Archives mensuelles : avril 2012

[Poitiers] Vinci fait péter Migné-Auxances

ndPN : La destruction à la mode Vinci est en cours, à coups d’explosifs. Aux expropriations et incommodités pour les riverain-e-s s’ajoutent le ravage des paysages et des menaces sur les espèces protégées (flore, faune)…

Un document sur la LGV SEA et son impact sur l’environnement et les habitants est consultable ici. Voir particulièrement les pages 143 à 145 qui concernent Migné-Auxances et ses alentours. Il s’agit, dans les pages « enjeux », de lister toutes les destructions, et de proposer ensuite des palliatifs… très instructif.

Et révoltant !

Tirs de mines discrets pour éviter les vols d’explosifs

Migné-Auxances.  Depuis mercredi, des tirs de mines se déroulent sur le chantier de la LGV. Ils ne sont pas annoncés pour déjouer d’éventuels vols d’explosifs.

La LGV fait boum ! Depuis mardi, des tirs de mines sont réalisés sur la butte de Chardonchamp à Migné-Auxances par les techniciens.

Ils ouvrent une voie qui doit à terme passer sous l’autoroute A10. Dans un rayon de 200 m autour de chaque tir, la circulation des véhicules doit être impérativement stoppée.

Les tirs de mines doivent durer un an

« C’est pour cela qu’il y a eu des coupures totales, mais ponctuelles de la circulation sur l’A10. Pour des raisons de sécurité, on ne peut pas se permettre que de petits cailloux arrivent sur l’autoroute alors que des véhicules y circulent », explique Matthieu Lafforie, chargé de communication chez Cosea. Alors que les perturbations liées aux travaux sont en temps normal annoncées longtemps à l’avance, là, la communication est volontairement tardive et limitée. « Ça se fait au dernier moment, via la radio de Vinci. Les personnes qui circulent sur l’autoroute sont alors informées et les gendarmes sont sur place pour bloquer la circulation. » Cette discrétion est une mesure de sécurité liée à l’utilisation de produits explosifs. « On ne souhaite pas donner d’indications précises sur les jours et les heures des tirs pour éviter toute tentative de vol, sur place ou durant le transport », reconnaît Matthieu Laffaurie. Si les explosifs détenus par les militaires sont très difficiles à dérober, il en est autrement des explosifs et des détonateurs utilisés sur des chantiers ou dans des carrières qui en font parfois une grande consommation. Les activistes basques de l’ETA sont toujours en quête de ce type d’opportunités. Plus récemment, en Charente, à Birac, le 22 mars, c’est un motard seul qui s’était présenté armé dans une carrière où il avait dérobé deux détonateurs. Il avait réussi à prendre la fuite, malgré le déclenchement d’un plan Épervier. Les tirs qui se sont produits mercredi et hier sont des tirs d’essai destinés à valider les procédures mises en place par les ingénieurs. Les tirs destinés à réduire la roche en miettes pour faciliter le terrassement devraient durer une année. Les riverains et les automobilistes ne doivent pas s’attendre à un feu d’artifice. Les tirs n’auront pas lieu tous les jours. Ainsi, les vacances scolaires et les week-ends seront évités, tout comme les lundis et vendredis où la circulation automobile est plus intense. « On bloque le temps du tir, qui dure huit secondes et le temps d’aller voir le résultat. S’il y a des embouteillages, c’est qu’on a stoppé à un moment où beaucoup de voitures circulaient. »

Nouvelle République, E.C., 13 avril 2012

[Chauvigny] Classe segpa sacrifiée : débrayage au collège Gérard-Philippe

86 –  Chauvigny : professeurs et parents d’élèves manifestent

Ce matin, entre 8h30 et 9h30, les professeurs du collège Gérard-Philipe de Chauvigny ont débrayé, soutenus par un groupe de parents d’élèves et d’élus. Ils contestent la décision de l’Éducation nationale de supprimer une classe de troisième Segpa à la rentrée prochaine. Pour les enseignants et les parents, une seule classe ne suffit pas pour assurer correctement l’enseignement de ces élèves en difficulté scolaire. Un débrayage avait déjà été organisé il y a trois semaines. Depuis, il n’y aurait eu aucune avancée, selon les protestataires.

Dépêche Nouvelle République, 12 avril 2012

Mise à jour – article paru le 13 avril 2012 dans la Nouvelle République :

Collège : les professeurs débrayent

Hier matin, entre 8 h 30 et 9 h 30, les professeurs du collège Gérard-Philipe ont débrayé, soutenus par un groupe de parents d’élèves de la FCPE et d’élus locaux. Tous contestent la suppression d’une classe de troisième Segpa à la rentrée prochaine. Pour les enseignants et les parents, une seule classe ne suffit pas pour assurer correctement l’enseignement de ces élèves en difficulté scolaire.

« Nous constatons une lente dégradation du système éducatif. Les conditions d’enseignement en particulier de Segpa sont complètement dégradées », lance le député Jean-Michel Clément, qui s’était joint au mouvement.

Soutien des parents

« Logiquement l’enseignement de Segpa a pour rôle de donner toutes les chances à des enfants déjà en difficulté scolaire. Pour cela il faut un support humain et matériel bien spécifique. Nous constatons une mise à mal de ce système éducatif », ajoute Sylvie Pailler, vice-présidente de la FCPE (et par ailleurs conseillère municipale et régionale). Les enseignants qui siègent au conseil d’administration du collège ont déposé une motion. « Nous demandons l’attribution des moyens permettant le maintien des deux classes de troisième », indique Nathalie Capitaine, prof de SVT. C’est le deuxième débrayage des professeurs du collège sur le sujet. Un premier avait été organisé il y a trois semaines.

[Notre histoire] 12 avril 1913 : l’hôtel de ville de Paris investi par des sans-logis pour « le droit au logement pour tous »

ndPN : Le 12 avril 1913, des milliers de manifestants sans-logis investissent l’hôtel de ville de Paris, pour le droit au logement pour tous. L’occasion de rappeler aujourd’hui l’histoire de Georges Cochon… et de se rendre à 11H30 aujourd’hui à Poitiers sur la place du marché, avec le collectif des sans-logis et mal-logés de Poitiers et le DAL 86, pour une conférence de presse !

Georges Cochon (1879-1959)

 Très populaire, G. Cochon, fut avant la Première Guerre mondiale secrétaire et président de l’union syndicale des locataires puis  de la Fédération des Locataires au temps où le « proprio » était Monsieur Vautour et où certains locataires pratiquaient les déménagements « à la cloche de bois ».

En décembre 1909, Georges Cochon, qui avait passé trois ans aux Bataillons d’Afrique pour objection de conscience, était le trésorier de l’Union syndicale des locataires ouvriers et employés, qui était une résurgence d’un premier syndicat confédéré de locataires créé en 1903 par l’anarchiste Pelletier. En 1911 il devenait le président de l’union  qui comptait alors un demi millier d’adhérents parisiens et dont le pogramme reposait sur l’insaisissabilité du mobilier, le paiement à terme échu et la taxation des loyers. Le 13 décembre 1911, il organisait le déménagement public de son propre logement, 52 rue de Dantzig, menacé de saisie. Après que sa concierge ait appelé la police, il se barricadait chez lui et déployait à la fenêtre un drapeau rouge et la banderolle « Respectueux de la loi violée par la police au service du propriétaire, je ne sortirai que contraint par la force ». Assiégé par la police, ravitaillé par les voisins pendant cinq jours, il faisait constater la violation de son domicile par huissier et obtenait une première victoire, le tribunal des référés ordonnant la levée du siège policier. Le 7 janvier 1912, il enchainait aussitôt avec une action de relogement d’une famille et de leur huit enfants dans le jardin des Tuileries  où des compagnons du syndicat des charpentiers avaient assemblé en quelques minutes une baraque de fortune. Cette action entrainera le vote par le conseil municipal de Paris d’un emprunt de 200 millions pour la construction de logements économiques.

Il avait eu l’idée de créer une fanfare, le fameux « raffût de Saint-Polycarpe » : « Les pauvres gens qui ne pouvaient payer leur loyer et étaient menacés d’expulsion étaient déménagés — par la porte ou par la fenêtre —, les compagnons entassaient le mobilier dans des charrettes à bras, et, aux accents d’une fanfare hétéroclite, tandis que des compagnons secouaient à tour de bras une énorme cloche de bois, les commandos de Georges Cochon partaient gaiement à l’assaut des logements vides ». (May Picqueray, Le Réfractaire, mars 1979). Le chansonnier libertaire Charles d’Avray avait composé pour ces occasions  la chanson  La marche des locataires.

C’est ainsi que par l’action directe et en fanfare, il n’allait cesser d’investir logements libres et lieux publics dont : le 10 février 1912 la cour de la préfecture de police, en mars la cour de la Chambre des députés, le 12 avril 1913 avec plusieurs milliers de sans-logis l’Hôtel de ville, puis le 24 prenait d’assaut l’église de la Madeleine. Ces actions étaient bientôt suivies par l’occupation de la  caserne du Chateau d’eau pour y loger 50 familles et leurs  enfants et en juillet 1913 l’occupation boulevard Lannes de l’hôtel particulier de La Vérone avec la complicité de leur occupant, le  Comte de La Rochefoucauld, et où étaient relogées huit familles et trente six enfants.

En 1912 G. Cochon collaborait au journal anarchiste bruxellois Le Combat Social (n°1, 2 avril à n°3, 2è quinzaine d’avril 1912) où avec Georges Schmickrath et Léon de Wreker il alimentait la rubrique « Sus aux vautours » contre les propriétaires. Toutefois , en 1912, une scission se produisait dans l’union syndicale des locataires, G. Cochon s’étant présenté aux élections municipales dans le quartier du Père Lachaise, il était exclu de l’Union et créait alors la Fédération des locataires.

En 1913 il fit plusieurs conférences en province, notemment à Marseille en août où, après une imposante manifestation dans les rues de la ville, il réunissait plus de 4000 auditeurs au Palais de Cristal.

Au début de la guerre, Cochon fut mobilisé au 29e régiment d’infanterie territoriale et participa à la bataille de la Marne, puis, en janvier 1915, il fut détaché aux établissements Renault à Billancourt (Seine). Renvoyé à son dépôt, il déserta le 16 février 1917. Arrêté en août, il fut condamné, le 17 décembre suivant, par un conseil de guerre, à trois ans de travaux publics. Selon A. Kriegel, op. cit., il aurait publié pendant la guerre, à Maintenon (Eure-et-Loir), à une date non précisée (1917) , un journal,  Le Raffût , dont la parution fut sans doute éphémère. Une nouvelle série (année IV) allait paraître à Paris du 13 novembre 1920 au 30 décembre 1922 (92 n°), date à laquelle le siège du journal et du syndicat des locataires était transféré 189 faubourg Poisonnière dans le 9è arrondissement.

Pendant la guerre, l’Union fédérale des locataires était devenue l’Union confédérale des locataires (UCL) dont l’emblème était deux mains qui se serrent, L’Union par la force. L’UCL deviendra en 1946 la Confédération nationale des locataires (CNL) proche du Parti communiste. G. Cochon participait encore au mouvement des Locataires en 1925-1926. Ses activités le firent comparaître devant le tribunal de simple police de Paris le 21 avril 1926.

Retiré avec sa compagne Tounetteà Pierres, une commune limitrophe de Maintenon (Eure-et-Loire) , il vint à Paris, dans les années cinquante, pour évoquer ses souvenirs dans l’émission de J. Mollion « Les rêves perdus ». À cette occasion Louis Lecoin, May Picqueray réunirent autour de lui quelques vieux militants libertaires. G. Cochon est mort le 25 avril 1959, dans sa maison de la rue des grandes Cours à Pierres.

Son fils avait repris le flambeau et dans les années 1970 était encore actif dans un syndicat de locataires.

OEUVRE : Ses Mémoires ou le raffût de Saint-Polycarpe, par Casimir Lecomte (le journaliste André Wurmser), ont paru dans L’Humanité à partir du 17 novembre 1935. G. Cochon avait également été l’auteur du petit traité « 39 manières de faire râler son concierge ».

Un grand nombre de chansons concernant Cochon et la lutte des locataires ont été recensées dont : La Cochonette, Donnez des logements, Papa Cochon, C’est Cochon, V’la Cochon qui déménage de Montehus, Le chant des locataires de Robert Lanoff et La marche des locataires de Charles d’Avray.

R. Bianco a recensé d’autre part plus de trente cartes postales émises par la fédération des locataires et représentant Cochon et ses diverses actions.

Dictionnaire des militants anarchistes

[Poitiers] Grève à la plateforme industrielle courrier

Grève à la plateforme du courrier de Poitiers-Auxances

Le syndicat CGT de la FAPT (Fédération des activités postales et de télécommunications) de la Vienne, FO, Sud et CFDT, ont déposé un préavis de grève de 24 heures pour ce jeudi concernant les personnels de la plateforme industrielle courrier -Pic) de Poitiers-Auxances. Un rassemblement est organisé ce matin devant l’établissement. Ce préavis s’inscrit dans la démarche nationale de l’intersyndicale CGT, Sud, FO, CFDT, CGC, UNSA, CFTC de La Poste.

« En vue d’adapter les régimes de travail des personnels aux flux d’approvisionnement du courrier, les dirigeants de la Pic ont dénoncé l’accord de 2009 sur les régimes de travail signé par le syndicat CGT majoritaire », explique le représentant du syndicat départemental Didier Ferron. « Les propositions de la direction visent à organiser le travail à partir d’horaires atypiques, au risque de dégrader les conditions de travail et d’accentuer un mal vivre au travail », ajoute-t-il. Dans une déclaration commune les organisations syndicales ont rappelé que « l’amélioration des conditions de vie et de travail des postiers et du service public postal passe avant tout par l’arrêt ou le gel des restructurations, des réorganisations, de la destruction de l’emploi… ».

Centre Presse, 12 avril 2012

[Poitiers] Les élèves, variable d’ajustement du Rectorat

La mise en réseau de trois lycées contestée

Un projet de mise réseau des effectifs des classes de première et de terminale de trois lycées poitevins inquiète parents, enseignants et élèves. Explications.

A défaut d’être confidentielle, l’information reste très discrète. « Cette mise en réseau est tout juste évoquée à mots couverts », expliquait hier soir cette représentante de parents d’élèves. Et c’est bien ce déficit d’information (*) que le comité local FCPE du lycée Camille-Guérin comptait combler hier soir lors d’un point presse commun avec des enseignants FSU et des élèves des trois établissements concernés.

Les élèves, variable d’ajustement

Selon les délégués FSU, « supprimer une cinquantaine de postes d’enseignants dans les lycées pour la rentrée prochaine est l’objectif à atteindre dans l’académie. Le rectorat a pour consigne de prendre des mesures en faisant preuve d’imagination. » Et c’est « une mise en réseau essentiellement comptable » que contestent les représentants FCPE. « A Poitiers, le rectorat envisage de cumuler les effectifs d’élèves entre les lycées de Camille-Guérin, du Bois d’Amour et de Victor-Hugo pour réduire le nombre de classes et celui des enseignants, indique la FCPE, les élèves deviennent une variable d’ajustement entre trois établissements qui perdent chacun une classe en première et une en terminale. » Toute l’inquiétude des parents d’élèves et des représentants des élèves des trois établissements concernés est bien là : le projet produit l’équivalent d’une population de six classes à segmenter et à redistribuer pour conforter les prévisions globales. La perspective d’un changement de lycée à la fin de la seconde ou de la première pour bon nombre élèves en fonction des places disponibles pose de nombreux problèmes. « Nous n’avons aucune idée des critères pour faire déménager les lycéens », a expliqué en outre la FCPE. Les élèves concernés risquent de surcroît de se heurter à des problèmes de conditions de transports dégradées, voire d’hébergement. « Il était important pour nous d’alerter la population sur ce projet avant les vacances et les élections. Nous avons rendez-vous avec Alain Claeys sur le sujet avant la fin du mois. »

(*) Les différentes demandes d’explications de la rédaction au sujet de ce projet académique auprès du Rectorat sont restées hier sans réponse.

Nouvelle République, Dominique Bordier, 12 avril 2012