Archives mensuelles : janvier 2012

Encore une intimidation policière contre la liberté d’expression

Voici quelques temps qu’à chaque tractage du groupe Pavillon Noir, et dernièrement une diffusion du monde libertaire (qui est pourtant hebdomadaire depuis deux ans et demi place du marché face à notre-dame), les flics déboulent en bagnole pour intimider, prendre un tract, voire contrôler l’identité tout en la connaissant très bien.

Cette fois-ci, c’est aux compagnes-ons de l’Epine Noire… sauf que c’est allé un peu plus loin, avec embarquement au comico de 6 personnes diffusant cet excellent journal de contre-infos poitevines, dont une qui ressort avec convocation au comico pour « port d’armes » : elle y est allée aujourd’hui et en est ressortie avec rappel à la loi, prise d’empreintes et de photos.

Rappelons qu’un compagnon avait été perquisitionné dans une affaire de manif de soutien aux sans-papiers en février 2011, et que du matériel militant (dont de nombreux tracts et affiches Fédération Anarchiste) avait été saisi et détruit sur demande écrite du procureur ; qu’un autre compagnon avait été embarqué au comico à la suite d’une chansonnette collective (du Brassens) à Poitiers cet été…

Les intimidations policières répétées visent à décourager les gens de lutter. Elles ne nous feront cependant rien lâcher à nos idées anti-autoritaires. Bien au contraire, leurs méthodes aussi moisies que le système de fric et de pouvoir qu’elles défendent ne font que nous renforcer dans nos convictions pour une société libertaire et solidaire.

Soutien inconditionnel à toutes les voix en lutte.

Pavillon Noir, Fédération Anarchiste 86, 5 janvier 2011

Le communiqué des compagnes-ons de l’Epine Noire :

Chronique de l’arbitraire (à Poitiers et ailleurs)

Chronique de l’arbitraire*

Quand diffuser de l’information devient potentiellement criminel

Ce mercredi 4 janvier au soir, la police politique de Poitiers était sur les dents. Un  petit nombre de personnes distribuait des tracts ( soutien aux inculpées de Labège [1] ) et un canard local (L’Epine Noire) devant les marches du Théatre-Cinéma de la place d’Armes au Centre-Ville. Pourquoi une distribution à cet endroit? Parce qu’il y avait la  projection du film-documentaire “Tous au Larzac”  avec un débat organisé par les Alternatifs, écologistes et autres. Autant dire qu’il y avait un grand nombre de poitevin-es et des environs qui sont venues pour y assister. L’idée était donc d’informer sur la situation des camarades de Toulouse et de faire connaitre l’Epine Noire… Pas d’entrave à la circulation, pas de papiers par terre (le public était évidemment intéressé par ce que nous distribuions), pas de violence en réunion, pas d’alcool, pas d’armes par destination, que de bonnes intentions.

Nous ne sommes pas rentrés pour la diffusion du film, on aurait peut être dû, vu ce qui s’est passé ensuite. A peine le dernier spectateur entré dans le cinéma, la bac et la police nationale avec pas moins de 6 bagnoles sont venues interpeller 6 personnes dans des rues adjacentes au théatre-Cinéma. Les gardiens de l’ordre ont contrôlé les identités vraiment pour la forme, vu que nos tronches leur sont familières. Puis, ils ont confisqué les journaux ainsi que de simples couteaux. Mais ce n’est pas fini : la police nous amène quand même au commissariat.

Au commissariat, rien de très alléchant, à part peut etre de voir le directeur de la police, Jean-Francois Papineau, et ses collègues avec, entre les mains, l’Epine Noire (c’eût été de belles photos pour le prochain numero). Les 6 personnes embarquées sont sorties, certaines ramenées jusqu’à leur domicile pour  vérification d’adresse. Une personne est sortie avec une convocation au commissariat pour port d’armes, reconvoquée aujourd’hui elle ressort avec un rappel à la loi et ils en ont profité pour prendre ses empreintes et lui tirer le portrait. D’autres personnes, vraisembablement, seront prochainement convoquées pour l’Epine Noire.

La venue du président de la Republique dans la région, aujourd’hui 5 janvier, à l’occasion des  voeux à l’education nationale, est sans doute une des raisons de leur intervention. D’autres suggèrent que c’est la distribution fortuite du canard à un RG qui allait assister au débat sur le Larzac, qui a mit la puce à l’oreille de nos amis les bleus. Les pandores n’auraient-ils pas eu vent d’un article sur le successeur de notre cher Tomasini (P..on), Yves Dassonville qui, après avoir chassé le syndicat (« voyou, disait-il) USTKE en Kanaky entame une nouvelle campagne en terre pictave contre d’autres voyous. Encore un petit effort Dassonville et l’Epine Noire verra croître son audience comme l’USTKE a su résister aux assauts colonialistes.

Cet acte est grave, car il s’agit plus que d’une énième provocation policière pictave à l’encontre de certains individus présumés anarchistes, terroristes, délinquants, voleurs, voyous, et mille autres qualificatifs qui ne sonnent finalement pas plus mal que « PAPON », « baqueux », « educastreur », « parti de l’ordre » ou « serviteur de l’Etat ».
En effet la police a saisi tous les exemplaires de l’ « Epine noire » qui restaient sur chacun d’entre nous. Il s’agit-là d’une atteinte manifeste au droit d’expression et de diffusion d’écrits politiques. Et ça nous ne saurions le tolérer pas plus que le reste. Comme quoi leur démocratie est à géométrie variable…
 
Bref, en tout cas comme ça l’est souvent rappelé, Poitiers reste une ville où le pouvoir teste le degré de résistance, teste des méthodes relevants de la contre-subversion. C’est une confirmation d’un rapport que la police  entretient avec un certain groupe de personnes supposées appartenir à un mouvement politique qui est particulièrement dans le viseur actuellement à Poitiers et ailleurs.Tout est à surveiller comme du lait sur le feu [2].C’est une véritable chasse aux sorcières qui est à l’oeuvre , le spectre des lois scélérates n’est pas loin.

Nous invitons toutes celles et ceux, individuellement ou collectivement à donner leur point de vue sur cette question s’ils le souhaitent.

Qu’ils sachent que ces méthodes qui souhaitent mettre à bas toute contestation du pouvoir, du capital et de ses chiens de garde ne nous décourageront pas.
Au contraire cela nous donne encore envie de continuer de nous battre contre ce monde autoritaire et marchand.

 * ça n’est  pas la première fois que les flics confisquent du matériel militant : http://nantes.indymedia.org/article/19652

[1]http://www.antirep86.fr/2011/12/24/deja-cinq-semaines-de-detention-provisoire-pour-les-inculpe-e-s-de-labege/
[2]http://epinenoire.noblogs.org/?p=57

 L’Epine Noire, 5 janvier 2011

Vu sur le blog antirep 86

[Traduction] « La voix du peuple se fera encore entendre », paroles et écrits de Lucy Parsons

Nouvelle traduction de Lucy Parsons, une petite compilation d’extraits d’articles de journaux de l’époque :

La voix du peuple se fera encore entendre

Paroles et écrits de Lucy Parsons – traduction par Jean (groupe Pavillon Noir, Fédération Anarchiste 86)

Le vingtième anniversaire du 11 novembre, qui vient d’être commémoré à Chicago, a été un grand succès à de nombreux égards, notamment quand au nombre croissant de jeunes gens qui y ont pris part…

Avec ces années si vite passées, les vies de nos camarades sont mieux comprises ; leur grande oeuvre pour le bonheur de l’humanité comprise et reconnue. Comme cela fut toujours le cas des martyrs de toutes les époques…

« La voix du peuple » se fera encore entendre.

The Demonstrator, 20 novembre 1907

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Voilà maintenant 18 mois que j’ai publié les Discours célèbres des martyrs d’Haymarket. Durant tout ce temps, j’ai voyagé de Los Angeles, Vancouver état de Washington et Vancouver en Colombie Britannique, à New York, à deux reprises. J’ai consacré toutes mes énergies à rendre visite à tous les gens de la Fédération Américaine du Travail. J’ai toujours reçu d’eux l’accueil le plus courtois, partout où je me suis rendue. Quelques-uns des organismes les plus connus de ce pays m’ont témoigné leur attention, y compris l’Union fédérale centrale de New york. J’ai frappé sans relâche aux portes des gens de chaque coin, qui m’ont reçu et acheté les Discours. Résultat, j’en ai vendu 10.000 exemplaires et suis sur le point de passer commande pour une sixième édition de 12.000 exemplaires.

Je considère ces Discours comme le plus grand volet de la littérature de propagande qui subsiste ; et suis convaincue qu’en circulant parmi les travailleurs organisés, ils porteront leurs fruits.

The Agitator, 15 décembre 1911

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Le rassemblement d’Haymarket se réfère historiquement à « l’émeute des anarchistes d’Haymarket ». Il n’y a eu aucune émeute à Haymarket, si ce n’est une émeute policière. Le maire Harrison s’est rendu au rassemblement d’Haymarket, et a pris position au procès des anarchistes, pour leur défense, et non pour l’Etat.

La grande grève de Mai 1886 fut un événement historique de première importance, dans la mesure où ce fut… la première fois que les travailleurs eux-mêmes se mobilisaient pour obtenir une journée du travail plus courte par une action unie, et simultanée… cette grève fut la première action véritabement directe sur une large échelle…

Bien entendu, la journée de huit heures peut aujourd’hui sembler désuète, ainsi même que les corporations syndicales. Aujourd’hui, nous devrions lutter pour une journée de travail de cinq heures.

The Industrial Worker, 1er mai 1912

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Le Onze Novembre est devenu une journée d’envergure internationale, chère aux coeurs des amoureux sincères de la Liberté, comme un jour de martyre. Ce jour-là furent sacrifiés à la potence des martyrs aussi sincères pour leurs idéaux qu’on ne le fût jamais à toute autre époque…

Nos camarades ne furent pas assassinés par l’Etat pour avoir eu le moindre rapport avec la bombe, mais parce qu’ils étaient actifs dans l’organisation des esclaves du salariat. La classe capitaliste n’avait pas l’intention de trouver le lanceur de la bombe ; cette classe avait la bête croyance qu’en livrant à la mort les esprits vifs du mouvement des travailleurs de l’époque, elle pourrait terroriser la classe ouvrière au point de la faire retomber dans l’esclavage.

The Agitator, 1er novembre 1912

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Parsons, Spies, Lingg, Fischer and Engel : bien que tout ce qui était mortel en vous repose désormais sous le beau monument du Cimetière de Waldheim, vous n’êtes pas morts. Vous commencez seulement à vivre dans les coeurs de tous les amoureux sincères de la Liberté. Car à présent, après ces quarante années passées depuis votre départ, des milliers de gens qui n’étaient alors pas encore nés désirent ardemment apprendre de vos vies et de votre martyre héroïque, et plus les années passent, plus brillants sont vos noms, plus vous êtes reconnus, et aimés.

Ceux qui vous ont au contraire si abjectement assassinés, sous les prétextes d’une loi – une loi assassine – dans une cour de prétendue justice, sont à présent tombés dans l’oubli.

Reposez en paix, camarades, reposez en paix. Tous les lendemains sont les vôtres !

The Labor Defender, novembre 1926

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Une fois encore ce 11 novembre un rassemblement pour la mémoire se tiendra pour commémorer la mort des martyrs d’Haymarket de Chicago. 1937 est le cinquantième anniversaire, et ce rassemblement s’annonce véritablement bien plus large que tous ceux des quarante-neuf années précédentes…

En ce sombre matin du 11 novembre 1887, j’ai emmené nos deux enfants à la prison pour tenter de dire adieu à mon mari bien-aimé. J’ai trouvé la prison fermée par de lourdes chaînes. Des policiers avec des pistolets patrouillaient dans l’enceinte.

Je leur ai demandé de nous permettre de retrouver celui que nous aimions une dernière fois, avant qu’ils ne l’assassinent. Ils ne répondirent rien.

Alors je dis, « laissez au moins ces enfants dire aurevoir à leur père ; laissez-les recevoir ses bénédictions. Ils ne peuvent faire aucun mal. »

En quelques minutes un fourgon cellulaire arriva et nous fûmes enfermés dans un commissariat de police, pendant que l’acte infernal était perpétré.

Oh, Misère, j’ai bu ta coupe de chagrin jusqu’à la lie, mais je suis toujours une rebelle.

The One Big Union Monthly, novembre 1937

Source : Roediger, Dave, et Franklin Rosemont, éditions Haymarket Scrapbook. Charles H. Kerr Publishing Co., Chicago, 1986.

http://www.lucyparsonsproject.org/writings/voices_of_people.html

[Poitiers] Démocratie à la sauce étatique : Six cents mètres de barrières anti-manif

L’accès filtré toute la matinée

On parlait de 600 m de barrières autour du Palais des Congrès.

 On parlait de 600 m de barrières autour du Palais des Congrès. –
 

Il faut s’attendre à quelques barrages ce matin, pour accéder à la Technopôle du Futuroscope. A priori, les bus qui circulent sur site ne seront pas déviés, mais les piétons seront filtrés. Mieux vaut ne pas oublier sa carte d’identité et sa carte professionnelle.

Les camions remplis de barrières anti-manif étaient alignés hier à l’entrée du Palais des Congrès du Futuroscope. Ce matin, elles doivent permettre de limiter les déplacements sur site. […]

Nouvelle République, 5 janvier 2012

Les étrennes de la FSU et les voeux des syndicats

Hier, le billet d'avion symbolique était déposé au Rectorat.

 Hier, le billet d’avion symbolique était déposé au Rectorat. –
 

Les syndicats n’ont pas prévu de grande manifestation, plutôt des actions symboliques. […]

> Un aller-simple pour Partenia. Hier soir, devant les grilles du rectorat, la FSU remettait symboliquement au chef de l’Etat un billet d’avion pour un diocèse imaginaire, d’une valeur de 80.000 €, soit 1 € par poste supprimé dans l’Éducation nationale depuis 2007 (2012 inclus). « Nous le faisons ce soir, puisque demain, nous ne pourrons pas l’approcher », commentait Myriam Liéby.

> Les vœux des syndicats. L’intersyndicale départementale (FSU – UNSA – FO – Sgen/Cfdt – CGT – Solidaires) présentera ses vœux au monde de l’Éducation au travers d’une lettre ouverte au Président, ce jeudi 5 janvier, à 12 h 15, dans le hall de la gare du Futuroscope.

Nouvelle République, 5 janvier 2012

[Le Blanc] Hôpital menacé : la lutte paye, la lutte continue !

Hôpital du Blanc : on avance

L’Agence régionale de santé s’est engagée à combler les 2,6 millions d’euros du déficit de l’établissement. Une avancée avant la réunion du 30 janvier.

 
La mobilisation se poursuit malgré l’annonce de l’Agence régionale de santé (ARS). – (Photo archives)
 

En novembre, le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS), Jacques Laisné, avait mis en avant le déficit chronique de l’hôpital du Blanc pour justifier les projets de fermeture de la maternité et de diminution du service de chirurgie. Il avait ajouté qu’il ne disposait d’aucun moyen financier pour effacer une dette 2011 de 2,6 millions d’euros.
Les nombreuses actions qui ont eu lieu ces dernières semaines pour dénoncer ces mesures ont eu, semblerait-il, un premier effet : Jacques Laisné vient d’annoncer sur France 3 que le trou en question serait finalement comblé.

Manifestation le 11 février

« Cette nouvelle est forcément intéressante, constate Alain Pasquer, président du Comité de défense de l’hôpital. Elle montre que le caractère récurrent de ce déficit qui avait été réduit à des sommes raisonnables depuis plusieurs années, est pris en compte. »
Si le directeur de l’ARS n’a pas évoqué le devenir des services menacés, il a fait allusion à la rencontre du 30 janvier qui doit réunir ses services, ceux du département voisin de la Vienne, et des représentants des hôpitaux de Poitiers, de Châteauroux et du Blanc.
Un événement positif pour Alain Pasquer qui reste néanmoins sur ses gardes : « Il faut essayer de trouver une coopération interhospitalière en développant au Blanc des activités qui permettraient de réduire le déficit ». Mais le collectif ne veut pas que cette démarche se fasse au détriment des services en place et il reste donc mobilisé à 100 %. Réuni mardi soir, il a déjà décidé d’organiser une manifestation de grande envergure, le 11 février, au centre-ville du Blanc.
« Malgré l’annonce de l’ARS, il ne faut pas fléchir et continuer à monter notre détermination, insiste Trinidad Gutierrez-Bonnet, représentante du personnel. Il s’agit d’une piste de travail mais le projet que nous dénonçons est toujours inscrit au schéma régional d’organisation de la santé. »

Nouvelle République, Jean-Michel Bonnin, 5 janvier 2011