Archives mensuelles : janvier 2012

[Poitiers] Des personnels ont été contraints de venir pour la visite de Sarkozy

«Ces méthodes sont choquantes, décalées et improductives.»

« La venue du président de la République à Poitiers a suscité chez un responsable de division du rectorat de Poitiers, des initiatives zélées plutôt surprenantes », écrit le syndicat national du personnel technique de l’enseignement supérieur et de la recherche (SNPTES-UNSA). « Ce chef de division, sous couvert d’une interprétation fantaisiste du statut général des fonctionnaires, a cru bon de rendre obligatoire la présence de ses personnels à la cérémonie des vœux du président de la République qui s’est déroulée, le 5 janvier, à Chasseneuil-du-Poitou. Ces méthodes […] sont choquantes, décalées et improductives. Il est plutôt paradoxal de vouloir faire déplacer de force tout un service quand on connaît la charge de travail croissante des personnels du rectorat, notamment avec les suppressions de postes qui s’y poursuivent. »

Nouvelle République, 10 janvier 2012

[Dangé-Saint-Romain] Emplois supprimés… et syndicats « en attente » !

Restructuration à Danisco après le rachat par le groupe DuPont

Acté en mai dernier, le rachat de Danisco par le groupe américain DuPont (de son nom complet « EI du Pont de Nemours et compagnie ») n’est pas sans conséquences à Dangé-Saint-Romain. Si son directeur Jean-Claude Denis préfère parler d’un « alignement avec les processus Dupont », une restructuration est en cours au sein de l’unité de production de ferments lactiques (*), qui emploie 175 salariés.

Trois postes supprimés

« Au fur et à mesure, on s’intègre dans le groupe Dupont de Nemours, explique Jean-Claude Denis. On s’aligne sur le standard DuPont. Ça a commencé dès l’annonce, au mois de mai, et ça va se poursuivre sur quelques années. Dans le contenu des postes, on a des changements. Il y a des réaffectations de tâches. » Mais pas seulement. Trois postes vont aussi être supprimés.

J.-C. Denis : « On s'aligne sur le standard DuPont ».

J.-C. Denis : « On s’aligne sur le standard DuPont ». – (Photo d’archives)
 

« Il y a en a un qui va rester à Dangé parce qu’il y a eu une démission entre-temps, indique le délégué CFDT Joël Guin. On recherche des solutions en interne pour les deux autres personnes. » Et la direction « s’active pour essayer de trouver des postes de reclassement » pour les deux autres. Mais ils ne seront pas forcément sur Dangé… Selon le directeur, ces suppressions ne sont dues qu’à la réorganisation en cours. Mais, d’après Joël Guin, elles sont aussi liées à une « petite baisse d’activité ». Et il regrette « que les emplois soient les variables d’ajustement ». « Ce qui m’embête, c’est qu’on n’a pas cherché à anticiper en baissant le train de vie de l’entreprise », peste-t-il.
Pour autant, les syndicats ne sont pas encore montés au créneau. « On est en attente de ce qui est en train de se dérouler, confie le délégué CFTC Laurent Zindel. On est en surveillance. Ce n’est que le début. »

(*) Elle travaille pour Danone, Eurial, Lactalis, Nestlé…

Nouvelle République, Alain Grimperelle, 10 janvier 2012

[Châtellerault] Trois mois fermes de prison pour des TIG n’ayant pu être effectués

Il part en prison, sa mère pousse un coup de gueule

Mehdi, un Châtelleraudais de 23 ans, était convoqué jeudi dernier au commissariat de police de Châtellerault. Il n’en est pas ressorti libre. Il a été directement emmené, à la prison de Vivonne. Motif : il n’a pas effectué un TIG (Travail d’intérêt général), après une condamnation en 2009 pour des faits de petite délinquance. Or, selon sa mère, Nadira, qui a poussé la porte de la rédaction pour pousser « un coup de gueule », non seulement il est, affirme-t-elle, « allé à tous ses rendez-vous du SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) », chargé du suivi des personnes condamnées, mais également « nous avons contacté la personne chargée du dossier et pour savoir si elle avait trouvé un lieu d’accueil pour que Mehdi effectue son TIG ». Sans résultat. Et le TIG s’est transformé en prison. Trois mois.

«  Nous sommes choqués  »

Une situation intolérable pour sa mère qui a pris sa plume pour interpeller le procureur de la République : « Nous sommes très choqués et surpris du déroulement de cette procédure, étant donné qu’aucun appel téléphonique ni courrier n’ont précédé cette incarcération. Nous étions complètement d’accord pour que Mehdi soit condamné pour les bêtises qu’il a faites. Mais là, nous avons l’impression qu’il est victime de traitement injuste. »
D’autant qu’en 2010, poursuit sa mère, Mehdi, condamné dans une autre affaire, a purgé une peine d’un an de prison. « Cette incarcération concernait plusieurs petits délits. On pouvait penser que cette peine remplaçait les TIG. »

 Elle saisit le procureur 

Nadira craint que cette nouvelle incarcération « brutale » ne le « déconstruise » car il a été « traumatisé lors de son incarcération en 2010 et un suivi psychologique a été nécessaire pour qu’il aille mieux ».
La mère de Mehdi, qui invite le procureur de la République à « revoir ce dossier », aimerait « comprendre le déroulement de tous ces événements afin de mieux les vivre et d’aider Mehdi à se construire sa vie d’adulte ». Mehdi est en prison jusqu’au 15 mars.

Au parquet de Poitiers, on explique que lorsqu’un TIG n’est pas exécuté, la justice peut être amenée à prendre une nouvelle décision judiciaire et condamner le prévenu à une peine de prison ferme. Ce dernier fait alors l’objet d’une « fiche d’écrou » et est recherché par la police pour être conduit en prison.

Nouvelle République, D.F., 10 janvier 2012

[Lyon] Vinci, encore !

Contre OL LAND : la démocratie ?

Le projet de grand stade voulu par Aulas, soutenu par les grands patrons de la ville puis par la municipalité de Gérard Collomb, offert à Vinci serait en train de se concrétiser. On parle de délivrer le permis de construire en février et de poser la première pierre en avril.

Pourtant il est contesté par la logique (pourquoi un nouveau stade alors que Gerland n’est pas plein ?), les supporters (les clubs historiques sont contre), l’écologie (bétonner des terres agricoles et déplacer des espèces protégés), les riverains de Décines, et la population du Grand Lyon qui va devoir payer de sa poche pour aider un projet privé. Des recours ont eu lieu, des enquêtes publiques ont désavoué le projet mais vu que les gens de pouvoir sont derrière, il est en train d’aboutir.

Mais voilà, des décinois ont collecté 3500 signatures, c’est à dire suffisamment pour demander la tenue d’un référendum citoyen. Cette demande aura lieu jeudi 12 à 18h sur le parvis de la mairie de Décines pour la remise des signatures au maire.

A lire sur Rebellyon : OL LAND, concertation et démocratie, réalité ou utopie ?

A écouter sur Arte radio : à ce stade, Lyon ne répond plus

Rebellyon, 9 janvier 2012