Archives mensuelles : mai 2012

Appel à un collectif mayennais contre la ligne à très haute tension

APPEL A UN COLLECTIF MAYENNAIS CONTRE LA LIGNE THT

Depuis sept ans, des dizaines de milliers de personnes (de la Manche, de la Mayenne, de l’Ille et Vilaine et du Calvados) vivent dans l’opposition à une ligne Très Haute Tension programmée pour être installée de Raids (50) à Beaulieu (53).
Alors que depuis décembre 2011, les chantiers de pylônes ont démarré et que avec eux la violence d’état d’état et de RTE s’abat sur ces populations, (signatures forcées, travaux de destruction engagés légalement ou pas, etc…). Face à cette situation, et ce malgré un énorme travail associatif de Mayenne Survoltée notamment, pour porter devant la justice les abérrations de cette ligne T.H.T., nombre d’individus ont décidé que l’heure était à l’action directe pour tenter d’enrayer ce « rouleau compresseur » et appellent chacun à y participer avec les moyens qu’il jugera bon pour nuire matériellement à l’avancée du chantier. Si nous sommes contraints à ces pratiques c’est que l’opposition populaire à ce projet  n’a, depuis que le projet est connu, rencontré uniquement que mépris et arrogance de la part de l’état et de RTE que chacun aura compris qu’il n’y avait rien à attendre de ces institutions. C’est seulement en s’organisant s’organisant par nous-mêmes avec nos moyens que nous pourrons freiner la toute puissance de l’état.
C’est pourquoi, aux cotés des associations qui fournissent toujours informations et recours juridiques face à ce projet néfaste, certains d’entre nous ont souhaité créer un collectif de lutte contre la T.H.T.
Le collectif se veut être un soutien pour les habitants et habitantes qui se trouveraient démunies face au travail de destruction qu’effectue RTE contre ce qui a été, pour elles et eux, des lieux dans lesquels il et elles ont toujours vécu et/ou travaillé. Le collectif  souhaite accompagner leur colère et les prémunir de tout acte de désespoir qui pourrait s’ajouter à leur sentiment d’impuissance, et souhaite également effectuer un travail d’information de la population contre la propagande produite par RTE quant à l’avancée, soi-disant sans « incidents », des travaux.  Le collectif souhaite la réappropriation de cette lutte par la population afin qu’elle y participe activement, et souhaite travailler contre toutes les formes de résignation. Le collectif se veut ouvert à toutes les initiatives et à toutes les personnes souhaitant s’informer ou participer à cette lutte. Le collectif refuse toutes formes de récupération politique. Le collectif assumera toutes les formes d’actions, sans distinction de leur « violence », tant qu’elles n’atteignent pas l’intégrité physique des personnes travaillant à la construction ou à la protection des lignes. Qu’elles soient produites par les habitants de la région ou les personnes venant de l’extérieur, les actions seront assumées également. Le Collectif veut éviter les rivalités, peu constructives, entre des locaux et des non locaux. C’est lorsque la détermination se double d’une organisation collective horizontale (autrefois nommée démocratie directe), que ce que nous récoltons n’est pas seulement de la confiance et de la force, c’est aussi le sentiment profond d’être en train de reprendre nos affaires en main.
Si la Mayenne, comme le Chefresne, est aujourd’hui en résistance ce n’est n’est pas seulement contre les dégats sur la santé que RTE elle-même impute à reconnaître implicitement en rachetant les maisons à moins de 100 m de son réseau THT. Ce réseau THT est intimement lié à la production nucléaire et assumé comme telle par EDF justifiant cette ligne THT par l’EPR en construction. C’est donc également une résistance à l’industrie nucléaire que nous poursuivons aujourd’hui. Mais ces lignes THT et la centralisation de la production électrique dont elles sont la résultante ont également une autre signification. Avec la multiplication de ces projets en France et en Europe, nous savons aujourd’hui que l’état et l’industrie ont décidé de faire de  l’électricité un marché spéculatif international se donnant les moyens d’un d’un réseau international de distribution pour vendre l’électricité de l’EPR au Maroc, en Angleterre ou ailleurs. On est bien loin du souci affiché par EDF de sécuriser la distribution en France et notamment dans l’Ouest. C’est donc aussi contre la démence productiviste et le règne de l’économie que nous rentrons en résistance.
Pour continuer à amplifier la lutte, débattre et fixer de nouveaux rendez vous, nous proposons de nous retrouver lors d’un assemblée du collectif de lutte contre la T.H.T. le jeudi 3 mai à 20h30 à la Baconnière (53) salle de la mairie.
Ce n’est que le début ! La ligne THT ne passera pas !
Plus d’infos :https://lists.riseup.net/www/subscribe.stop-tht
Valognesstopcastor.noblogs.org  et Stop-tht.org

NdPN : contre le nucléaire et son monde, nous ne pourrons compter que sur nous-mêmes ! Voir les dernières déclarations du candidat Hollande à ce sujet…

[Poitiers] Le 1er mai, lutte comme il te plaît

Hier les rassemblements du premier mai ont été plus fournis que les années précédentes. Plus de 500 personnes à Châtellerault, dont les Fondeurs du Poitou, et plus de 1500 personnes à Poitiers.

Notre groupe avait appelé à rejoindre le cortège contre l’esclavage salarial, qui a rassemblé une bonne quarantaine de personnes. Cortège festif, avec deux banderoles (dont « faisons sa fête au travail »), des drapeaux noirs et des drapeaux rouges et noirs de la CNT ; des slogans rageurs ont été scandés (« c’est pas les présidents qu’il faut changer, c’est le capitalisme qu’il faut éliminer »), des pétards ont éclaté, des chansons anarchistes ont été entonnées (Le Père Duchesne, La Révolte, La rue des bons enfants, La Dynamite, Hécatombe, La vie s’écoule…), mettant de la bonne humeur en queue de manif. Même le soleil était de la partie ! Grosse distribution de tracts avant et pendant la manif.

Le rassemblement avait lieu aux Trois-Cités mais le parcours n’était donné sur aucun site syndical. Nous avons été surpris-es de constater qu’après un petit tour de pâté de maison et un discours syndical, le cortège était amené à se disperser… à son point de départ, aux Trois-Cités.

Nous avons alors décidé ensemble d’aller faire du bruit au centre-ville. Une trentaine de personnes ont donc reconstitué le cortège anti-autoritaire pour marcher sur le centre-ville, en gueulant et en chantant, ralentissant partiellement la circulation, ce qui nous a permis de continuer à tracter (en tout sur la journée, plusieurs centaines de nos tracts ont été diffusés).

Nous avons été encadré-e-s tout du long par les flics, une bagnole passant à travers notre cortège en trombe à un moment, suscitant des slogans rageurs.

Nous avons finalement achevé la manif place d’armes, devant les terrasses des cafés, recouvrant d’une banderole les visages des candidats sur les panneaux électoraux devant la mairie.

Après une petite dispersion stratégique, les flics commençant à se montrer relous, et un petit repas tranquille, le tractage a continué l’après-midi avec quelques-un-e-s d’entre nous. Le tract du groupe Pavillon Noir & d’individus a été bien reçu en général, suscitant des questionnements et des mails.

Le premier mai, tous les jours de l’année, vive la lutte contre l’esclavage salarié !

Groupe Pavillon Noir (Fédération Anarchiste 86)

NB : une dépêche AFP sur les manifestations du 1er mai à travers le monde, une autre sur celles ayant eu lieu aux Etats-Unis, appelées par le mouvement Occupy.

Le DAL fédéral soutient le DAL 86 contre la déclaration odieuse du maire de Poitiers

NdPN : en réponse au maire de Poitiers, jugant « respectable » le DAL fédéral tout en tentant de discréditer le DAL 86 de façon odieuse par sa déclaration récente (voir nos articles précédents), voici un communiqué de soutien, sans faille, du DAL fédéral au DAL 86 :

COMMUNIQUE Paris le 30 Avril  2012
Poitiers : Les sans logis réprimés, le DAL et ses militants diffamés

La fédération Droit Au Logement dénonce les attaques lancées par les autorités politiques et policières en direction de sans abri et du DAL local, qui ont occupé un immeuble vacant depuis 15 ans, le 5 avril dernier. Dans la nuit de jeudi a vendredi dernier vers 3h du matin, un feu sans gravité a nécessité l’intervention des pompiers. Les trois sans logis et mal logés dormant sur place ont été évacués, puis mis en garde à vue pendant 13h, traitement particulièrement expéditif s’agissant, rappelons le, de sinistrés d’un incendie, manifestement d’origine accidentelle. Pendant cette garde à vue, le propriétaire, un professionnel de l’immobilier, a pu tranquillement procéder à ce qui s’apparente à une expulsion sans jugement, sous protection de la police. Les trois sans-abris ont été libéré et cités à comparaitre devant le tribunal correctionnel le 12 juillet pour « pour dégradation involontaire de bien  par incendie en utilisation de bougie sans surveillance  » … des tags ont été relevés à l’intérieur de cette grande maison bourgeoise qui avait été par le passé et à plusieurs reprises déjà squattée… Outre cet incendie bien opportun, le DAL local et deux de ses militants ont été mis au banc d’accusation par le Maire de Poitiers, via une tribune publiée sur le site de la Municipalité, aussi odieuse que truffée de contre vérité : http://www.poitiers.fr/c__0_0_Actualite_10403__0__Declaration_d_Alain_Claeys.html.

La fédération Droit Au Logement dénonce cette répression des autorités policières contre des sans abris qui luttent pour leur dignité et pour leurs droits afin de les décourager, et cette attaque publique et violente menée par le Maire en direction du DAL et deux de ses militants qui défedent les sans toit, les soutiennent, et les appuient pour mettre en place des solutions concrètes. La Fédération Droit Au logement demande la relaxe des trois personnes harcelées et poursuivies injustement,  le retrait immédiate de la tribune diffamatoire du maire de Poitiers, et l’instauration d’un dialogue afin de satisfaire aux revendications du DAL de Poitiers et reloger décemment les sans logis et mal-logés en lutte.

Un toit c’est un droit ! Application de la loi de réquisition sur les logements vacants ! Respect de la loi DALO et du Droit à l’hébergement jusqu’au relogement !

Droit au logement : http://www.droitaulogement.org/

DAL, 30 avril 2012

Nestor Makhno – sur le premier mai (1928)

Le premier mai, symbole d’une ère nouvelle dans la vie et la lutte des travailleurs

La journée du premier mai passe dans le monde socialiste pour la fête du travail. Cette fausse définition a tellement pénétré la vie des travailleurs qu’effectivement, dans beaucoup de pays, ils le célèbrent ainsi. Le premier mai n’a rien d’un jour de fête, cependant. Non que les travailleurs doivent rester ce jour-là dans les ateliers ou dans les champs. Les travailleurs de tous pays doivent se réunir dans chaque village, dans chaque ville, organiser des réunions de masse, non pour fêter quoi que ce soit, ainsi que le voudraient les socialistes étatistes et en particulier les bolcheviks, mais pour faire le compte de leurs forces, pour, déterminer les possibilités d’une lutte armée directe contre un ordre pourri, lâche, esclavagiste, fondé sur la violence et le mensonge. En ce jour anniversaire, il est plus facile aux travailleurs de se rassembler, de manifester leur volonté collective, de discuter en commun tout ce qui concerne les questions essentielles du présent et de l’avenir.

Il y a plus de quarante ans, les travailleurs américains de Chicago et des environs se rassemblèrent ce jour-là. Ils écoutèrent les discours de nombreux orateurs socialistes, et ceux des anarchistes surtout, car ils avaient assimilé les idées libertaires et se mettaient franchement du côté de leurs partisans. En ce jour, les travailleurs américains tentèrent de s’organiser pour exprimer leur protestation contre la domination infâme du capital et de l’Etat.  C’est ce dont parlèrent les libertaires américains Spies, Parsons et d’autres. Des provocateurs à la solde du capital interrompirent le meeting, qui s’acheva par le massacre de travailleurs désarmés, suivi de l’arrestation et de l’assassinat de Spies, Parsons et d’autres camarades.

Les travailleurs de Chicago et des environs ne se rassemblaient pas pour fêter la journée du premier mai. Ils étaient là pour résoudre en commun les problèmes de leur vie et de leurs luttes. Actuellement aussi, partout où les travailleurs se sont libérés de la tutelle de la bourgeoisie et de ses alliés sociaux-démocrates (mencheviks ou bolcheviks), partout où ils tentent de le faire, ils considèrent le premier mai comme l’occasion d’une rencontre pour s’occuper de leurs affaires directes et préparer leur émancipation. A travers ces aspirations, ils affirment leur solidarité avec les martyrs dont ils honorent la mémoire. Ils sentent bien qu’il ne peut s’agir pour eux d’un jour de fête. Non, pour les travailleurs conscients, le premier mai ne peut être la fête du travail, comme les socialistes professionnels voudraient nous le faire croire !

Le premier mai est le symbole d’une ère nouvelle dans la vie et la lutte des travailleurs, une ère qui leur présente chaque année de nouveaux combats, plus difficiles et plus décisifs – contre la bourgeoisie, pour la liberté et l’indépendance qui leur sont arrachées, pour la réalisation de leur idéal social !

Nestor Makhno

Diélo trouda – n° 36 – mai 1928 (traduction alexandre Skirda)

NdPN : rendez-vous ce matin à 11h au Clos-Gaultier (Trois Cités – Poitiers) pour un cortège contre l’esclavage salarial