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[Europe] 4,1 millions de sans-abris et 11 millions de logements vides

Europe : 11 millions de logements vides… pour presque trois fois moins de SDF

SOCIAL – Environ 11 millions de logements seraient vides en Europe alors qu’il y aurait près de trois fois moins de sans-abri, selon une étude révélée dimanche par le quotidien britannique The Guardian.

« Un gâchis scandaleux ». C’est en ces termes que des militants contre le mal logement ont accueilli les révélations du Guardian dimanche, selon lesquelles l’Union européenne compterait 11 millions de maisons vides pour 4,1 millions de sans-abri.

Dans le détail, l’Espagne apparaît comme le mauvais élève de l’Europe avec plus de 3,4 millions de logements vides, contre deux millions pour la France et l’Italie, 1,8 millions en Allemagne et plus de 700.000 au Royaume-Uni. Suivent  l’Irlande, la Grèce puis le Portugal.

« Trop de personnes sans logement »

Le quotidien britannique précise que beaucoup de ces logements vides se trouvent dans de vastes complexes touristiques. Ces derniers ont vu le jour lors de la fièvre immobilière qui a précédé la crise de 2007-2008 mais n’ont jamais été occupés. Outre les 11 millions de logements vides, des centaines de milliers d’autres à moitié construits ont été détruits pour essayer de faire grimper le prix des maisons existantes.

Des députés européens ont adopté une résolution, le mois dernier, afin de demander à la Commission européenne « d’établir une stratégie pour les sans-abri dans les plus brefs délais ». En attendant, comme le résume une membre d’une association espagnole pour l’accès au logement, « il y a trop de personnes sans logement et trop de logements sans personnes ».

Vu sur Metronews, 24 février 2014

Mise à jour PN : selon cette carte réalisée à partir des données de l’INSEE, si l’on clique sur Poitiers on voit :

Poitiers (86)  Nombre total de logements: 53420

Nombre de logements vacants: 4754

Pourcentage de logements vacants: 8.90%

Donc au moins de quoi loger 7 à 8000 personnes immédiatement ! Quelles belles organisations sociales que le capitalisme et l’Etat, où la propriété exclusive sur les espaces de logements (propriété privée ou publique), bref le droit du porte-monnaie, prévaut sur le droit au logement…

[Châtellerault] Mépris des autorités pour le droit à la vie des gens du voyage

Logique de vie contre logique de profit…

C’est depuis longtemps l’un des marronniers moisis de la presse quotidienne régionale… Aujourd’hui dans la Nouvelle République, les marchands et les capitalistes ayant investi la zone d’Argenson se plaignent de voir les gens du voyage habiter les lieux. Mêmes propos que ceux de la direction du Super-U ayant fait évacuer un campement de caravanes : ça donne une mauvaise « image », « ça fait fuir la clientèle ». Passons sur d’autres déclarations plus nauséabondes encore…

Or les gens du voyage habitant les lieux rappellent à juste titre que la mairie ne leur laisse aucun autre endroit pour vivre : ils sont expulsés de partout, les places sont insuffisantes sur les aires d’accueil, l’absence d’infrastructures sanitaires les contraint à la débrouille… du coup les gens du voyage s’installent où ils peuvent. On voit bien, ici comme ailleurs, que les autorités sont les premières responsables des discriminations de fait à l’égard des gens du voyage, faisant le terreau d’un racisme qui ne dit pas son nom, menant à une négation agressive de leur culture.

Face à cette incurie de la mairie, les commerçants n’exigent pas des autorités qu’elles offrent enfin des conditions de vie dignes aux gens du voyage ; au contraire, le discours est méprisant, stigmatisant : un investisseur immobilier de la zone va jusqu’à exiger une baisse de subventions aux associations de gens du voyage pour rembourser un manque à gagner ! Ces braves gens du commerce évoquent des « pissotières publiques », mais quand on lit certains de leurs propos puants, on peut constater que décidément, pour eux, l’argent n’a pas d’odeur (1)…

Encore une fois, on nie éhontément le droit fondamental d’êtres humains à habiter quelque part, c’est-à-dire de vivre, droit qui ne pèse rien vis-à-vis de leur « droit » capitaliste à eux, commerçants, à faire du profit. Et qui ne pèse rien vis-à-vis du « droit » de l’incurie politicarde à fabriquer du bouc-émissaire à la pelle.

Soutien inconditionnel à toutes celles et ceux qui luttent pour leur droit de vivre et d’habiter, contre les logiques publiques et privées du profit électoral ou financier !

Juanito, Pavillon Noir, 13 février 2013

(1) « L’argent n’a pas d’odeur » : expression attribuée à l’empereur romain Vespasien, en réponse au Sénat qui se plaignait que l’Empire ait institué, pour se financer, des pissotières publiques (les fameuses « vespasiennes ») assorties d’une taxe sur la collecte des urines (qui permettait de fixer les teintures textiles).

[DAL 86] Poitiers : Troisième violation de domicile au squat Gibautel

Troisième violation de domicile au squat Gibautel

Après une première violation de domicile conjointe police-propriétaire, lundi soir, VOIR,  après une seconde violation de domicile du propriétaire accompagné d’un huissier mardi matin, la police s’est introduite une nouvelle fois illégalement au domicile des squatteurs du Gibautel. Profitant de l’entrée dans le logement de l’un des occupants, ils l’ont suivi et ont pénétré sans autorisation dans le domicile pour auditionner sur place les habitants à propos d’une effraction avec dégradation qui aurait été constatée, sans rire, durant la première violation de domicile. Enquête illégale donc et ce à double titre puisque outre que la constatation ait été effectuée durant la première violation de domicile, elle n’a pas pu être faite en flagrant délit. Cette procédure policière qui ressemble de très près à une tentative d’intimidation ne sert-elle pas qu’à masquer le véritable scandale : ces violations de domicile répétées ? La police s’enferme inéluctablement dans une spirale infernale et illégale.

Comble de l’absurdité, un membre du Dal86 est d’ailleurs convoqué au commissariat demain jeudi 6 février à 10h30 au sujet de cette effraction avec dégradation. Aberrant retour en arrière : en juin 2012, la police avait entendu un membre du Dal86 au sujet d’une supposé effraction avec dégradation au squat de la rue Jean-Jaurès, convocation qui n’avait rien donné, comme c’était à prévoir. Nous pensons que cette provocation policière qui ressemble de très près à une tentative d’intimidation ne sert qu’à masquer le véritable scandale : l’état sinistré de l’accueil d’urgence sur Poitiers.

Ce qui est condamnable ce n’est pas de rentrer se mettre à l’abri dans des logements – qui d’ailleurs ici appartiennent à la Polyclinique de la Providence qui a comme vocation de soigner les gens et qui défend bec et ongles une propriété dont elle n’use absolument pas – mais qu’il y ait encore aujourd’hui de nombreuses personnes et familles qui sont à la rue. Non ce qui est condamnable c’est la politique dissuasive et criminelle de la préfecture aidée par les rouages essentiels de la machine à expulser – d’abord ses alliés objectifs : municipalité, conseil général, logiparc… ensuite ceux qui sont sous sa coupe : OFII, Croix Rouge, Audacia, Coalia… – politique dissuasive et criminelle qui méprise et maltraite les gens en souffrance et les condamne à la misère.

Les policiers en ont bien-sûr profité pour faire une autre enquête illégale et occulte sur la présence des squatters sur les lieux. Rappelons que, puisque nous sommes au-delà des 48 heures du flagrant délit, l’occupation des lieux ne concerne maintenant que le juge du tribunal d’instance. Ce dernier sera-t-il mécontent que des policiers, soutenus certainement on l’espère par un procureur, s’occupent de ce qui ne les regarde pas ? Affaire à suivre.

Les habitants dont les droits ont été bafoués vont évidemment porter plainte contre la première violation de domicile effectuée par la police et le propriétaire lundi soir. Il vont aussi certainement porter plainte contre la seconde violation de domicile du propriétaire accompagné d’un huissier mardi matin, et la troisième effectuée pas la police ce matin. Nous ne lâcherons rien !

Les habitants des squats appellent à la solidarité. Faites un don pour les aider. Les habitants des squats ont toujours besoin de nourriture, de vêtements, de couvertures, d’ustensiles de cuisine, de meubles… Les habitants des squats sont aussi à la recherche de lieux, genre garages, pour stocker leurs meubles.

Chèques à l’ordre du DAL86 a envoyer à DAL86, Maison de la Solidarité, 22 rue du pigeon blanc 86000 POITIERS en précisant au dos « Squat Poitiers ».

DAL86dal86@free.fr – 06 52 93 54 44 / 05 49 88 94 56 Permanences : tous les samedis matin de 11h à 12h Maison de la Solidarité 22 rue du Pigeon Blanc Poitiers

Vu sur le site du DAL 86, 5 février 2014

[DAL 86] Nouveau squat à Poitiers

Nouveau squat à Poitiers

Depuis le 22 janvier 2014, plusieurs familles en état de nécessité ont élu domicile dans un ancien hôtel de 36 chambres, inoccupé depuis 2001, appartenant à la Polyclinique de la Providence.

Ce soir, la propriétaire, la directrice de la polyclinique, s’étant sans doute aperçue de l’occupation a appelée la police. Cette dernière est arrivée vers 18h, a frappé, l’un des occupants leur a ouvert et les policiers sont rentrés. Les occupants leur ont dit qu’ils étaient chez eux et leur ont demandé de sortir. Les policiers sont retournés jusqu’à la porte puis une longue attente a commencé. La police a effectué un contrôle général d’identité puis au bout d’un long moment, a demandé à visiter. Les occupants ont refusé, leur ont redit qu’ils étaient chez eux et leur ont demandé de sortir. Les policiers sont ressortis jusqu’à la porte, ont discuté entre eux encore un long moment puis sont revenus et, malgré les protestations des habitants, ont visité tout l’immeuble. Un membre du Dal86 présent sur les lieux les a averti que c’était une violation de domicile mais rien n’y a fait, les policiers accompagnés de la police scientifique, ont tout visité, pris des photos et des empreintes et traces. Puis, ils ont cantonné les deux familles présentes sur les lieux sur un espace du rez-de-chaussée en fermant les portes et en leur interdisant le reste de l’immeuble, et sont partis à 19h20.

Nouveau squat donc mais limité illégalement par la police. Affaire à suivre puisque les occupants vont porter plainte pour violation de domicile contre elle.

Concernant le fond de l’affaire, suite à l’expulsion du squat de l’Etape, M. Séguy, secrétaire général de la préfecture, à déclaré au journal de France 3 Poitou-Charentes du 23 novembre dernier : « La volonté affichée par l’ensemble des pouvoirs publics c’est qu’effectivement il n’y ait plus de squats dans le département de la Vienne. » VOIR  Mais malheureusement cela ne voulait pas dire qu’il n’y aura plus personne à la rue, car le secrétaire général a continué en disant : « Ce type d’habitat présente beaucoup de risques pour ceux qui les occupent. Des problèmes d’insalubrité, des problèmes d’insécurité. Et puis par ailleurs, il n’est pas évidemment normal d’occuper de manière illégale des lieux qu’ils soient d’ailleurs publics ou privés. »

Nous répondons : Les squats existent parce qu’il y des gens à la rue, un 115 saturé et indigne, l’impuissance voire la mauvaise volonté de la préfecture face à la prise en charge de familles et de personnes en état de nécessité et parce qu’il y a des immeubles vides avec tout le confort comme cet hôtel 2 étoiles désaffecté depuis 2001, avec l’électricité et tout le matériel pour dormir, qui remplacerai avantageusement le Centre d’accueil d’urgence du 115, rue de Montbernage !

Au fond, après l’expulsion des squats l’automne dernier, il est clair que tous ceux qui ont été pris en charge, ont été dans une situation bien meilleure que celle qu’ils avaient l’année dernière. Mais il faut constater que leur situation était bien pire que lorsqu’ils vivaient dans les squats. Et elle s’est aujourd’hui gravement détériorée puisque la préfecture reprend malignement d’une main ce qu’elle a donné de l’autre. Le harcèlement, les intimidations, les déportations loin de Poitiers, les droits fondamentaux bafoués… la politique de la préfecture n’a pas changé et est donc claire : mettre les gens dans des situations d’injonctions paradoxales afin de les pousser à partir d’eux mêmes de Poitiers et de dissuader de venir ici ceux qui pourraient avoir envie de le faire.

D’abord, toutes les familles et personnes qui le nécessitaient, n’ont pas été prises en charge effectivement par la préfecture comme cela est prescrit par la loi : le gîte et l’hygiène bien sûr mais aussi le couvert et un accompagnement social digne de ce nom.

Ensuite, les personnes hébergées en hôtel n’ont pas été rapidement orientées vers des logements. N’oublions pas que la préfecture et le conseil général ont signé le Plan départemental pour le logement des personnes défavorisées qui préconise comme principe de base « le logement d’abord ».VOIR

De plus, nous avons appris que le financement fort cher – certainement 20 à 30 000 € par mois – des hôtels va s’arrêter dans quelques semaines. Que vont devenir ces familles et ces personnes ?

Le harcèlement policier et administratif n’a pas cessé : les OQTF n’ont pas été annulées, les titres de séjour de 6 mois, ou mieux de un an, pour tous, n’ont pas été délivrés, les contrôles incessants et les convocations à répétition au commissariat continuent et les assignations au TGI n’ont pas été annulées.

Le « 115 » n’a absolument pas changé ses pratiques scandaleuses. VOIR L’accueil en hébergement d’urgence relève de plus en plus de l’arbitraire et du discrétionnaire. Les structures effectuent une sorte d’écrémage assez honteux pour écarter les personnes sans titre de séjour et autres indésirables. Les conditions d’hébergement sont lamentables. Depuis que la Croix-Rouge gère l’hébergement d’urgence du centre de Monbernage, on constate un retour vers des pratiques d’un autre âge : promiscuité insupportable, ni droit à l’intimité avec un espace personnel, ni droit à vivre en famille. Et dernière chose, alors que la préfecture reconnaît qu’il y a 25 personnes à la rue chaque soir, le nombre de place : 25 va rester constant. De qui se moque-t-on ?

La préfecture n’a pas respecté scrupuleusement les lois et accueilli dignement toutes les personnes dans le besoin, et donc par la force des choses un squat s’est ouvert sur Poitiers pour pallier à ses manquements.

Les habitants des squats appellent à la solidarité. Faites un don pour les aider. Les habitants des squats ont toujours besoin de nourriture, de vêtements, de couvertures, d’ustensiles de cuisine, de meubles… Les habitants des squats sont aussi à la recherche de lieux, genre garages, pour stocker leurs meubles.

Chèques à l’ordre du DAL86 a envoyer à DAL86, Maison de la Solidarité, 22 rue du pigeon blanc 86000 POITIERS en précisant au dos « Squat Poitiers ».

DAL86dal86@free.fr – 06 52 93 54 44 / 05 49 88 94 56 Permanences : tous les samedis matin de 11h à 12h Maison de la Solidarité 22 rue du Pigeon Blanc Poitiers

Vu sur le site du DAL 86, 3 février 2014

[DAL 86] Carte d’identité d’Emil : La préfecture de la Vienne n’a pas le courage d’assumer les conséquences de ses actes

Carte d’identité d’Emil : La préfecture de la Vienne n’a pas le courage d’assumer les conséquences de ses actes

Cet après midi à 14h c’était la troisième fois que Dal86 appelait à venir soutenir Emil à qui la préfecture avait confisqué illégalement sa carte d’identité. En effet non contente d’indiquer une date de retenue volontairement falsifiée et des modalités de restitution extrêmement vagues, la préfecture a appliqué à un ressortissant européen une procédure qui ne le concernait absolument pas puisqu’elle ne concerne que des ressortissants de pays tiers. (Pour plus de précisions VOIR)

Ce lundi 20 janvier 2014 à 14h nous étions donc une dizaine de militants du Dal86, roumains, arménien, français…, et cinq policiers en tenue dont un commissaire… devant la préfecture pour accompagner Emil. Nous avons voulu comme la dernière fois y rentrer pour demander d’être reçus. Là, le commissaire nous a interdit l’entrée et nous a dit un peu gêné que, vu ce que nous avions écrit sur notre site et comme nous avions cité son nom, monsieur D’Argent, le directeur de la réglementation et des libertés publiques que nous avions vu la première fois, ne souhaitait pas nous recevoir.

Cela confirme une nouvelle fois, s’il en était besoin, la nature liberticide de l’Etat policier dans lequel nous vivons. On entend de plus en plus distinctement le bruit des bottes puisque non seulement les décisions administratives et de police priment sur les décisions d’une justice qui, il faut le reconnaître, n’est que très rarement en la faveur des plus fragiles et des plus démunis, non seulement, ici comme ailleurs, ces décisions administratives et de police ne sont même pas foutues de respecter les lois et les procédures, mais les hauts fonctionnaires qui sont chargés du sale boulot n’ont pas le courage d’assumer les conséquences de leurs actes et envoient la police, commissaire en tête, pour faire passer le message et se protéger.

Avec un mépris sans bornes, la préfecture de la Vienne continue sans faillir de s’acharner sur ceux qu’elle juge sans doute « indésirables », particulièrement les roms. Soyons vigilants, ne laissons pas faire, c’est une honte ! Et puis n’oublions pas, après eux ce sera nous !

RAPPEL : les quatre habitants de l’ex-squat des Glières qui ont obtenu des Autorisations Provisoires de Séjour de 3 mois sont convoqués à la préfecture mercredi 22 à 9h15 et 14h, jeudi 23 et vendredi 24.

Merci de diffuser massivement autour de vous.

DAL86 – dal86@free.fr – 06 52 93 54 44 / 05 49 88 94 56 Permanences : tous les samedis matin de 11h à 12h Maison de la Solidarité 22 rue du Pigeon Blanc Poitiers

Vu sur le site du DAL 86, 20 janvier 2013