Archives mensuelles : janvier 2012

[Nice] Nice neuf cent quatre-vingt-quatre

Estrosi (UMP) muscle encore le dispositif de sécurité publique à Nice

Le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, a annoncé jeudi soir le renforcement du dispositif de sécurité publique dans sa ville, l’une des plus vidéosurveillées de France, avec la future installation de « caméras nomades » et d’un système de « vidéosurveillance intelligente » (VSI).

L’élu a confirmé pour 2012 la mise en place de 125 nouvelles caméras, dont cinq nomades qui auront « pour objectif de répondre ponctuellement à des besoins conjoncturels » (dépôts sauvages d’ordures, dégradations dans un périmètre donné, etc.), a-t-on appris auprès de la mairie.

Le dispositif passera ainsi à 744 caméras à la fin 2012. Le procureur de la République de Nice, Eric de Montgolfier, s’est récemment interrogé sur l’utilité de ces caméras pour la justice, doutant de leurs Vertus préventives.

 

Concernant la VSI, un « progiciel » permettra « de détecter automatiquement et en temps réel, à partir de flux vidéo issus des caméras de vidéosurveillance, tout comportement +anormal+ », notamment la présence de colis suspects, d’un attroupement ou d’un mouvement de foule.

Une « Brigade d’intervention pour la tranquillité publique », constituée de policiers municipaux, va par ailleurs être créée – à effectif constant cependant -, consistant en une brigade spécialisée dédiée aux « atteintes à la tranquillité publique » (groupe bruyant au bas d’un immeuble par exemple). Elle sera opérationnelle courant février.

Enfin, le dispositif est complété par la mise en place d’un numéro de téléphone et d’un mail dédiés aux victimes d’agression, s’adressant notamment aux personnes âgées, handicapées et/ou isolées et permettant à la police municipale d’accompagner ces personnes dans leurs démarches (administratives, juridiques ou autres).

La police municipale de Nice, 5e ville de France, est la première du pays, avec 380 agents, soit un pour 610 habitants, contre 1 pour 1.400 à Lyon par exemple.

AFP, 20 janvier 2012

Répression « laïque » de gauche : le Parti socialiste fait plus fort que l’UMP et le Front national

Mieux que l’UMP qui voulait fliquer les mamans d’élèves voilées en sorties scolaires, le PS fait donc adopter au sénat le flicage des nounous voilées.

Nous considérons la religion comme un vecteur idéologique de la soumission à l’ordre établi, du fait qu’elle pose le principe d’une autorité indiscutable, d’une loi incontestable, et qu’elle nie la liberté humaine, c’est-à-dire la capacité à décider pour nous-mêmes de ce que nous jugeons juste. Et lorsque la religion diffuse ses idées sexistes, homophobes, anti-contraception et anti-avortement, comme c’est le cas de cette araignée d’André Vingt-Trois pas plus tard qu’hier soir qui conchie le mariage homo et prend la défense des embryons, nous sommes les premiers à gueuler « ni dieu ni maître ».

Cela dit, soyons très clair-e-s : notre lutte antireligieuse est une lutte contre la domination sociale réelle et contre tout ce qui la justifie. Aussi considérons-nous que ce n’est certainement pas par des interdictions ou de la répression étatique que la lutte anti-religieuse peut avancer. Bien au contraire, force est de constater qu’elle fait le lit des intégrismes religieux.

L’Etat ne recourt au prétexte d’une « laïcité » républicaine répressive, abstraite et interclassiste, en un mot citoyenniste, que pour diviser et stigmatiser les populations, et flouter les rapports réels de domination. Nous trouvons inquiétante cette surenchère xénophobe, dont droite et extrême-droite n’ont décidément pas le monopole. Entre les politicards « laïques » qui prétendent matraquer la liberté (d’obéir) à coups de discriminations, et les prolos qui prient le bon dieu de leur accorder une vie moins merdique, notre solidarité ira toujours aux second-e-s !

Groupe Pavillon Noir, 20 janvier 2012

Voir aussi ce communiqué :

aux structures privées de la petite enfance – Le Parti socialiste fait plus fort que l’UMP et le Front national

La sénatrice PRG Haute-Garonne Françoise Laborde a déposé une proposition de loi, reprise par le Parti Socialiste et votée ce 17 janvier par le sénat, qui vise à étendre l’obligation de neutralité aux structures privées de la petite enfance. C’est une loi d’exclusion insupportable car elle interdit certaines professions à une catégorie de citoyennes, en raison de leur appartenance religieuse. 

La loi de 1905 garantit la liberté de conscience et d’expression pour tous les citoyens quelle que soit leur religion ou non religion. Seuls les personnels de l’État sont soumis à l’obligation de neutralité. L’extension de cette obligation aux personnels des crèches privées, des garderies, des jardins publics et aux assistantes maternelles à domicile prétend légaliser l’interdiction de ces professions aux femmes musulmanes portant un foulard. 

Jamais une  telle obligation n’a été exigée à l’encontre des femmes portant des croix. Un arrêt du conseil d’État du 29 mai 2002 statue même que les religieuses travaillant dans les prisons ne peuvent être assimilées aux personnels de l’État, donc en aucun cas être soumises à l’obligation de neutralité (1).

La loi déposée par le PS au Sénat est une atteinte aux principes fondamentaux de la loi de 1905, à la liberté de conscience et d’opinion. Elle vise une catégorie de la population et une seule, les citoyennes musulmanes portant un foulard, confrontées  à une véritable chasse aux sorcières pour les exclure de l’espace public, social, et qui va jusqu’à les contrôler dans le privé.

Le PS, s’il arrive au pouvoir, compte-t-il organiser des brigades spéciales pour aller contrôler au domicile des assistantes maternelles comment elles s’habillent, ce qui orne les murs de leur maison ? Va-il partir à la chasse aux crucifix ou aux étoiles de David ? Contrôlera-t-il aussi les portraits de Staline ou de Chirac décorant leur appartement ?

Mamans Toutes Égales dénonce ce projet de loi scandaleux qui établit une catégorie de sous-citoyennes, qui n’ont pas les mêmes droits que les autres.

(1) Arrêt n° 235806 du 29 mai 2002 rendu par le Conseil d’État 
statuant 
au contentieux à la demande  du Syndicat pénitentiaire Force ouvrière demandant l’annulation pour excès de pouvoir du décret n° 2001-427 du 18 mai 2001, relatif à l’attribution d’une prime […] à certains personnels […] de l’administration pénitentiaire […] les surveillants congréganistes.

Communiqué de presse Mamans Toutes Égales, 17 janvier 2012

Anonymous riposte à la fermeture de Megaupload

#OpMegaupload : la riposte d’Anonymous

Plus de doute possible. Anonymous est bien en train de lancer en ce moment une offensive d’envergure sur de nombreux sites institutionnels et de défenseurs du copyright pour réagir à la fermeture de Megaupload.

L’action est massive, des sites comme Universalmusic.com, UniversalMusicMagazine.com, MPAA.org, RIAA.org, Justice.gov , whitehouse.gov, et de nombreux autres sites de l’industrie culturelle ou des institutions américaines ayant provoqué l’arrestation du staff de Megaupload sont la cibles d’attaques par déni de service. Le site HADOPI.fr devrait également essuyer une offensive d’Anonymous.

Les canaux IRC d’Anonymous (irc.anonops.li) sont en effervescence, pas autant que pour l’opération qui a suivi la publication des cables diplomatiques par Wikileaks, mais quand même… Le canal principal de l’opération a été baptisé sobrement #opmegaupload. Anonymous a décidé de faire dans l’efficace, et ça fonctionne, de nombreux sites sont déjà indisponibles.

Reflets, 19 janvier 2012

[Civaux] Fuite de tritium à la centrale

Fuite de tritium à la centrale de Civaux

 Une concentration anormale de cet effluent radioactif a été mesurée dans la nappe phréatique située sous le site. Des investigations sont en cours.

La centrale nucléaire de Civaux a rejeté 29,84 milliards de becquerels en 2011.

 

La centrale nucléaire de Civaux a rejeté 29,84 milliards de becquerels en 2011. – (Photo Patrick Lavaud).

Une concentration de 540 becquerels par litre quand la valeur attendue doit être inférieure à 10 Bq/l : le résultat des mesures de tritium réalisées dans la nappe phréatique située dans le sous-sol de la centrale nucléaire de Civaux, vendredi, peut raisonnablement paraître inquiétant. La direction du site EDF qui a publié ces chiffres sur son site Internet et informé l’Autorité de sûreté nucléaire de l’incident s’efforce toutefois de le relativiser : « L’eau de cette nappe ne fait l’objet d’aucun usage direct, ni pour l’eau potable ni pour les besoins agricoles », précise son communiqué en ajoutant que cette concentration en tritium « représente l’équivalent de la radioactivité naturelle intégrée par une personne séjournant pendant un mois à 1500 m d’altitude ». Elle serait en outre « quinze fois inférieure au seuil de potabilité de l’eau fixé à 7800 Bq/l par l’OMS ».

«  Il y a eu défaut de maîtrise  »

Il n’empêche que la présence de tritium dans le sous-sol de Civaux interroge. « Il faut arrêter ces comparaisons avec des séjours en montagne ; normalement, il ne devrait rien y avoir dans la nappe », s’inquiète Roland Caigneaux, le représentant de l’association Vienne Nature au sein de la commission locale d’information de la centrale. « Nous demandons des explications. Ce qui pose problème, c’est qu’il y a eu défaut de maîtrise. »
De son côté, EDF précise que « des investigations sont en cours pour déterminer l’origine de l’écoulement de tritium et pour s’assurer de l’étanchéité de la cuvette de rétention associée aux réservoirs de stockage d’effluents ». Le tritium qui est produit lors du fonctionnement des réacteurs nucléaires est en effet stocké dans six réservoirs métalliques de 750 m3 chacun avant d’être dilué puis rejeté avec les autres effluents radioactifs dans la Vienne, en fonction du débit de la rivière.
« La concentration de tritium en elle-même n’est pas importante ; le fait qu’il y ait une fuite quelque part est plus gênant », admet Emmanuel Pedrono, le responsable de la communication du site. « Nous avons des suspicions fortes sur les vannes d’un circuit qui pourraient être défectueuses. Le tritium est composé de petites molécules qui passent même à travers le béton. »
Le représentant d’EDF ajoute que les mesures de contrôle effectuées dans les puits de contrôle voisins ainsi que dans la Vienne en aval de la centrale n’ont relevé aucune augmentation de la concentration en tritium.

en savoir plus

La centrale de Civaux produit environ 50 milliards de becquerels (TBq) par an, en fonction de la production d’énergie. Avec une unité à l’arrêt pendant 4 mois, l’année 2011 a connu une production inférieure aux précédentes : les rejets de tritium liquide ont été de 29,84 TBq, soit 37 % de la limite réglementaire fixée à 80 TBq par an.

Nouvelle République, Baptiste Bize, 20 janvier 2012

màj :

86 –  Civaux : l’origine de la fuite de tritium identifiée

20/01/2012 13:56 – nouvelle république

La direction de la centrale nucléaire de Civaux a fait savoir, ce midi, que l’origine de la fuite de tritium avait été identifiée, hier après-midi.« Il s’agit d’une vanne non-étanche sur un réservoir de stockage d’effluents radioactifs ayant entraîné un écoulement au goutte-à-goutte d’eau contenant du tritium », précise le service communication d’EDF. « Des travaux ont été engagés ce vendredi matin pour collecter préventivement l’ensemble des égouttures qui viendraient des réservoirs de stockage d’effluents. » Un prélèvement réalisé dans un puits de contrôle de qualité des eaux souterraines, vendredi 13 janvier, avait révélé une concentration en tritium de 540 Becquerel par litre dans la nappe phréatique située sous la centrale nucléaire de Civaux, alors que la valeur attendue pour ce type d’analyse est de l’ordre de 8 Bq/l. Le tritium est un élément radioactif produit lors de l’exploitation des centrales nucléaires. Il est stocké sur site, dans de grands réservoirs prévus à cet effet, avant d’être rejeté dans la Vienne.

Derrick Jensen – Vingt prémisses

Derrick Jensen – prémisses

Paul Signac, Au temps d’anarchie, 1895

Prémisse 1: la civilisation n’est pas et ne pourra jamais être soutenable (ndlt: durable). Et c’est spécialement vrai pour la civilisation industrielle.

Prémisse 2: la plupart du temps, les communautés traditionnelles ne donnent pas leurs ressources dont elles dépendent de leur propre volonté, à moins qu’elles en soient réduites à ça parce qu’elles ont été détruites. Elles n’accepteront pas non plus que leurs terres soient détériorées pour que d’autres ressources, comme le pétrole, l’or, etc, puissent être extraites. Ceux qui convoitent ces ressources vont donc faire en sorte de détruire ces communautés pour arriver à leurs fins.

Prémisse 3: notre train de vie, celui induit par la civilisation industrielle, requiert, parce que c’est son fondement, une violence persistante et très répandue sans laquelle elle s’effondrerait rapidement.

Prémisse 4: la civilisation est basée sur hiérarchie clairement définie et largement acceptée, mais dont les rouages restent cependant confus. La violence perpétrée par ceux en haut de la hiérarchie sur ceux qui sont en bas est souvent presque invisible, ce qui fait qu’on ne la remarque pas. Si elle est remarquée, elle est très rationalisée. La violence provenant de ceux qui sont en bas de la hiérarchie vers ceux qui sont en haut est impensable, et quand elle arrive on se montre choqués, horrifiés, et les victimes sont fétichisées.

Prémisse 5: la propriété de ceux qui sont en haut de la hiérarchie a plus de valeur que la vie de ceux qui sont en bas. Il est accepté que ceux qui sont au-dessus agrandissent les propriétés qu’ils contrôlent, autrement dit qu’ils fassent de l’argent, en prenant possession, en détruisant la vie de ceux qui sont en dessous. C’est que l’on appelle la production. Si ceux qui sont en dessous attaquent la propriété de ceux au-dessus, ces derniers peuvent tuer ou détruire de quelle que manière que ce soit la vie de ces premiers. C’est ce que l’on appelle la justice.

Prémisse 6: de la civilisation, il n’y a rien à tirer. Cette culture n’assumera pas de transformation volontaire, quelle qu’elle soit, vers un train de vie sensé et durable/viable. Si nous ne faisons rien pour stopper ça, la civilisation continuera de maintenir la majeure partie des humains dans la pauvreté et de détruire la planète jusqu’à l’effondrement et de la civilisation et probablement de la planète. Les effets de cette destruction affecteront les humains et les autres créatures vivantes sur un très long terme.

Prémisse 7: plus nous attendons la chute de la civilisation, ou plus nous attendons avant de le faire nous-mêmes, plus cette chute sera erratique, et ceux qui auront à l’affronter et qui lui succéderont en souffriront le plus.

Prémisse 8: les besoins du monde naturel sont plus importants que les besoins économiques. Une autre façon de formuler ce prémisse: tout système économique ou social qui ne bénéficie pas aux communautés naturelles sur lesquelles il repose n’est pas viable, qui plus est, il est immoral et stupide. La viabilité, la moralité et l’intelligence (ou justice) requièrent le démantèlement de tels systèmes, ou au moins l’interdiction de détruire votre territoire.

Prémisse 9: bien qu’il soit clair qu’un jour il y aura bien moins d’humains qu’à présent, cette réduction peut se passer de bien différentes façons (ou être atteinte, tout dépend du point de vue, si c’est un objectif ou une fatalité). Cela peut se passer extrêmement violemment: une catastrophe nucléaire, par exemple, réduirait et la population et la consommation, dans l’horreur, c’est sûr; ce serait la même chose si on persiste dans un plantage pour bien s’écraser. D’autres façons peuvent être moins violentes. Vu le degré de violence actuelle perpétré sur les humains et le monde naturel par cette culture, on ne peut pas parler de réduction de la population et de la consommation qui ne soit pas violente et n’entraîne pas de privation, non parce que les réductions en elles-mêmes entraîneraient de la violence, mais parce que la violence et la privation sont les défauts de cette culture. Cependant certaines façons de réduire la population et la consommation, bien que toujours violentes, consisteraient à faire baisser les niveaux actuels de violence, causés par les extractions (souvent forcées), de ressources du pauvre vers le riche, et seraient bien sûr marquées par une réduction de la violence actuelle contre le monde naturel. Il est possible pour nous, à un degré personnel et collectif, de réduire la violence de ce genre de réductions, ce qui induirait un glissement continu et à long terme. Ou cela ne nous est peut-être pas possible. Mais ce qui est plus que certain, c’est que si nous ne nous y mettons pas activement, ou si nous n’en parlons pas, ni ne décidons quoi faire pour régler cette situation problématique, la violence en sera d’autant plus sévère et la privation bien plus radicale.

Prémisse 10: la culture dans son ensemble ainsi que tous ces membres sont insensés. La culture est guidée par une pulsion de mort, une pulsion de destruction du vivant.

Prémisse 11: depuis le début, cette culture – cette civilisation – a été une culture d’occupation.

Prémisse 12: il n’y a pas de gens riches dans le monde, pas plus qu’il n’y a de pauvres. Il y a juste des gens. Les riches ont plein de bouts de papier dont beaucoup prétendent que ça a de la valeur, ou ces présumés richesses peuvent être encore plus abstraites: des chiffres dans des disques durs bancaires, et les pauvres n’en ont pas. Ces « riches » affirment qu’ils possèdent le territoire, et les « pauvres » se voient privés du droit de formuler de telles affirmations. Le but premier de la police est de renforcer les illusions de ceux qui ont les bouts de papier. Ceux qui n’en ont pas généralement vont adhérer à ces illusions aussi rapidement et totalement que ceux qui en ont. Ces illusions entraînent des conséquences radicales dans le monde réel.

Prémisse 13: ceux qui sont au pouvoir dirigent par la force, et plus vite nous briserons notre illusion du contraire, et plus vite nous pourrons au moins commencer à prendre des décisions raisonnables sur le moment où et la façon dont nous allons nous mettre à résister.

Prémisse 14: depuis notre naissance, et probablement de notre conception, mais je ne sais pas comment je pourrais en faire cas, nous sommes individuellement et collectivement soumis à un processus d’enculturation (i.e. de transmission par la culture) qui entretient en nous une haine du vivant, une haine de nos corps, une haine et une peur de nos émotions, une haine de nous-mêmes. Si nous ne haïssions pas le monde, nous ne pourrions pas le laisser être détruit sous nos yeux. Si nous ne nous haïssions pas nous-mêmes, nous ne laisserions pas nos terres et nos corps être empoisonnés.

Prémisse 15: amour ne veut pas dire pacifisme.

Prémisse 16: le monde matériel est primordial. Cela ne signifie pas que l’esprit n’existe pas, ni que le monde matériel seul existe. Cela veut dire que l’esprit est mêlé à la chair. Cela signifie aussi que les actions dans le monde réel ont de réelles conséquences. Cela signifie que l’on ne peut pas compter sur Jésus, Santa Claus, notre Mère à tous, ou même les cloches de Pâques pour nous sortir de ce pétrin. Cela signifie que ce pétrin existe bien, il n’est pas juste le mouvement des sourcils de Dieu. Cela signifie que nous avons à nous sortir de ce pétrin. Cela signifie que le temps que quand nous sommes sur Terre, qu’il y ait quelque chose ou non après la mort, et que cette vie nous condamne ou nous privilégie, c’est la Terre qui compte.. C’est primordial. C’est chez nous. C’est tout ce qu’on a. C’est stupide de penser ou agir comme si ce monde n’est pas réel ou primordial. C’est stupide et pathétique de ne pas vivre nos vies comme étant nos vies réelles.

Prémisse 17: c’est une erreur (ou plus exactement un déni) de baser nos décisions sur la façon dont les actions qui en découlent vont effrayer les bien-pensants ou la foule américaine.

Prémisse 18: notre perception actuelle de nous-mêmes n’est pas plus viable que notre actuelle façon d’utiliser l’énergie ou la technologie.

Prémisse 19: le problème de la culture réside par dessus tout dans la croyance que contrôler et abuser du monde naturel est justifiable.

Prémisse 20: au sein de cette culture, l’économie, et non le bien-être communautaire, la morale, l’éthique la justice, ou la vie elle-même, dirige les décisions d’ordre social.

Modification du Prémisse 20: les décisions sociales sont déterminées de prime abord (et souvent exclusivement) par leur propension à augmenter la fortune monétaire des décideurs et de ceux qui les servent.

Re-modification du Prémisse 20:les décisions sociales sont déterminées de prime abord (et souvent exclusivement) par leur propension à augmenter le pouvoir des décideurs et de ceux qui les servent.

Re-modification du Prémisse 20: les décisions sociales sont fondées de prime abord (et souvent exclusivement) sur une croyance jamais remise en question, que les décideurs et ceux qui les servent sont habilités à amplifier leur pouvoir et/ou puissance financière aux dépends de ceux en dessous.

Re-modification du Prémisse 20: si vous creusez jusqu’au cœur de tout ceci, s’il y reste encore du cœur, vous trouverez que les décisions sociales sont déterminées de prime abord par leur propension à servir les fins de contrôle et de destruction de la nature sauvage.

Endgame (pp.IX-XII), Derrick Jensen (traduit en français par Les Lucindas)

Derrick jensen Café