Archives mensuelles : février 2012

[Bali] Répression d’une émeute à la prison de Kerobokan

Une émeute embrase une prison surpeuplée de Bali: trois blessés

Les forces de l’ordre ont repris mercredi à l’Aube le contrôle de la prison surpeuplée de Kerobokan, sur l’île indonésienne de Bali, après une nuit d’émeutes qui a fait trois blessés, a-t-on appris de sources policières.

Des policiers indonésiens prenent position à l'extérieur de la prison de Kerobokan, à Bali, le 21 février 2011

Des policiers indonésiens prenent position à l’extérieur de la prison de Kerobokan, à Bali, le 21 février 2011

« Une centaine de policiers et militaires ont pénétré dans la prison à l’Aube. Ils ont été contraints d’ouvrir le feu et trois personnes ont été blessées à la jambe et hospitalisées », a indiqué à l’AFP le responsable adjoint de la police locale, Ketut Untung Yoga Ana, ajoutant que les blessés étaient des détenus.

Une autre source policière a précisé que seules des balles en caoutchouc avaient été tirées. 

Le porte-parole de la police, Hariadi, a indiqué que le calme était revenu avant 07h00 locales (23H00 GMT mardi) et que les détenus étaient rentrés dans leurs cellules. Mercredi après-midi, la plupart des forces de l’ordre s’étaient retirées des abords de la maison d’arrêt.

La presse australienne faisait ses choux gras des violences, la prison abritant 12 Australiens, dont le groupe dit des « Bali Nine » (« les neuf de Bali »), qui ont été condamnés pour trafic de drogue, dont deux à mort.

Les douze détenus sont « sains et saufs », a indiqué à l’AFP à Sydney un porte-parole du ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce (DFAT).

« Les violences ont eu lieu dans un endroit du centre carcéral situé loin des Australiens. Ils ne sont pas impliqués », a expliqué Hariadi qui, comme beaucoup d’Indonésiens, n’utilise qu’un seul nom.

Les autorités balinaises n’étaient pas en mesure d’expliquer les raisons de l’émeute, qui n’est pas la première à survenir dans la prison réputée pour ses conditions de détention très pénibles. Le centre abrite plus de 1.000 détenus, soit plus de trois fois sa capacité. Largement vétuste, il offre un contraste saisissant avec la station balnéaire toute proche de Kuta, haut lieu du tourisme international et branché.

La police a confirmé des informations de la presse locale selon lesquelles l’agression au couteau d’un détenu par un autre, dimanche, a déclenché une série de représailles parmi les prisonniers, qui a fini par se transformer en émeute.

« Tard dans la soirée de mardi, des prisonniers ont mis le feu à un des bureaux, jetant des pierres sur le personnel pénitentiaire », a expliqué Hariadi.

Face aux violences, les gardiens ont été contraints d’abandonner la maison d’arrêt, selon la police. Les détenus ont pris le contrôle de la prison pendant plus de sept heures, depuis 23h00 mardi (15h00 GMT) à 06h45 mercredi (22h45 GMT), a précisé la police.

« Nous avons été débordés. Ils ont offert une forte résistance », a expliqué à la presse le chef de la police balinaise, Totoy Herawan Indra. « Ils se sont également emparés d’armes à feu qui se trouvaient dans l’armurerie mais on a pu les récupérer avant qu’ils s’en servent », a-t-il ajouté.

Vers 01h00, un incendie a été éteint par les pompiers et, à l’Aube, plus de 800 policiers et militaires se trouvaient à l’extérieur de la prison, appuyés par plusieurs véhicules blindés, selon un journaliste de l’AFP. Vers 06h00, l’assaut a été donné.

AFP, 22 février 2012

[Poitiers] Rassemblement de solidarité avec le peuple grec, samedi 25 février

Rassemblement de solidarité avec le peuple grec

En solidarité avec le peuple grec, Démocratie réelle maintenant – Poitiers appelle à rejoindre le rassemblement organisé par le collectif pour un audit citoyen de la dette samedi 25 février à 10h30 devant une banque place du marché à Poitiers.

Le 10 février, le gouvernement non élu de la Grèce a adopté un nouveau plan d’austérité monstrueux et destructif, qui a été approuvé par le parlement grec (199 députés contre 101) le 12 février.

Avec ce nouveau plan d’austérité, le salaire minimum est diminué de 22% et gelé pour trois ans, les conventions collectives sont tout simplement supprimées, il y aura 15 000 licenciements dans la fonction publique et 150 000 postes seront détruits par non renouvellement…

Le peuple grec est en train de se soulever courageusement contre cette politique de terreur sociale. Dans le silence assourdissant des médias, les manifestations se multiplient ainsi que les grèves générales malgré la violente répression.

Les Grecs ont besoin de la solidarité internationale et y font appel ICI

Répondons à cet appel. Nous sommes tous des Grecs !

Leur mobilisation se heurte au mur d’une dictature européenne et internationale, celle des marchés financiers et de la troika : UE, BCE, FMI, qui ont imposé aux grecs ces plans d’austérité et un gouvernement non élu.

Les gouvernements dans l’UE, en particulier le gouvernement français, sont parties prenantes de cette dictature et appliquent dans les autres pays des politiques qui vont dans le même sens. La Grèce n’est pour eux qu’un laboratoire avant généralisation. La situation va s’aggraver encore avec le projet de nouveau traité européen obligeant à introduire la “règle d’or” dans nos constitutions.

Nous aussi, comme les Grecs, refusons de sacrifier le peuple sur l’autel de l’argent. Reprenons nos vies en main.

Nous sommes tous des Grecs. Quand un peuple est attaqué ce sont tous les peuples qui sont attaqués.

Blog Democratie réelle 86, 22 février 2012

[Dakar] Nouvelle répression policière d’une manif anti-Wade

Sénégal: nouveaux incidents à Dakar, Youssou Ndour blessé lors d’échauffourées

De nouvelles violences se sont produites mardi soir à Dakar entre policiers et opposants rassemblés notamment autour du chanteur Youssou Ndour, qui a été blessé à une jambe, pour exiger le retrait de la candidature du président Abdoulaye Wade à l’élection présidentielle de dimanche.

Dans la soirée, la mission d’observation électorale de l’Union européenne (UE) au Sénégal a appelé « à l’arrêt des violences » ayant marqué la répression de manifestations d’opposants, interdites par les autorités, en souhaitant que « la libre réunion électorale » soit garantie.

Les violences ont éclaté dans le centre-ville lorsque, juché sur le toit d’une voiture, Youssou Ndour, farouche opposant au président Wade, s’est approché très près d’un cordon de policiers anti-émeutes qui l’empêchaient d’accéder à la Place de l’Indépendance où était prévu un rassemblement d’opposants interdit par les autorités.

Des pierres sont alors parties depuis la foule qui entourait son véhicule en direction de la police, qui a riposté par des tirs de gaz lacrymogènes.

Youssou Ndour a très rapidement quitté les lieux après le début de la dispersion de la police. Un journaliste de l’AFP a vu une personne, évacuée par des secouristes, blessée à la jambe.

« Dans le feu de l’action », le chanteur « a été blessé à la jambe gauche, il a été examiné par un médecin, mais il ne souhaite pas en faire une affaire d’Etat », a déclaré Charles Faye, son conseiller en communication, qui n’a pas souhaité préciser le type de projectile l’ayant touché et décliné tout autre commentaire.

Après la dispersion, des jeunes se sont éparpillés par petits groupes dans des rues adjacentes, où des barricades de fortune ont commencé à être érigées et incendiées.

Près d’un millier de personnes étaient sur une avenue pour tenter d’accéder sur la Place de l’Indépendance, rassemblés autour de Youssou Ndour, mais également de trois autres opposants et candidats à la présidence: Idrissa Seck, ex-Premier ministre de M. Wade, Ibrahima Fall et Cheikh Bamba Dièye.

Pendant près de deux heures, les manifestants, face aux policiers, ont scandé des slogans et chanté des refrains d’une chanson hostile au président Wade.

Youssou Ndour et les trois opposants candidats sont tous membres du Mouvement du 23 juin (M23), coalition de partis d’opposition et d’organisations de la société civile réclamant le retrait de la course de M. Wade, élu en 2000 et réélu en 2007.

Le M23 avait une nouvelle fois appelé à une manifestation Place de l’Indépendance, ce qu’il entend faire tous les jours jusqu’à vendredi. De précédents appels à s’y rassembler avaient déjà entraîné des violences entre manifestants, en grande partie des jeunes, et les forces de l’ordre.

C’est dans ce climat tendu que l’ex-président nigérian Olusegun Obasanjo est arrivé à Dakar comme chef de la mission des observateurs de l’Union africaine (UA) pour la présidentielle. Il a déclaré que « si nécessaire », il ne sera pas qu’un simple observateur « en raison de la situation sur le terrain ».

« Nous l’attendons à Bras ouverts », avait auparavant affirmé Serigne Mbacké Ndiaye, porte-parole de la présidence. S’il « profite » de sa présence « pour discuter avec les uns et les autres, nous sommes ouverts, mais restons fermes sur certains principes », en particulier sur le non-report du scrutin.

M. Obasanjo avait été contraint en 2006 de renoncer à un troisième mandat à la tête du Nigeria sous la pression de l’opposition et de pairs africains dont M. Wade. « Si le président Wade m’a conseillé de ne pas me présenter à un troisième mandat, ce que je n’ai pas fait, il est sans doute le mieux placé pour se conseiller lui-même », a dit M. Obasanjo.

Depuis fin janvier, des échauffourées se sont régulièrement produites à Dakar, sa banlieue et en province lors de manifestations contre un nouveau mandat de M. Wade.

Les violences ont fait au total six morts depuis la validation de sa candidature, le 27 janvier, selon des sources concordantes. Deux ONG sénégalaises de défense des droits de l’Homme ont évoqué « neuf morts et des dizaines de blessés » pendant cette période, une autre a appelé à « agir immédiatement pour mettre un terme à la violence d’Etat ».

Dans un communiqué, la Mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOE UE) a déploré tout recours à la violence « tant par les forces de l’ordre que par les manifestants » et appelé « à l’arrêt des violences et au respect du caractère Pacifique que devrait revêtir tout débat politique démocratique ».

AFP, 22 février 2012

Voir aussi cette compilation d’articles parue sur le Jura Libertaire, sur une manif à Dahra : maison du maire cramée.

Inégalités hommes-femmes au travail, derniers chiffres de l’INSEE

Salaires: les femmes gagnent en moyenne 20% de moins que les hommes

Les femmes gagnaient en 2009 en moyenne 20% de moins que les hommes dans le secteur privé, à temps de travail équivalent, selon les derniers chiffres de l’Insee publiés mercredi.

« En 2009, le salaire net moyen en équivalent temps-plein des femmes atteint 80% de celui des hommes dans le secteur privé et 87% dans le secteur public », écrit l’Institut de la statistique. Le constat était le même pour 2008.

« Cette situation est due pour partie à une structure des qualifications différentes », explique l’Insee : « par exemple, 19% des hommes salariés du privé sont des cadres contre seulement 12% des femmes ».

Toutefois, même au sein de chaque catégorie socioprofessionnelle, « les écarts demeurent », ajoute l’Insee dans l’enquête « Emplois et salaires ».

Chez les cadres du privé, le salaire des femmes est inférieur de 23% et de 21% dans le public, indique l’Insee, notant que cet écart « peut s’expliquer en partie par un effet de +plafond de verre+, mais aussi par d’autres éléments, comme les choix de spécialité de formation, les secteurs d’activité ou les déroulements de carrière ».

Cet écart de salaire chez les cadres est « beaucoup moins important chez les moins de 25 ans que chez les seniors », ajoute encore l’Insee, qui relève également que les écarts « sont moins élevés dans les autres catégories socioprofessionnelles ».

Une étude de la Dares (ministère du Travail) publiée en 2008 mais portant sur 2006, fréquemment citée, comptait 27% d’écart de salaire brut dans le privé (environ 17% en salaire horaire, soit à temps de travail égal).

Les différences entre les sexes sont également visibles dans les taux d’activité et les temps de travail.

Si 70% de la population ayant entre 15 et 64 ans est active au sens du Bureau international du travail (personnes ayant travaillé, ne serait-ce qu’une heure, au cours d’une semaine donnée), le chiffre tombe à 66,1% pour les femmes et monte à 75% pour les hommes.

Cet écart s’est beaucoup réduit entre 1975 et 2009, passant de 31 points à 9 « sous l’effet conjugué de la hausse du taux d’activité féminine et d’une diminution de l’activité masculine ».

Il s’explique « pour une large part » par la présence de jeunes enfants au foyer: « dans les familles d’au moins deux enfants dont l’un (ou plusieurs) a moins de trois ans, le taux d’activité des mères est de 54% alors que celui des pères est de 92% ».

Enfin, les femmes sont bien plus souvent à temps partiel, ce qui ne s’explique qu’en partie par la présence d’enfants. « Même parmi les personnes en emploi et sans enfant, la proportion de femmes travaillant à temps partiel est supérieure de 17 points à celle des hommes ».

« Il s’agit alors très souvent de temps partiel subi, les femmes étant nombreuses à travailler dans le secteur tertiaire où le recours au temps partiel par les entreprises est structurellement important », dit encore l’Insee.

AFP, 22 février 2012

[Saint-Denis de la Réunion] De la grogne des routiers à l’émeute réappropriatrice

Magasins pillés à La Réunion: retour au calme après une nuit de heurts

Le calme est revenu au lever du jour, mercredi à La Réunion, à Saint Denis, dans le quartier populaire du Chaudron, et au Port (ouest), où quinze commerces ont été pillés ou saccagés, lors d’une nuit d’affrontements entre groupes de jeunes et police, a-t-on appris de source préfectorale.

Un policier a été légèrement blessé par un jet de pierre et 8 interpellations ont été opérées à Saint-Denis, 6 dans la ville du Port, au cours de cette flambée de violences qui a éclaté en marge d’une manifestation des routiers contre le prix du carburant et la vie chère.

Carcasses de voitures incendiées, odeur acre des gaz lacrymogènes, commerces éventrés, poubelles incendiées, barrages de ferrailles en travers de la chaussée: les traces laissées par une nuit d’affrontements et de violences étaient visibles un peu partout, en début de matinée, dans le quartier du Chaudron, à la périphérie Est de Saint-Denis.  » Dix commerces ont été saccagés ou pillés à des degrés divers, dont une pharmacie, une bijouterie, une agence bancaire, un restaurant Quick « , a déclaré à l’AFP Benoît Huber, directeur de cabinet du préfet.  » Ce matin, le calme est revenu, il n’y a plus aucun trouble », a-t-il précisé.

Le propriétaire d’une épicerie, ouverte en 1984 et déjà vandalisée par le passé, évaluait à 200 000 euros, le bilan des dégâts.  » Ils ont emporté des cigarettes, le fond de caisse, des marmites, tout ce qui leur tombait sous la main », s’est-il désolé. Quatre véhicules ont également été incendiés au Chaudron ainsi qu’une vingtaine de poubelles, a indiqué M. Huber.

De 20h00 à environ 2h30 du matin, environ 200 jeunes, pour la plupart cagoulés, ont affronté avec des pierres les policiers de la Compagnie départementale d’intervention et du GIPN (Groupement d’intervention de la police nationale) qui ont tiré, au total, 25 grenades lacrymogènes et assourdissantes, selon la préfecture.

Les casseurs ont concentré leurs attaques sur une grande surface située en plein coeur du quartier, « ardemment défendue » par les gendarmes qui ont « réussi à la préserver », selon M. Huber.

Dans la ville du Port (ouest de l’île), à une quinzaine de kilomètres de Saint-Denis, le bilan est moins lourd avec cinq commerces dont une auto-école, un magasin de vêtement, un bureau de revente d’or dévastés. Les casseurs se sont principalement attaqués à l’entrepôt du Capricorne, une société d’importation de riz, dévalisant un conteneur, avant de mettre le feu à un semi-remorque: il s’en est suivi un début d’incendie du bâtiment, qui a toutefois été vite maîtrisé par les pompiers. Parmi les six personnes interpellées, trois sortaient de l’entrepôt avec des sacs de riz, a indiqué M. Huber.

Ces incidents ont éclaté à l’issue du blocus de l’entrepôt la SRPP (Société réunionnaise des produits pétrolier) unique lieu de stockage de carburant de la Réunion, par des transporteurs. Toute la matinée de mardi, le leader du mouvement, Jean-Bernard Caroupaye, président de la FNTR (Fédération nationale de transport routier) avait appelé la population à venir soutenir sur place l’action des transporteurs contre la cherté du prix de l’essence et la vie chère.

Après la signature d’un protocole d’accord avec le préfet de la Réunion, Michel Lalande, prévoyant une réunion de négociation vendredi, M. Caroupaye avait appelé à la levée du barrage, hué alors par les manifestants sur place, dont de nombreux jeunes. De petits groupes de casseurs s’étaient dirigés ensuite vers le centre où la situation a dégénéré.

A 23h, les accès au dépôt de carburant ont été libérés par les routiers permettant, au lever du jour, le réapprovisionnement des stations5service de l’île dont un grand nombre était à sec mardi soir.

AFP, 22 février 2012

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