Archives mensuelles : janvier 2012

[Rennes] Action de soutien avec les 2 de Poitiers en procès pour une récup

[Rennes] Guerre aux pauvres!

Action de soutien aux personnes arrêtées le 28 décembre à Poitiers lors d’une récup.

Guerre aux pauvres !

Le 28 décembre, en soirée, deux personnes sont interpellées aux alentours de Poitiers alors qu’elles sont en train de repartir après avoir fait de la récup’ dans les poubelles d’un supermarché. Les agents de la BAC qui les arrêtent leur affirment que « Surveiller les zones économiques, ça fait partie de leur travail ». Bien qu’il n’y ait aucune effraction, les deux sont accusé.e.s de vol en réunion avec ruse et directement embarqué.e.s au commissariat pour 15h de garde à vue. Ce n’est que de justesse qu’il.le.s échappent à la comparution immédiate et à la détention provisoire.

La démesure de cette affaire nous laisse sans voix. Mais nous en tirons une bonne leçon : certaines ordures ne se trouvent pas dans les poubelles…

À toi le jeune qui galère, le moins jeune qui n’arrive toujours pas à boucler tes « fins de mois », le vieux qui continue à tirer la langue, ceux qui cherchent à bouffer, ainsi qu’à tous ceux qui ne supportent pas de voir le gaspillage quotidien de ce monde : remballez vos gaules, la flicaille vous a à l’oeil.
Au nom de la propriété privée, il faudrait qu’on avale toutes leurs couleuvres, mais surtout pas leurs miettes ! Bouffer les produits balancés par les supermarchés, ces temples de la fausse abondance, c’est encore trop.

Tu fais les poubelles ? Tu n’es qu’un voleur.
Tu te nourris des restes ? On te menace de taule.

Être un parasite, c’est simple ça ne fait pas bon ménage avec « l’ordre ». Tous ces gens la tête dans la benne, en train de glaner, ça fait tâche dans nos « belles villes propres et lissées » !
Le pendant de l’oppulence des uns doit toujours être l’affamement et la répression des autres. Le pauvre est dangereux, même quand il cherche seulement de quoi vivre.

Pourtant s’ils croient nous dissuader de les déranger dans leur scandaleuse surconsommation en arrêtant les gens qui font les poubelles, ils se fourrent le doigt dans l’oeil.

Ils veulent qu’on consomme, on continuera à récupérer et à se débrouiller par nos propres moyens. Parasites ou profiteurs selon eux, on se contente simplement de survivre et de venir prendre notre part du gâteau là ou on la trouve, là où on trouve qu’il est inadmissible de balancer autant de bouffe quand d’autres crèvent de faim.
Tant qu’ils se vautreront dans la consommation, on continuera à s’ébattre dans ce qu’ils ne considèrent plus digne de leur infect banquet.

Le 23 janvier à 14h à Poitiers aura lieu le procès des deux personnes arrêtées le 28 décembre.
Parce qu’il est inadmissible de laisser la police et le pouvoir poursuivre leur chasse aux pauvres et leur entreprise de répression massive, nous appelons à :

Une action de soutien le 23 janvier à 14h, place du Colombier.

Ramenez vos récups pour organiser un grand marché gratuit sur cette place.
Si la météo le permet nous partagerons une soupe 100% poubelle à la santé des poitevins et à la barbe des poulets.

Indymedia Nantes, 13 janvier 2012

[Le Blanc] Marche pour le maintien de l’hôpital le 11 février

Le collectif de défense de l’hôpital peaufine son plan… d’attaque

« Monsieur Laisné, le directeur de l’Agence Régionale de Santé, a annoncé devant les élus du conseil général de l’Indre qu’il ouvrait un calendrier. Il n’a pas compris que nous ne sommes pas dans la négociation », lance Alain Pasquer, conseiller général PS du Blanc et président du Collectif de défense de l’hôpital. « Le seul argument du directeur de l’ARS, poursuit Jean-Paul Chanteguet, maire du Blanc, c’est la logique comptable, les déficits. Il n’a pas pris conscience de la mobilisation populaire qui est l’expression d’un sentiment d’abandon et de mépris. »
Une mobilisation que Tatiana Darras, porte-parole du Collectif, promet « de plus en plus forte ». « Notre mouvement dépasse tous les clivages politiques, dit-elle. C’est ce qui prouve que notre combat est juste. »
Une délégation se rendra à la préfecture de l’Indre, à Châteauroux, le 2 février, pour y remettre les délibérations des conseils municipaux. Une grande marche est programmée au Blanc le 11 février. Sans oublier des actions d’information dans la Vienne où « les femmes s’y sentent toutes aussi trahies ». « Et je ne vous parle pas de La Trimouille, dans la Vienne, ajoute Tatiana Darras. Sans service au Blanc, elles se retrouveraient à 1 h 20 de la plus proche maternité… »
Et dans un sourire assuré, Jean-Paul Chanteguet annonce que la ville a pris un avocat, à Toulouse. « Nous avons un dossier prêt à être déposé au tribunal administratif. »

Nouvelle République, 16 janvier 2012

[Civaux] Le directeur de la centrale en correctionnelle

Le directeur de la centrale de Civaux en correctionnelle

Sept salariés de la centrale de Chooz accusent Jean-Paul Joly, leur ancien directeur, de harcèlement. Il sera jugé mercredi dans les Ardennes.

Jean-Paul Joly dirige la centrale EDF de Civaux depuis 2008.

 

Jean-Paul Joly dirige la centrale EDF de Civaux depuis 2008.

Les plaignants qui s’expriment dans les colonnes du journal L’Ardennais dressent le portrait d’un tyran. « Un adepte du management par la terreur qui a causé des dégâts énormes », ajoute Marie-Pierre Lavandier, du syndicat CFE-CGC. Jean-Paul Joly, directeur de la centrale nucléaire de Chooz de 2001 à 2008, est accusé de harcèlement par sept salariés du site des Ardennes.

Sur la base d’un rapport de l’inspection du travail qui avait été interpellée dès 2007, le parquet de Charleville-Mézières a renvoyé l’actuel directeur de la centrale de Civaux en correctionnelle pour des faits qui remontent à la période 2005-2008. L’audience a été fixée au 18 janvier prochain.
Dans la Vienne, où Jean-Paul Joly est en poste depuis plus de trois ans, ces accusations étonnent. Selon un représentant du personnel, les agents qui ont connu le directeur à Chooz et à Civaux indiquent en effet qu’il a changé de comportement, le jugeant plus « docile ». Tout juste lui est-il reproché, ici, son manque de respect pour les instances syndicales.

 » C’est une usine pas comme les autres  »

« Au-delà des cas particuliers, il y avait véritablement un problème à Chooz », assure l’animatrice de la fédération CFE-CGC de Champagne-Ardenne. « C’était une méthode de direction, une pratique du personnage, sa manière d’être, sa façon de s’adresser aux agents, de mener les affaires… Croyez-vous que l’inspection du travail aurait fait un signalement s’il n’y avait pas eu de problème ? »
Pour la défense de Jean-Paul Joly, Me Jean-Pierre Mignard assure pourtant qu’il ne s’agit que de « divergences sur des choix d’orientation entre la direction et un petit groupe de personnes ». « Nous ne nions pas l’existence d’un conflit mais en renvoyant M. Joly en correctionnelle, c’est une violence à la loi pénale que l’on fait ; la loi pénale est torturée pour infliger une leçon à M. Joly », insiste le célèbre avocat du barreau de Paris. « Nous contestons donc les faits de harcèlement, l’infraction est d’ailleurs extrêmement difficile à établir. »
A la fédération CGT Mines Énergies, Laurent Langlard observe que le conflit intervient dans un cadre très particulier : « Une centrale, c’est une usine pas comme les autres dans laquelle on travaille en vase clos. Tout y est extrêmement sensible. » A commencer par les rapports humains.

Nouvelle République, Baptiste Bize, 16 janvier 2012

[Poitiers] Le 115 débordé

Aboubakar, sans-abri :  » Le froid est déjà rentré dans mon corps « 

Les températures négatives ont fait leur retour. Pour éviter de dormir dehors avec les risques inhérents, les sans-abri ont recours au 115 pour trouver un centre d’hébergement.

Avec le déclenchement du plan grand froid, la Croix-Rouge a de nouveau ouvert un centre d'hébergement d'urgence dans le gymnase des Écossais au centre-ville de Poitiers.

 

Avec le déclenchement du plan grand froid, la Croix-Rouge a de nouveau ouvert un centre d’hébergement d’urgence dans le gymnase des Écossais au centre-ville de Poitiers.

Sept. Ils sont sept sans-abri à avoir été aiguillés, samedi, par la Croix-Rouge vers le gymnase des Écossais près de la préfecture, à Poitiers, pour passer la nuit au chaud. Une salle ouverte au public en raison du déclenchement du plan grand froid pour que personne ne dorme à la rue.

«  Au Secours catholique, on ne juge pas les gens  »

« Nous n’avions plus de places dans le centre d’hébergement de Montbernage », précise une responsable en charge des appels au 115. Aboubakar fait partie de ceux qui ont trouvé refuge dans le gymnase. « Je me suis couché vers 21 heures mais je n’ai pas dormi avant 2 heures du matin », confie cet Ivoirien de 33 ans.
Quand il sort dehors dimanche matin, la température est glaciale. Quoi faire ? « Un ami savait que le Secours catholique était ouvert. Moi, je ne connaissais pas. J’y ai trouvé un peu de chaleur et on est vraiment bien accueilli. » Notamment par Yves. « En principe, les services du Secours catholique sont fermés le week-end, précise ce bénévole de longue date. Mais en cas de grand froid, nous sommes tenus par une convention d’ouvrir les week-ends et les jours fériés de 9 h à 18 h. »
L’hiver dernier, marqué par une vague de froid persistante, le local situé impasse de la Trinité avait fait le bonheur des sans-abri durant sept week-ends. « Nous sommes heureux de le faire, assure Yves. Nous ne jugeons pas les gens, c’est l’esprit d’ouverture qui prime. Nous sommes attentifs mais respectueux. »

«  En Italie, ma vie était en danger  »

Il y a encore quelques minutes, le hachis parmentier fumait sur la table autour de laquelle Aboubakar, son copain Abdallah et une poignée de bénévoles de l’association avaient pris place. En 2008, Aboubakar a fui la Côte d’Ivoire, « mon pays était en guerre », pour rallier l’Italie, « où je me suis rendu compte que ma vie était danger après avoir été agressé à plusieurs reprises. »
Il décide alors de rejoindre la France. Et Poitiers. Fait une demande d’asile. Mais n’a pas de logement. Et accumule les nuits à la belle étoile. « Le froid est déjà rentré dans mon corps, souffle Aboubakar, qui dit avoir beaucoup maigri. Et j’ai mal un peu partout. » Mais en France, il se sent « en liberté. » « J’ai envie de rester à Poitiers. Ailleurs, je ne connais personne. Mais j’ai besoin d’avoir un logement, c’est la première des choses. Et avoir un travail ensuite, je ne peux pas rester comme ça. »
Hier après-midi, Aboubakar a pris le bus pour aller aux Trois-Cités, « voir des amis guinéens. » Avant, plus tard, de refaire le 115.

Nouvelle République, Jean-François Rullier, 16 janvier 2012

[Saint-Savin] Aubade aux prud’hommes

Aubade aux prud’hommes : Chantal veut une bonne somme

66 ex-salariées d’Aubade ont contesté leur licenciement aux prud’hommes. Chantal Barrat, l’une d’elles, attend le délibéré de ce lundi avec impatience.

Chantal Barrat (au premier plan, au centre) lors d'une manifestation à Paris, en fin d'année 2009.

 

Chantal Barrat (au premier plan, au centre) lors d’une manifestation à Paris, en fin d’année 2009. – (Photo d’archives)

Elle a travaillé 27 ans chez Aubade, à Saint-Savin, où elle a occupé à peu près tous les postes : la coupe, la machine, la finition, l’expédition. Chantal Barrat, 47 ans, de Saint-Germain, n’est pas prête d’oublier ce 18 janvier 2010, le jour où « son » usine a fermé. Deux ans après, elle n’a toujours pas digéré : « Il y avait du travail, de l’argent dans cette boîte. On voit des entreprises qui coulent à cause d’un gros problème d’argent. Nous, c’était pas le cas… »

Comme 66 des 103 « petites mains » licenciées à cette époque, la mère de famille n’a eu aucun scrupule à porter l’affaire devant le conseil des prud’hommes de Poitiers, pour y dénoncer le motif « boursier », et non économique, de ce plan social.

«  Je n’ai pas l’intention de sauter d’un pont  »

Le jugement doit être rendu public ce lundi, 14 mois après l’audience. Chantal « espère que ça va aboutir ». Autrement dit que le conseil des prud’hommes va donner raison aux ex-salariées. « Ils (la direction d’Aubade, NDLR) peuvent payer, et ils le méritent. Je passe souvent devant l’usine, et à chaque fois, je vois ces grilles fermées, ça remue ! »
Ce qu’elle attend concrètement de ce jugement ? « Une bonne somme », sourit-elle, assurant ne plus se souvenir du montant exact réclamé par son avocat. Pour mémoire, à l’audience, fin 2010, des indemnités allant de 18 à 32 mois de salaires (soit des sommes allant de 22.000 à 40.000 €) avaient été réclamées.
Un chèque qui pourrait l’aider à boucler des fins de mois parfois difficiles. Et pour cause : depuis son licenciement, la quadragénaire a d’abord connu le chômage, puis six mois de formation d’auxiliaire de vie au Vigeant, suivis de six mois de remplacements à l’ADMR… Et, enfin, un retour à la case chômage le mois dernier.
« A la maison, le budget est serré, on calcule tout, et le moral n’y est pas toujours, explique-t-elle. Heureusement, je suis bien entourée : mon mari et mes enfants sont là, ils ont tous du travail – je touche du bois –, la maison est payée…. »
Chantal avoue que « l’avenir (lui) fait peur ». Mais elle n’est pas du genre à baisser les bras : « Il y a eu des moments difficiles, il y en aura encore Mais je n’ai pas l’intention de sauter d’un pont ! Il y a encore plein de belles choses à faire et à vivre. Mon nouveau métier me plaît bien. C’est physique, mais ce contact avec les personnes, j’aime bien. »
Elle espère « trouver du boulot rapidement », par exemple en maison de retraite. En cette période de vœux, c’est ce qu’on peut lui souhaiter de mieux !

Nouvelle République, Anthony Floc’h, 16 janvier 2012