Archives mensuelles : février 2012

[Fleuré – 86] Le charcutier victime de la machine judiciaire est prêt à ressortir sa caravane

 » Je suis prêt à ressortir la caravane « 

Le combat judiciaire de Michel et Laurent Plat dure depuis plusieurs années. Le combat judiciaire de Michel et Laurent Plat dure depuis plusieurs années. – (Photo archives).

Comme un retour à la case départ. Le 30 mars prochain, le juge-commissaire du tribunal de commerce de Poitiers dira si oui ou non il autorise la vente aux enchères des biens de Michel et Laurent Plat. Le père et le fils pourraient se retrouver comme il y a un an, quand l’ex-entrepreneur avait posé sa caravane sur le parking de l’église de Fleuré et entamé une grève de la faim pour protester contre le sort judiciaire qui lui était fait.

200 hectares agricoles

Les biens du père et du fils (200 ha de terres agricoles, leurs maisons et l’atelier de charcuterie) sont saisis depuis 2004, quand Michel Plat avait déposé le bilan de son entreprise de charcuterie jusqu’ici florissante, en réponse à un redressement fiscal de 276.000 euros qu’il estimait injustifié. La machine judiciaire était lancée, nonobstant le fait que le redressement fiscal avait été ramené à des proportions dix fois moindres. Depuis cette date, Michel Plat est en bagarre avec la mandataire judiciaire chargée de son cas. « Elle veut à tout prix vendre nos biens aux enchères, qui partiront pour une bouchée de pain, alors qu’on demande à ce qu’ils soient mis en vente à l’amiable, afin qu’on en tire un prix normal », résume Michel Plat, qui avait obtenu ce dispositif à l’époque de sa grève de la faim.

«  Un peu de temps  »

Quelques mois plus tard, la mandataire judiciaire revient donc à la charge, estimant que le délai pour traiter ce dossier a dépassé toutes les attentes. « Elle brûle les étapes, estime Michel Plat. On a des propositions de reprise, mais il nous faut encore un peu de temps pour les finaliser. » L’ancien entrepreneur ne veut rien lâcher : « Je suis prêt à ressortir la caravane et à recommencer une grève de la faim. »

Nouvelle république, Philippe Bonnet, 18 février 2012

[Biard] Grogne des aides à domicile : de l’impasse des négociations

ndPN : nous avions déjà posté plusieurs articles sur la grogne des aides à domicile dans la Vienne. Nous vous renvoyons d’ailleurs à un commentaire récent sur l’un d’entre eux. La lutte continue, mais la négociation tourne évidemment court, une fois de plus. Courage, seule la lutte paye !

Les Aides à domicile toujours en colère

 

Les ADMR de la Vienne ont une nouvelle fois tenu le siège de la Fédération à Biard, le temps d’une réunion, infructueuse, avec des responsables.

Les ADMR ne veulent rien lâcher et disent : « On a tous des parents. Et chacun d'entre nous doit se poser la question de savoir s'il veut ou non le meilleur pour eux avec l'intervention de salariées qui travaillent dans de bonnes conditions. Là, maintenant, elles sont vraiment sous pression. »

 

Les ADMR ne veulent rien lâcher et disent : « On a tous des parents. Et chacun d’entre nous doit se poser la question de savoir s’il veut ou non le meilleur pour eux avec l’intervention de salariées qui travaillent dans de bonnes conditions. Là, maintenant, elles sont vraiment sous pression. »

Si elles étaient moins nombreuses que jeudi dernier à tenir le siège devant le bâtiment de la Fédération de la Vienne à Biard, les Aides à domicile en milieu rural ne veulent pas s’épuiser en manifestations à répétition. Le groupe d’une trentaine de femmes avait pour objectif de soutenir la délégation qui au même moment rencontrait la directrice Catherine Guillemet et le président Jacques Pineau. A l’issue de cette première des quatre réunions programmées, Jeanne-Marie Enazor, porte-parole de la délégation était amère. Aucune négociation n’avait été possible sur les frais kilométriques (et fictifs) qui « font perdre en moyenne 100 € par mois », sur la part employeur/salarié pour la mutuelle, sur l’amplitude horaire journalière et sur l’incidence d’un arrêt maladie sur l’ancienneté..

Nouvelle République, 18 février 2012

Le rapport Perruchot épingle aussi le financement des « syndicats » de patrons

Le rapport Perruchot épingle aussi les finances du patronat

Ce n’est plus un rapport, c’est un phénix. Officiellement enfermé à triple tour dans les archives de l’Assemblée depuis son rejet par les députés fin 2011, le rapport de la commission d’enquête sur le financement des syndicats et du patronat (rédigé par le député centriste Nicolas Perruchot) renaît de ses cendres  via le site Internet du « Point » qui l’a publié hier.

Et la  on peut y lire que « Le financement des organisations d’employeurs repose sur diverses ressources qui ne sont pas illicites, mais dont la légitimité manque de force », critique le rapport. Alors que les regards s’étaient jusqu’ici surtout portés sur les syndicats, le patronat ne sort pas indemne, loin de là, de l’analyse des députés. Les ressources des organisations sont substantielles, recense-t-il  entre 500 millions d’euros et 1 milliard, selon une extrapolation à partir des données disponibles. Si celles-ci sont plus accessibles depuis la loi de 2008 instaurant la publication des comptes, le rapport pointe « certains comportements susceptibles d’entacher de suspicion l’usage de ces ressources ». La part des cotisations des adhérents est parfois faible et les clefs de répartition entre fédérations et organisations peu claires. Surtout, le financement par les fonds du paritarisme, au premier rang desquels la formation (via le Fongefor) sont insuffisamment contrôlés. Le rapport pointe le cas de la CGPME, qui a utilisé une partie de son préciput formation pour financer le Salon Planète PME, qu’elle organise, ainsi qu’une campagne de promotion d’un dispositif de formation des chômeurs (la POE), qui aurait surtout servi son image. Les organisations patronales « semblent également bénéficier d’un soutien matériel parfois significatif de la part d’instances dans la gestion desquelles elles se trouvent impliquées », ajoute le rapport, visant les chambres de commerce et d’agriculture.

Tous va bien au pays des patrons et dans ce monde capitaliste non ????

Blog du groupe de Béthune (Fédération Anarchiste), 18 février 2012

[Londres] Dénonce ton voisin bizarre à la police anti-terroriste!

Dénonce ton voisin bizarre à la police anti-terroriste!

La police métropolitaine de Londres fait appel à la délation publique contre les terroristes cachés un peu partout, en particulier parce qu’elle craint pour les Jeux Olympiques de cet été et la paix des affaires. Elle s’imagine en gardienne toute puissante (‘total policing’ dit-elle). Espérons que ce tigre en papier soit noyé sous la masse des appels bidon !

La police londonienne a lancé ce lundi sa campagne anti-terroriste qui doit durer au minimum quatre semaines. Son nom : ’It’s Probably Nothing, But…’ (Ce n’est probablement rien, mais…). Elle consiste en des publicités dans la presse locale et des minorités ethniques, ainsi qu’en un spot radio. Des tracts vont également être distribués dans 1,4 millions de domiciles londoniens.

Stuart Osborne, coordinateur national de l’anti-terrorisme a affirmé ce qui suit : ” La menace terroriste pour Londres et la Grande-Bretagne demeure réelle. Nous, à la police de Londres, avons un rôle clé pour contrecarrer cette menace, qu’elle provienne de groupes inspirés par Al-Quaïda ou de groupes républicains dissidents irlandais – mais nous ne pouvons jouer ce rôle qu’avec le soutien de toutes nos communautés. Les terroristes vivent parmi nous. Nous voulons que vous nous disiez tout ce que vous voyez qui ne vous semble pas comme d’habitude dans vos vies quotidiennes. Nous savons qu’il se peut que vous soyez inquiets à l’idée de parler à la police, peut-être parce que vos amis ou votre famille pourrait le découvrir. Mais peut-être bien que vous avez des renseignements qui pourraient sauver des vies.

Nous préférons recevoir beaucoup d’appels passés en toute bonne foi qui ne donnent pas d’éléments intéressants que de ne rien recevoir du tout. Ne pas passer ce coup de téléphone pourrait nous faire manquer une information vitale. Notre priorité, c’est la sécurité du public, chose que nous ne pouvons garantir qu’avec votre concours. Faites confiance à vos instincts. Appelez la hotline confidentielle au 0800 789 321.”

Source : http://content.met.police.uk/News/Its-probably-nothing-but-counterterrorism-campaign-launched-in-London/1400006601533/1257246741786

Libération irlande, 16 février 2012

[Paris] Perquisition en la modeste masure parisienne de Teodorin

Teodorin Obiang, fils du dictateur équato-guinéen Teodoro Obiang, en est tout indigné : la justice française perquisitionne en sa demeure. Or elle s’avère être plus confortable qu’on ne pouvait s’y attendre, pour un représentant d’un pays réputé l’un des plus pauvres du monde, malgré (ou à cause de) son pétrole.

Ce que cet article AFP qui suit ne dit pas, c’est que ce personnage assez singulier dans son genre n’a pas épargné tout seul – chouchou des firmes pétrolières USA qu’il est.

http://www.slateafrique.com/1737/guinee-equatoriale-le-monde-selon-teodorin-1

http://www.slateafrique.com/1851/guinee-equatoriale-le-monde-selon-teodorin-2

On pourrait se contenter de se réjouir qu’un riche aussi outrancier ait des ennuis, pour une fois. Il nous semble néanmoins qu’une question reste en suspens, dans toute cette affaire de « biens mal acquis »…

La justice française s’attaquera-t-elle à d’autres personnages que cet Obiang ami des Etats-Unis ? Pourquoi pas de perquisition semblable chez des Sassou Nguesso et autres Bongo ? Il faut croire que ces grands amis de la France y ont encore bien des appuis, et pour rappel, pas qu’à droite… 

Dans le bras de fer énergétique des puissances occidentales, les dictateurs sont placés au pouvoir, maintenus ou renversés au gré des intérêts pétroliers concurrents.

En attendant, les populations crèvent…

Pavillon Noir

Perquisition: « caverne d’Ali Baba » au domicile parisien du président de Guinée équatoriale

Les enquêteurs poursuivaient vendredi leurs saisies records dans le somptueux hôtel particulier parisien, véritable « caverne d’Ali Baba », longtemps propriété de la famille du président de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema, dans le cadre de l’affaire des « biens mal acquis ».

Sur les cinq étages de cette immense propriété de plusieurs milliers de m2 avenue Foch (XVIe), ils continuaient vendredi après-midi de recenser et placer sous séquestre mobiliers de prestige et biens précieux, tels des grands crus (Petrus, Romanée Conti..) d’une valeur de plusieurs milliers d’euros la bouteille.

Entamé mardi, le travail de fourmi des enquêteurs pourrait se prolonger la semaine prochaine pour une perquisition qualifiée de « record » par sa durée par des sources judiciaires et policières.

Les enquêteurs sont tombés sur « une caverne d’Ali Baba », selon l’expression de l’un d’entre eux. Ils ont saisi une horloge d’une valeur de trois millions d’euros, a ainsi révélé une source proche de l’enquête.

L’hôtel particulier, riche de 101 pièces, est évalué à plus de 500 millions d’euros et l’ensemble du mobilier pourrait dépasser les 40 millions d’euros.

L’opération est conduite par les deux juges d’instruction chargés du dossier des biens mal acquis et des policiers de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).

Les juges Roger Le Loire et René Grouman enquêtent depuis décembre 2010 sur les conditions dans lesquelles trois chefs d’Etat africains, Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang Nguema et le défunt président gabonais Omar Bongo Ondimba, ont acquis un important patrimoine immobilier et mobilier en France. Une affaire surnommée des « biens mal acquis ».

Les enquêteurs soupçonnent que ces biens ont été acquis à partir de détournements de fonds publics. En septembre 2011, la justice avait déjà saisi onze voitures de luxe Ferrari, Bugatti, etc.) de Teodorin Obiang, fils du président équato-guinéen-guinéen dans ce même hôtel particulier de l’avenue Foch.

Ils ont obtenu récemment de pouvoir enquêter sur les acquisitions réalisées par les chefs d’Etat et leurs proches après le dépôt de la plainte en 2008 par l’ONG Transparency International France.

La saisie en cours est vivement contestée par la Guinée Equatoriale, la présidence ayant fait part jeudi de sa « totale indignation » devant ce qu’elle estime être une « illégitime persécution ».

Les avocats du président et de son fils ont également protesté, estimant que l’immeuble n’était plus propriété de la famille du président depuis octobre et qu’il appartient désormais à l’Etat équato-guinéen.

« C’est une mission diplomatique. Nous contestons absolument les opérations qui sont en train de s’y dérouler », avait déclaré mardi Me Olivier Pardo, avocat du président Obiang.

Le Quai d’Orsay avait assuré que « cet appartement relève du droit commun ».

Considéré comme un des chefs d’Etat les plus riches du monde, Teodoro Obiang, 69 ans, dirige d’une main de fer depuis 1979 son petit pays, troisième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne, mais dont la majorité de la population vivent dans la pauvreté.

Pressenti par son père pour lui succéder, Teodorin fait depuis plusieurs années l’objet d’enquêtes pour blanchiment et corruption aux Etats-Unis, où ce quadragénaire a longtemps mené une vie de Playboy fortuné en Californie.

De son côté, le département américain de la Justice avait annoncé en octobre « la confiscation de 70 millions de dollars d’actifs appartenant à Teodorin en Californie, dont un domaine de 30 millions de dollars à Malibu, un jet de 38,5 millions de dollars, plusieurs voitures de luxe », ainsi « qu’un gant blanc couvert de cristaux de Michael Jackson ».

AFP, 17 février 2012