Archives mensuelles : janvier 2012
[Liban] Trafic d’animaux sauvages
Campagne pour protéger les animaux au Liban, plaque tournante de la contrebande
Le Liban est devenu une plaque tournante du trafic d’animaux, selon des associations de protection de la nature qui essaient non sans mal d’attirer l’attention de la population sur les mauvais traitements dont ils sont victimes.
Des milliers, si ce n’est des dizaines de milliers d’animaux entrent illégalement chaque année dans le pays, où ils sont vendus, transférés, abandonnés voire maltraités.
La législation laxiste, des frontières perméables et la présence d’une importante diaspora libanaise en Afrique font du Liban une importante plaque tournante de la contrebande et le commerce illégal d’animaux sauvages tels que les lions, chimpanzés ou perroquets, soulignent les militants.
« La situation est alarmante », estime Sevine Zahrane, de l’ONG Beyrouth pour le traitement éthique des animaux (BETA).
« Les animaleries vendent absolument tout ce que les clients peuvent demander, que cela soit des (singes) vervets, d’autres primates, des crocodiles ou même des espèces de perroquets en voie de disparition », déplore Mme Zahrane.
« Il y a aussi des soucis majeurs sur la législation, le (manque de) contrôle par le gouvernement et de sensibilisation du public ».
Le Liban est l’un des rares pays à n’avoir pas ratifié la Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites). De plus, dépourvu de refuge animalier, il ne dispose d’aucune loi sur le droit des animaux qui sanctionneraient explicitement les trafics et la maltraitance.
Si la contrebande « n’existe pas seulement au Liban, la situation unique du pays la favorise », estime Jason Mier, directeur exécutif d’Animaux Liban, une association locale orchestrant une campagne visant à faire adopter une loi sur le bien-être animal par le Parlement.
Mais dans un pays paralysé par une profonde crise politique, le droit des animaux est loin d’être une priorité nationale, et le soutien de l’opinion publique est faible.
« On prête davantage d’attention au sort des animaux et de la faune sauvage qu’auparavant, mais il reste encore beaucoup de chemin à faire », estime M. Mier.
Des groupes comme Beta et Animaux Liban viennent régulièrement au secours de chiens, chats mais aussi de hyènes, babouins ou lionceaux.
Le sort des animaux est peu enviable dans les zoos, qui consistent souvent en une série de cages rouillées alignées sous la fournaise du soleil méditerranéen.
Et dans les animaleries le long des grandes routes du pays, on trouve des babouins dans des cages sales, si petites qu’ils ne peuvent s’y mouvoir, ou des perroquets gris africains, menacés d’extinction, dans des boîtes avec peu ou pas d’aération.
En octobre, un lionceau qui vivait sur un balcon dans un quartier chic du centre de Beyrouth a fait la Une des journaux.
« La sauvegarde de Léo a été assez facile, car les gens qui l’hébergeaient ont été très coopératifs une fois qu’on leur a expliqué pourquoi il avait besoin de vivre dans son milieu naturel, et les risques qu’ils prenaient en le gardant », explique M. Mier.
Après une opération qui a coûté 5.000 dollars, Léo vit désormais dans un refuge au Cap Afrique du Sud).
Mais dans un autre appartement de la capitale continue à grandir un lionceau que son propriétaire — dont on dit qu’il se promenait en ville jusque récemment avec le lion en laisse — refuse de laisser partir dans un refuge. Il poste régulièrement sur Facebook des photos de son lion d’appartement.
Animaux Liban a soumis un projet de loi en novembre au Parlement, avec le soutien du ministère de l’Agriculture, pour encadrer le transport et la possession d’animaux, obligeant zoos et fermes à détenir des permis.
AFP, 29 janvier 2012
[Poitiers] Tractage contre la LGV : « Grand Poitiers et la mairie sont les derniers bastions du soutien au projet »
Les anti-LGV toujours mobilisés
Une dizaine de membres du collectif « Non à la LGV Poitiers-Limoges » ont procédé, samedi matin sur le parvis de l’église Notre-Dame-la-Grande de Poitiers, à une distribution de tracts pour dénoncer un projet qu’ils estiment « absurde » et « trop cher ». Président du collectif, Nicolas Bourmeyster revenait notamment sur les dernières déclarations de la ministre des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet : « C’est une véritable volte-face de la ministre qui avait parlé d’un moratoire sur les projets de LGV : là, pour calmer les lobbies, elle a indiqué au contraire que le calendrier serait respecté comme prévu. » Et d’ajouter : « Mais ça ne l’engage à rien, puisque personne ne sait ce qui se passera après la présidentielle. » Le président du collectif reste finalement confiant : « Ce projet d’une absurdité totale, et qui implique des dépenses pharaoniques et sous-évaluées, ne se fera sans doute pas, les perspectives économiques restant très favorables ». Mais les opposants veulent continuer plus que jamais leur combat, tout particulièrement à Poitiers : « Grand Poitiers et la mairie sont les derniers bastions du soutien au projet : il s’agit de faire pression pour qu’ils changent enfin de position… »
Nouvelle République, 29 janvier 2012
[Châtellerault] Licencié-e-s d’Isoroy : dommages et intérêts arrachés à la cour d’appel
Isoroy : les licenciements étaient bien abusifs
Alors que l’entreprise Arco envisage de s’installer sur leur ancien lieu de travail (voir notre précédente édition), les 38 anciens salariés d’Isoroy-Châtellerault qui avaient saisi les Prud’hommes pour contester leurs licenciements (l’entreprise comptait 83 salariés) ont reçu une bonne nouvelle vendredi dans leurs boîtes aux lettres : la confirmation que leur licenciement en 2009 était « dépourvu de cause réelle et sérieuse ».
Ils avaient gagné le 16 février dernier au conseil des Prud’hommes de Poitiers. Mais l’entreprise avait fait appel. Au cours de l’audience à la cour d’appel de Poitiers, la société, filiale du groupe portugais Sonae Industria spécialisée dans la fabrication de panneaux à base de bois, a de nouveau soutenu « que ses difficultés comme celles du groupe Sonae Industria justifiaient une réorganisation de ses sites de production et la fermeture des sites les moins rentables » et que « la fermeture du site de Châtellerault a été décidée parce qu’il présentait des problèmes structurels, qu’il était dédié à la fabrication de panneaux de type OSB qu’elle souhaitait arrêter et que ses besoins d’investissement étaient trop importants ». Mais, si le tribunal a reconnu le « motif économique » des licenciements, il a considéré que « la SAS Isoroy n’a pas satisfait à son obligation de reclassement » (la quasi-totalité des postes qu’elle avait proposés étaient à l’étranger…). Comme le conseil des Prud’hommes, il a notamment condamné la société à payer des dommages et intérêts aux salariés (de quatre mois à un an de salaire selon leur ancienneté) et à rembourser Pôle Emploi des indemnités qui leur ont été versées. « C’est très bien, se félicitait hier Manuel-Filipe Almeida, ancien délégué CGT de l’entreprise. Ils n’ont que ce qu’ils méritent ! » La société peut cependant encore se pourvoir en cassation.
Nouvelle République, Alain Grimperelle, 29 janvier 2012
[Poitiers] Manif d’Anonymous contre ACTA
Ils sont contre » le flicage d’Internet «
Un groupe de jeunes gens sur la place Charles-de-Gaulle, un samedi à Poitiers. Rien d’étonnant. Jusqu’à ce que trois d’entre eux sortent un masque blanc de leur poche. En un tournemain, ils ne sont plus des anonymes, ils sont des Anonymous (1). Et ça change tout.
Hier, à Poitiers, ils étaient donc une quinzaine à avoir répondu à un appel du collectif Anonymous à se rassembler pour protester contre « le contexte répressif qui prend possession d’Internet », que ce soit au travers de lois ou de traités (Hadopi en France, Acta à l’international (2), ou d’actions ciblées comme la fermeture du site Megaupload (3) survenu le 19 janvier dernier.
Le gendarme du monde
« On dénonce le flicage qui se met en place contre la liberté d’expression sur Internet, expliquent-ils. Le FBI a fermé le site Megaupload sans qu’aucune décision de justice ne l’y autorise. Il s’agit d’une décision américaine unilatérale, un choix du gendarme du monde qui prive l’accès des internautes de toute la planète. » Les Anonymous poitevins, étudiants pour la plupart, expliquent que Megaupload n’est pas seulement un site de téléchargement, « il héberge également des fichiers personnels, des documents importants qui n’ont rien d’illégal ». Selon eux, la législation en cours et future est essentiellement motivée par des raisons commerciales : « On vote des lois et on signe des traités qui ne vont pas dans l’intérêt de la population, mais seulement dans ceux de certains groupes. » Interdire l’accès à l’Internet parce qu’on pourrait en faire un usage illégal n’est pas une motivation valable, estiment-ils : « Un couteau de cuisine, ça peut être utilisé de manière pénalement répréhensible, mais on n’interdit pas la vente des couteaux de cuisine pour autant. » Ils pensent qu’Internet doit rester un espace de liberté, « où c’est à l’utilisateur de trier lui-même des informations qu’on lui propose et de faire sa propre police ».
(1) Anonymous est un collectif d’activistes défenseurs du droit à la liberté d’expression sur Internet et en dehors. (2) L’Accord commercial anti-contrefaçon (Acta) est un traité international multilatéral concernant les droits de propriété intellectuelle. (3) Megaupload est un site web qui permettait à un internaute de mettre en ligne n’importe quel type de fichier à la disposition libre des utilisateurs.
Nouvelle République, Ph. B., 29 janvier 2012
ndPN : si le journaliste était resté, il aurait vu les flics arrêter la manif dès le départ, en imposant aux personnes de retirer leur masque (rappelons que l’Etat interdit désormais aux gens de se dissimuler sur la voie publique – le prétexte ayant été la burka). A noter que certaines personnes ont ensuite participé à l’assemblée populaire Démocratie réelle 86, où des échanges intéressants ont eu lieu.



