibia fracturé et une autre a été légèrement blessée.

La police présente une autre version : « Le commissaire accompagné d’un gardien de la paix ont tenté de parler avec le meneur pour mettre fin au blocage, mais il les a bousculés. Le policier a été blessé à la main. » Le garçon de 17 ans a été arrêté pour rébellion, outrage et violences sur personne dépositaire de l’autorité publique, et placé en garde à vue. Il a été relâché en fin d’après-midi. Il comparaîtra devant le parquet des mineurs en décembre.

Alerté, l’inspecteur d’académie s’est rendu sur place dans la matinée pour tenter de ramener le calme. « Nous réclamons cinq postes de surveillants, deux postes administratifs supplémentaires et attendons qu’un poste d’infirmière soit pourvu », indique une représentante syndicale du Snes. Ils dénoncent aussi « de graves dysfonctionnements dans les emplois du temps, avec des trous et des cours qui se chevauchent » ainsi qu’un « manque de dialogue avec leur direction ». Ils ont décidé de poursuivre leur action aujourd’hui. « Les élèves sont très choqués et très remontés, poursuit la déléguée du Snes. Nous ne voyons pas comment nous pourrions gérer les classes dans ce contexte. Il va falloir que la situation évolue. »

Hier soir, à l’issue d’une réunion avec les professeurs, les parents ont décidé d’appeler à une école morte aujourd’hui et à un rassemblement jeudi devant le rectorat.

Leur presse (Christine Henry, LeParisien.fr), 9 novembre 2011.


Intervention policière musclée devant un lycée parisien

Des élèves, dont certains auraient été blessés, et des professeurs ont bloqué l’entrée du lycée Honoré de Balzac à Paris pour réclamer de meilleures conditions de travail.

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Manifestation musclée devant le lycée Honoré de Balzac à Paris (XVIIe). Les forces de l’ordre sont intervenues ce mardi pour forcer l’entrée de l’établissement scolaire, bloquée depuis le début de matinée par les professeurs et les élèves.

Ces événements font suite à une grève entamée le 3 novembre dernier par le personnel de la cité scolaire, pour protester contre les mauvaises conditions de travail. Pour soutenir le mouvement, des élèves ont décidé, ce mardi matin, de bloquer l’entrée de l’établissement. « Les élèves formaient une chaîne humaine devant l’entrée. Le blocus était alors pacifique », témoigne une élève de terminale.

Jusqu’à l’intervention des forces de l’ordre vers 9h30 pour débloquer l’établissement. Des heurts ont alors opposé une dizaine de policiers aux manifestants. Une élève aurait le tibia cassé par une lampe torche d’un policier. Un de ses camarades, âgé de 17 ans, aurait été légèrement blessé à l’arcade sourcilière. Ce dernier a été conduit au service médico-judiciaire de l’hôpital de l’Hôtel-Dieu pour faire constater ces blessures, mais aucune trace de violence n’a été enregistrée. Il a été placé en garde à vue pour « rébellion, outrage et violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique ». Il a été libéré à 16h10.

D’après la police, l’élève arrêté s’est montré particulièrement agressif envers les forces de l’ordre. Les lycéens de leur côté contestent la version des policiers et assurent avoir été victimes d’une violence inappropriée : coups de matraque, usage de gaz lacrymogène… Plusieurs élèves envisagent de porter plainte cet après-midi.

Leur presse (Tony David, L’Express.fr), 8 novembre 2011.


Bousculade entre lycéens et policiers

Une bousculade s’est produite ce matin devant la cité scolaire Balzac, à Paris (XVIIe), quand des lycéens ont entrepris d’empêcher la police de débloquer les accès de l’établissement, cadre d’un conflit social, a indiqué le rectorat. Un élève mineur « a été embarqué après s’être frotté avec un policier », a indiqué Philippe Fatras, inspecteur d’académie pour le second degré, qui a ajouté avoir recueilli « plusieurs versions » de la génèse de l’incident.

Ce matin, en soutien au personnel enseignant et administratif en grève contre des suppressions de postes et des classes surchargées, des élèves ont bloqué avec des chaînes les accès à l’établissement, « y compris l’accès pompiers », a précisé Philippe Fatras.

En conséquence, le proviseur a demandé l’intervention de la police qui a entrepris de couper les chaînes qui empêchaient l’ouverture des portes, a poursuivi l’inspecteur d’académie. S’en est suivie une bousculade.  Philippe Fatras a rencontré les professeurs grévistes à qui il a annoncé la création d’un poste équivalent temps plein de surveillant, « un effort conséquent en cette période », a-t-il estimé. Les professeurs en ont pris bonne note.

Leur presse (Agence Faut Payer), 8 novembre 2011.

« J’ai appris à me vendre »

Le speed meeting ou l’autre moyen de se jauger

08/11/2011 05:39

 

Speed meeting. Derrière ces mots barbares se cache une nouvelle façon de mettre en relation l’univers du travail et celui de l’université.

Tête-à-tête de quinze minutes pour se présenter, écouter et débattre.

 

Tête-à-tête de quinze minutes pour se présenter, écouter et débattre. – (dr)

La Faculté des sciences de Poitiers et le Safire (programme d’insertion professionnelle des étudiants) organisaient ce lundi leur premier speed meeting à la Technopole du Futuroscope. Derrière ces mots barbares se cache une nouvelle façon de mettre en relation l’univers du travail et celui de l’université. Quinze représentants du monde du travail et une soixantaine d’étudiants en Master 2 informatique et télécommunications, mathématiques ou économie de marché avaient répondu à l’appel. Ces outils essentiels permettent une communication pour mieux préparer l’insertion de futurs acteurs du monde professionnel avec des chefs d’entreprises au cours de mises en relations directes.

Tester son argumentaire, sa présentation

« Chaque étudiant a dû choisir au moins deux entreprises à rencontrer. Il dispose de quinze minutes : cinq pour se présenter, cinq pour établir une relation « questions-réponses », les cinq dernières étant consacrées au débriefing. Ces rencontres ont un aspect pédagogique car elles préparent aux entretiens de demain » explique Philippe Meseure responsable informatique à l’université de Poitiers. Placée au coeur du dispositif la mise en relation s’inscrit donc dans une démarche tant économique que sociale tout en créant une dynamique où chacun trouve sa place. L’étudiant qui se prête au « jeu » du speed meeting découvre une formule très efficace où il peut tester son argumentaire et sa présentation en les intégrant dans une notion d’échanges. Romaric un étudiant en Master 2 informatique sort réjoui de son premier entretien de l’après-midi « J’ai reçu une aide et enregistré des conseils qui me serviront pour corriger mon CV et/ou ma lettre de motivation. J’ai appris à me vendre. Cette rencontre fut très enrichissante ». Dans le speed meeting l’énergie et la concentration des participants caractérisent ces rencontres plutôt agréables qui lèvent certaines inhibitions.

Leur presse, Nouvelle République, Marc Wast, 8 novembre 2011

[Marseille] L’Eglise contre le théâtre populaire

Marseille : un squat d’artistes menacé d’expulsion par l’Église

Marseille : le théâtre Nau n’a pas dit son dernier mot

Des artistes occupent l’ancien théâtre et rameutent un nombreux public. Mais la menace d’une expulsion plane…

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Le nom du lieu culturel qui casse la baraque en ce moment à Marseille ? Attention, la réponse est déroutante : on nomme le théâtre Nau (6e), la plus ancienne scène de la ville, 167 années d’art vivant dans le rétroviseur. Pourtant, si vous avez suivi, vous savez que ce bâtiment appartenant au diocèse a tiré le rideau en mai dernier, conséquence directe d’une menace d’arrêté de péril formulée par la municipalité.

Seulement voilà, la petite histoire retiendra que ce fameux théâtre Nau, rebaptisé le « NO ! occupé » par les pirates qui l’habitent jour et nuit depuis trois semaines, a battu ses records d’entrées et d’abonnés après sa fermeture. Le nombre d’adhérents au nouveau « NO ! », encartés en un temps record ? 990 ! « Ça prouve que ce lieu historique doit continue à vivre. Pour nous, bien sûr, parce qu’on y demeure. Mais aussi, pour le public et pour le quartier », lance Michaël Sanchez, attablé au premier étage du complexe.

C’est qu’avec une quinzaine de proches, tous artistes, ce solide gaillard de 29 ans est à l’origine de la résurrection du Nau. Plus précisément, de l’occupation de cette bâtisse de rêve : un superbe jardin, deux étages et une enfilade de pièces parfaites pour exposer ou répéter. Un domaine désormais transformé en squats socioculturel, comme il en existe des dizaines à Londres, Berlin ou Barcelone. « Mais aussi dans toutes les capitales européennes de la culture, à l’image de Lille », glisse Michaël. Qui poursuit : « Quand nous avons entendu parler de cet espace fermé, au potentiel énorme, nous avons décidé de l’investir pour en faire un lieu alternatif vivant ».

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Et en effet, l’association nouvellement crée n’a pas chômé : partie visible de l’iceberg, l’organisation de deux journées portes ouvertes avec une programmation relevée mêlant concerts, théâtres, vidéos… qui ont attirés un bon millier de personnes. Mais aussi, des débats tranchants sur le devenir du Marseille populaire. Et surtout, au quotidien, l’accueil de plusieurs dizaines de compagnies amateurs, semi-professionnelles ou professionnelles en manque de lieu pour s’exprimer. Dont des artistes américains et taïwanais.

« Ce n’est pas étonnant, tranche Michaël, dans cette ville, il est quasi impossible d’obtenir une salle de répétition quand on n’est pas pistonné, appuyé par l’Europe ou qu’on n’a pas dix ans d’existence… » À ses côtés, Thomas Dietsch, autre squatteur embarqué dans l’aventure du « No ! », embraye : « Il faut savoir que la nouvelle cité des arts de la rue a refusé 50% des compagnies candidates. Et nous, nos créneaux sont déjà archi-complets. C’est dire à quel point les besoins sont énormes. »

Au-delà de cet aspect pratique, l’association tente de défendre une autre idée de la culture : « Chez nous, c’est prix libre. Chacun donne ce qu’il veut ou peut, assène Michaël. Tu peux assister à un spectacle même si t’es en fin de mois et que tes poches sont vides. C’est cela une culture populaire accessible à tous. » Ce qui n’empêche pas l’exigence : « Plus Belle la vie, c’est pas notre truc, explique Thomas, plus généralement, à partir du moment où l’on n’est pas dans une logique de rentabilité, on ne se sent pas obligé de programmer ce qui plaît. On fonctionne au coup de cœur. »

Las, ce rôle assez singulier occupé par les « No ! » menace d’être supprimé. À la demande du diocèse, le sort du squat était en effet examiné aujourd’hui par la justice. Une expulsion est à craindre. « Notre dossier est solide, je crois que nous avons prouvé notre utilité et tous les endroits concernés par l’arrêté de mise en péril sont fermés au public », tente Michaël. Et de conclure, ironique : « Se faire mettre à la rue par l’Église, ça ne serait pas très charitable ».

Leur presse (Laurent D’Ancona, LaProvence.com), 27 octobre 2011