Archives mensuelles : avril 2012

Meurtres exquis au parti socialiste, un polar anarcho-burlesque

NdPN : Petite page de pub pour le nouveau polar de l’ami Jean-Marc Raynaud, du groupe Nous Autres de la Fédération Anarchiste du 17 !

Meurtres exquis au Parti socialiste, un polar anarcho-burlesque

Le « Raynaud féroce » a encore frappé. Après trois polars loufoques qui avaient pour cadre la librairie du Monde libertaire, l’île d’Oléron et un congrès de la Libre pensée, Jean-Marc Raynaud plante à présent son intrigue dans les coulisses agitées du Parti socialiste…

L’action commence le 22 mars 2012 au siège parisien du Parti socialiste, le très connu 10, rue de Solférino. A 17 heures ce jour-là, François Ballande, candidat du parti à l’élection présidentielle, doit prendre la parole pour une déclaration importante.

Devant l’immeuble, militants socialistes (ex et exclus compris) et badauds se pressent. Au milieu d’eux, Olivier Aïoli, secrétaire fédéral du PS de Charente-Maritime. Les lecteurs rochelais sauront lire entre les lignes. Armé d’un mégaphone, Aïoli a fait le déplacement pour dénoncer le parachutage de Ségolène Impérial à La Rochelle pour les prochaines législatives. Aussitôt, pan !, un homme lui colle une balle de 9 millimètres dans la tête.

Panique à l’intérieur. François Ballande est plaqué au sol par l’un de ses gardes du corps dont la tête explose en plein vol. Sales affaires pour le commissaire Clovis Conil qui entre en piste ventre à terre. Que faire de tout ce cirque ? La situation exige doigté et diplomatie. Il ne s’agit pas de coffrer les trois quarts du futur gouvernement ! Toutes les huiles sont là, Martine Babry, Jack Blang, Michel Tocard, Jean-Marc Blaireau, Manuel Valse, Laurent Fafa, Arnaud Descenbourg… et même l’ancien camarade Jean-Luc Merluchon.

Le premier tueur est vite identifié et serré. Il s’agit de Phil Oxera, un garde du corps de Ségolène Impérial. L’enquête s’annonce plus compliquée pour le second tueur. Pas sûr que les témoins présents pour diverses bonnes et mauvaises raisons autour de l’immeuble soient d’un grand secours. Que valent les informations données par Karl Marx, Michel Bakounine, Louise Michel ou Nestor Makhno ? Pas plus que celles que pourraient offrir Georges Marchais, Ernesto « Che » Guevara, Corto Maltese, Louis Lecoin, Salvador Allende, Léon Trotski, Maurice Joyeux… eux aussi de passage sur le lieu des crimes.

Un peu plus tard, c’est au tour du concierge de l’immeuble, un certain Jean Jaurès, de glisser de vie à trépas en tombant d’une fenêtre. Trop c’est trop. A la demande du camarade commissaire, la fine fleur des services secrets de la Fédération anarchiste passe à l’action avec les méthodes expéditives que l’on sait. Ted Chaucre, Ed Merlieux, Pat O’Neil et Denis Saint, alias « les barons », vont mettre les bouchées doubles pour démêler l’énigme qui trouve finalement sa source dans les derniers spasmes de la Yougoslavie.

Au-delà du polar, l’auteur ne rate pas une occasion pour mettre du sel d’Oléron sur les plaies qui recouvrent l’histoire complexe du mouvement ouvrier depuis la 1ère internationale jusqu’aux péripéties qui allaient aboutir à la création du Parti socialiste via la SFIO, les radicaux, le PSA, la FGDS, le PSU… Magouilles blues ! Mais il y en a pour tout le monde. Les communistes, les écolos, les gauchistes et même « les innombrables bandes libertaires à jamais incapables de transformer l’or de leur idéal en un espoir commun » ne sont pas épargnés.

Mêlant fiction et réalité, frictions et joyeusetés, ce nouveau livre cocasse de Jean-Marc Raynaud est encore l’occasion de faire une pub appuyée pour quelques bons plans. Avis aux amateurs de grillades, d’huîtres, de mouclades, de cagouilles au Pineau, de fromages régionaux, de vin bio et de café charentais flambé au Cognac. Les partisans de la révolution sociale libertaire ne sont pas toujours d’indécrottables pessimistes à la mine triste. Quelques têtes connues autour des éditions Libertaires, du Monde libertaire, de la Fédération anarchiste et du Club du livre libertaire sont également invitées à participer à la farce qui tourne dans certaines pages à la grande foire surréaliste. Le tout est ponctué de caricatures de Jean-Charles Vincent que l’on exposerait bien sur nos murs si elles ne représentaient pas essentiellement les tronches des représentants du socialisme « à la mie de pain ».

Paco

Jean-Marc Raynaud, Meurtres exquis au Parti socialiste, éditions Libertaires. 10 euros. Diffusion en librairie : Court-circuit. Diffusion militante : 35, rue l’Angle, Chaucre, 17190 Saint-Georges-d’Oléron. Téléphone : 05 46 76 73 10. Courriel : editionslibertaires@wanadoo.fr

Interview de Jean-Marc Raynaud dans Culturebox

Du même auteur :

Meurtres exquis à la librairie du Monde libertaire (éditions Libertaires, 2009).

Meurtres exquis à l’île d’Oléron (éditions Libertaires, 2010).

Meurtres exquis à la Libre pensée (éditions Libertaires, 2011).

Oui, nous avons hébergé un terroriste… de trois ans (éditions Libertaires, 2006).

Le site des éditions Libertaires où l’on peut découvrir un impressionnant catalogue.

Le site du Club du livre libertaire qui vient de sortir son nouveau catalogue avec les productions de plus de trente éditeurs.

Vu sur Bellaciao, 31 mars 2012

[Poitiers] Première action des Déboulonneurs 86

NdPN : voici le compte-rendu d’une action bien sympathique contre la publicité, organisée par le nouveau collectif des Déboulonneurs 86. Des photos suivront peut-être (si on les retrouve !).

Samedi 31 mars a eu lieu la première action du collectif des Déboulonneurs 86. Au croisement de la rue du marché et de la rue de la cathédrale, la sucette publicitaire Decaux a été rhabillée avec des cartons. Les passant-e-s étaient invité-e-s à s’y exprimer avec des marqueurs de couleurs : slogans, bons mots et phrases rageuses ont fleuri sur cet espace temporairement libéré de la propagande marchande. Un petit concert de scie musicale a accompagné la déclamation de textes contre le totalitarisme publicitaire. Un tract a été distribué (1). Pas mal de gens se sont arrêtés pour écouter les textes et pour papoter. Les policiers sont passés plusieurs fois en mode surveillance, mais sans intervenir. Bref une petite action modeste mais fort réjouissante, qui en appelle d’autres à venir !

Un déboulonneur anonyme du 86

(1) : Texte du tract diffusé :

STOP LA PUB !

La publicité nous pollue

à plusieurs niveaux. Elle dévore d’énormes quantités de papier, dont la récupération et le traitement sont essentiellement facturés aux contribuables. Elle est aussi très énergivore : un seul panneau publicitaire tournant équivaut à la consommation annuelle d’un foyer de quatre personnes !

La publicité nous harcèle

pour nous faire rentrer dans le moule étouffant et uniformisant de la consommation, de l’ostentation et de la réussite. Dès le plus jeune âge, nul ne peut tenter de s’en extraire sans se sentir culpabilisé et marginalisé. L’un des exemples le plus frappant est l’image donnée des femmes, tenues d’être jeunes, minces, maquillées et richement parées. Comme aux Cordeliers, avec ce logo de « la Poitevine » rousse, consommatrice de l’enfance à l’âge adulte, pour « l’anniversaire » de laquelle des étudiantes distribuaient des tracts, revêtues de perruques rousses pour coller au « modèle ».

La publicité inonde insidieusement

nos lieux de vie, avec sa propagande héritée des régimes totalitaires, alors que l’espace public nous appartient de droit. La décision démocratique sur les emplacements voués à la publicité nous échappe complètement.

La publicité n’est ni une culture

, ni une expression libre : monopolisée par les diffuseurs et les riches, elle ne tolère aucun dialogue, elle répond par la répression à quiconque émet une critique contre le système qu’elle sous-tend. Les condamnations lourdes et répétées de militant-e-s antipub, obtenues à Poitiers par Decaux, démontrent bien que la publicité est une monopolisation violente de la (pseudo) liberté d’expression Elle n’est qu’une  colonisation des esprits.

La publicité n’est pas que le spectacle

du capitalisme, elle en est la condition essentielle. La concurrence et la recherche du profit maximal supposent l’alignement de la demande sur une offre définie par un productivisme effréné, qui n’a plus aucun sens social. Cette société de fausse « abondance » implique qu’une minorité se gave, tandis que l’immense majorité tente de poursuivre un miroir aux alouettes, et qu’un milliard de personnes crèvent de faim et tentent de survivre au beau milieu de ses déchets.

Sur Poitiers, la municipalité collabore

à l’envahissement publicitaire, et prend fait et cause pour Decaux dans les procès qu’il intente aux militant-e-s antipub. Les panneaux d’affichage libre sont absents du centre-ville alors que les « sucettes » publicitaires et les panneaux lumineux y prolifèrent. « Coeur d’agglo » est typique d’un projet social où la population est considérée comme du bétail à tondre.

La désobéissance civile

, comme pour la lutte des faucheurs contre les OGM ou des salariés contre les licenciements, est un moyen de nous défendre et de défendre l’intérêt général. Par des actions antipub assumées et publiques, nous revendiquons avant tout le droit pour tou-te-s de se ressaisir de l’espace public, de lui redonner un sens plus solidaire et plus humain.

Collectif des Déboulonneurs 86

deboulonneurs.poitiers [arobaz] neutralite [point] org

www.deboulonneurs.org

Mise à jour : deux photos

[Allemagne] Journée d’action européenne contre le capitalisme à Francfort

Journée d’action européenne contre le capitalisme à Francfort (Allemagne)

Posted on 1 avril 2012 by juralib

Allemagne : affrontements violents en marge d’une manifestation anti-BCE

De violents affrontements ont opposé policiers et manifestants venus protester contre la politique d’austérité imposée par l’UE et la BCE aux pays méditerranéens, samedi à Francfort (ouest de l’Allemagne), a-t-on appris auprès de la police.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1333257192.jpg

Un policier aurait été grièvement blessé, après avoir été atteint par des pierres. Il est en soins intensifs, mais la police n’a pas pu préciser si son pronostic vital était engagé.

Elle n’a pas non plus souhaité fournir de bilan pour les blessés, ni le nombre des interpellations, car l’intervention est toujours en cours.

Elle a évalué à 4.300 le nombre de manifestants venus à l’appel du collectif « M-31″ (pour 31 mars), dans le cadre d’une « journée d’action européenne contre le capitalisme ».

Du côté des organisateurs, on parlait de 6.000 participants, d’ »au moins 200 interpellations » et de « nombreux blessés ».

« De nombreuses personnes ont des hématomes, il y a au moins une fracture avérée, et de très nombreuses personnes incommodées par le gaz lacrymogène utilisé par la police », a expliqué à l’AFP un porte-parole.

Il a estimé que c’était la charge des policiers armés de matraques, après des jets de sachets de peinture sur la façade du siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort, qui avait fait dégénérer la situation.

Jusque là « nous (étions) plutôt satisfaits du déroulement de la manifestation et du nombre de gens venus pour montrer leur solidarité avec la lutte sociale des pays méditerranéens touchés par la politique d’austérité », a-t-il raconté.

« Je peux comprendre les gens qui ont jeté la peinture, même si ce n’était pas l’objet de la manifestation. (Mais) après la charge (de la police), on a dû appeler à la dispersion du cortège et de petits groupes se sont dispersés dans la ville », a-t-il ajouté.

Leur presse (Agence Faut Payer, 31 mars 2012)

L’avocate de Merah affirme qu’il « a été manipulé et utilisé par les services français »

La plus visible association de malfaiteurs en relations avec une entreprise terroriste, c’est la DCRI

Posted on 2 avril 2012 by juralib

Affaire Merah : l’avocate de son père pourrait prouver « la liquidation » du terroriste

Me Zahia Mokhtari affirme qu’elle détient deux vidéos dans lesquelles le terroriste Mohamed Merah dit aux policiers « je suis innocent ». Selon le chef du Raid, le tueur au scooter avait affirmé qu’il était moudjahidine et comptait « mourir les armes à la main ».

L’avocate algérienne mandatée par le père de Mohamed Merah pour porter plainte contre le Raid (unité d’élite de la police française) a affirmé dimanche à Alger détenir des preuves de « la liquidation » du tueur de Toulouse.

« Nous détenons deux vidéos identiques de 20 minutes chacune dans lesquelles Mohamed Merah dit aux policiers ‘pourquoi vous me tuez’ (…) ‘je suis innocent’ », a déclaré lors d’une conférence de presse Me Zahia Mokhtari, qui devrait se rendre en France dans les jours à venir pour déposer plainte devant la justice française.

« Des personnes au cœur de l’événement, et qui voulaient que la vérité éclate, m’ont remis ces vidéos », a ajouté l’avocate. Elle a précisé qu’elle en réservait la « divulgation » à la justice française et insisté sur leur authenticité. Sollicité par l’AFP, le ministère de l’Intérieur français n’a fait aucun commentaire.

Merah « manipulé » par les services français

Selon Me Mokhtari, « Merah (Mohamed) a été manipulé et utilisé dans ces opérations par les services français et a ensuite été liquidé pour que la vérité ne voie pas le jour ».

Dès le lendemain de la mort de Mohamed Merah, le RAID avait au contraire affirmé avoir « donné sa chance jusqu’au bout » au tueur réfugié dans son appartement. « Si un assaut a été lancé, c’est par Merah », a déclaré à l’AFP le chef de cette unité d’élite de la police, Amaury de Hauteclocque.

Le chef du Raid a affirmé que Mohamed Merah lui a dit, après avoir interrompu les négociations : « je suis un moudjahidine, je veux mourir les armes à la main, vous allez m’abattre et je suis très fier, très honoré de lutter contre le Raid, je vais essayer d’(en) tuer le plus possible ».

De son côté, le procureur de Paris, François Molins, avait déclaré le 22 mars que « les premières constatations (permettaient) de confirmer toute la détermination de Merah et sa volonté d’en découdre avec les forces de l’ordre, quelles qu’en soient les conséquences pour lui comme pour les policiers ».

Me Mokhtari a indiqué qu’elle remettrait à la justice française « une première liste de trois noms, ceux d’un responsable des services français et de deux autres personnes de nationalités différentes qui ‘travaillaient’ avec Mohamed Merah pour qu’elles soient entendues dans cette affaire ».

Le chef de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, avait affirmé mardi que Mohamed Merah n’était « ni un indic de la DCRI, ni d’autres services français ou étrangers ». Par ailleurs, une source proche de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) avait qualifié de « grotesques » des informations du quotidien italien Il Foglio qui assure sur son site internet que Mohamed Merah voyageait avec la couverture des services secrets français.

Selon l’avocate, Mohamed Merah avait par ailleurs « demandé à parler avec la presse mais cela lui avait été refusé ». Des avocats français « veulent nous aider », a ajouté Me Mokhtari, sans citer de nom. Elle a ajouté avoir « confiance en la probité et l’impartialité de la justice française ».

Mohamed Merah, 23 ans, avait été tué le 22 mars lors de l’intervention des policiers du Raid dans son appartement à Toulouse (sud-est), après 32 heures de siège. Les 11, 15 et 19 mars, il avait tué sept personnes : trois parachutistes, trois écoliers et un enseignant juifs à Toulouse et Montauban.

Leur presse (LePoint.fr avec AFP, 1er avril 2012)

[Poitiers] Communiqué des sans logis ou en situation de logement précaire de Poitiers

Communiqué des sans logis ou en situation de logement précaire de Poitiers

Nous sans logis ou en situation de logement précaire de Poitiers, soutenu-e-s par des personnes solidaires et par le DAL86, avons décidé d’installer un campement de résistance place Charles de Gaulle le 30 mars à partir 18h. Nous sommes déterminé-e-s à maintenir ce campement jusqu’à la satisfaction de nos revendications :

1) Un logement décent, pérenne, gratuit, immédiatement pour toutes les personnes sans domicile ou en logement précaire, assorti de tous les droits d’un locataire.

2) Pas d’expulsions locatives. Le logement est un droit.

Nous n’acceptons plus de dormir dehors ou dans des logements précaires et sommes déterminé-e-s à mener ce combat jusqu’au bout.

Nous appelons tous les poitevin-e-s, associations, organisations… à se joindre à nous et nous apporter aide et soutien dans cette lutte.

Venez nombreux dès maintenant place du marché sur le parvis de Notre Dame.

Vu sur le site du DAL  86, 1er avril 2012

NdPN : Voir les comptes-rendus des journées du 31 mars et du 1er avril.