Archives mensuelles : janvier 2012

Parisot, ennemie de classe

Nous reproduisons ici un article AFP relatant la stratégie de la patronne des patrons, en soulignant quelques propos significatifs de la guerre de classe que mène de plus en plus impunément le patronat, sous prétexte de « crise ».

Faire « sans complexe » le « travail nécessaire » de « compétitivité psychologique » pour devenir « les leaders » par la baisse du « coût de production », tout en recherchant le « compromis » pour « éviter le conflit »… traduction : nous patrons, devons nous organiser pour écraser et exploiter encore plus les salarié-e-s, en recourant à la pression manageriale sans chichi, tout en graissant la patte aux grandes centrales syndicales pour désamorcer toute velléité de résistance des esclaves.

Voilà une déclaration de guerre en effet sans complexe. Il n’y a pas de quoi se gêner, vus les litres de vaseline fournis par les professionnels des centrales syndicales vivant des compromis et de la compromission, qui ont coulé le mouvement contre la réforme des retraites.

Tous ces coquins qui s’empiffrent sur notre dos ne redoutent donc, et ne méritent, qu’une seule chose : la lutte de classe, la vraie. Faisons donc de 2012 une belle année de colère, de sabotage, de grève et d’occupation contre ces exploiteurs. D’auto-organisation, d’expropriation et de révolution  sociale, pour réinventer un monde qui soit enfin le nôtre.

Compétitivité française: « Ce qui manque le plus, c’est le mental », selon Parisot

La présidente du Medef Laurence Parisot a affirmé dimanche que le déficit de compétitivité de la France face à l’Allemagne avait une composante psychologique, en regrettant les complexes de certains industriels face à leurs rivaux d’outre-Rhin.

Aux différentes composantes de la compétitivité, il faudrait en rajouter une autre, « la compétitivité psychologique« , a souligné la dirigeante de la principale organisation patronale française, invitée de l’émission « Internationales » de RFI/TV5Monde/Le Monde.

« Il me semble que ce qu’il nous manque le plus aujourd’hui, c’est cette dimension mentale, c’est de dire que nous allons faire le travail nécessaire pour que nous soyons de nouveaux les leaders« , a regretté Mme Parisot.

Elle n’a pas récusé le terme de « complexe » utilisé par un journaliste et a souligné que la France pouvait faire « aussi bien, même beaucoup mieux ».

Si la France souffre d’un « coût de production beaucoup plus élevé que celui de l’Allemagne« , elle bénéficie désormais d’un crédit impôt-recherche « le plus attractif au monde », a-t-elle fait valoir. Elle a aussi noté qu’une étude récente montrait les progrès réalisés par les industriels français en matière de contenu technologique de leurs produits.

Redresser la compétitivité est une tâche de longue haleine, a-t-elle fait valoir. L’Allemagne, « gagnante aujourd’hui », a engagé ce travail dès 2003, a-t-elle noté.

Pour Mme Parisot, « la principale différence de culture (entre les deux pays) est la capacité qu’ont les Allemands à rechercher le compromis et à éviter le conflit« . « Ils ont une volonté de trouver au final une position commune. C’est cela qui parfois nous manque », a-t-elle regretté.

AFP, 9 janvier 2012

[Clermont] Chape de plomb sécuritaire sur la colère populaire

Nuit moins tendue à Clermont-Ferrand, 3 interpellations, quelques voitures brûlées

Trois personnes ont été interpellées et quelques voitures ont été brûlées à Clermont-Ferrand dans la nuit de dimanche à lundi, au cours de laquelle le niveau de vandalisme « a été nettement inférieur aux nuits précédentes », grâce notamment à un dispositif de sécurité renforcé, selon la préfecture.

Des personnes défilent le 7 janvier 2012 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) en soutien à un homme de 30 ans arrêté de façon "musclée" la nuit du réveillon et dans le coma depuis.

Des personnes défilent le 7 janvier 2012 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) en soutien à un homme de 30 ans arrêté de façon « musclée » la nuit du réveillon et dans le coma depuis.

 

Le nombre de voitures brûlées est « bien inférieur à une dizaine », selon la même source, qui n’a pas donné de chiffre précis.

Dans la nuit de samedi à dimanche, une trentaine de véhicules étaient partis en fumée, soit le double de la nuit précédente. Six personnes avaient été interpellées et placées en garde à vue. Celles-ci ont été prolongées dimanche soir.

Face aux dégradations, qui durent depuis quatre nuits, le préfet du Puy-de-Dôme, Francis Lamy, avait averti qu’il ne laisserait « pas s’installer de zone de non-droit à Clermont-Ferrand ».

Dimanche, le dispositif de sécurité a donc été considérablement renforcé: 250 hommes étaient prévus sur le terrain, mais « on est monté au cours de la nuit jusqu’à 420 », épaulés par deux hélicoptères, selon la préfecture.

Ces événements font suite à l’interpellation « musclée » durant la nuit de la Saint-Sylvestre d’un homme de 30 ans. Très excité, d’après les forces de l’ordre, il s’en était pris aux policiers, lançant des projectiles sur leur véhicule.

Après une course-poursuite, il avait été plaqué au sol, menotté puis conduit au commissariat. Il est tombé dans le coma après un malaise cardiaque durant son transport. Il n’avait pas d’antécédents médicaux. Il présentait des fractures et des lésions au cou lors de l’arrivée des secours.

Une information judiciaire pour coups et blessures volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique a été ouverte vendredi par le parquet de Clermont-Ferrand, visant deux fonctionnaires de police qui ont procédé à l’arrestation.

AFP, 9 janvier 2012

[Vellèches – Dangé-Saint-Romain] Vent de colère contre les éoliennes

Vents contraires autour d’un projet éolien

La société Énergie Team étudie le projet d’un parc éolien à Dangé-Saint- Romain et Vellèches. Des opposants viennent de créer une association.

Dominique Baron devant le terrain où doivent être implantées certaines éoliennes.

Dominique Baron devant le terrain où doivent être implantées certaines éoliennes. –

C’est un plateau qui domine le hameau de La Ronde, 300 mètres en contrebas. Ici pourraient bientôt être implantées plusieurs éoliennes. Sauf que Dominique Baron, l’un des propriétaires sollicité par la société Energie Team qui mène le projet, refuse le bail qu’on lui propose. Et mène désormais une fronde ouverte. « Il y a trente ans, on a déjà eu l’autoroute. Aujourd’hui, il n’est pas question d’avoir ça en face de chez moi. »

Très remonté, il a déjà effectué une visite à Coulonges-Thouarsais, là où viennent d’être installées une vingtaine d’éoliennes. « Ils sont tous déçus. Le bruit est insupportable et leurs maisons ont perdu de la valeur. »

Cinq éoliennes ou plus ?

Du côté d’Énergie Team, société française implantée dans la Somme, on ne veut surtout pas inquiéter la population. « On n’en est qu’à la prise de contact, relativise Adeline Gauthier, chargée des projets éoliens. L’accueil est plutôt favorable et nous ne ferons pas le projet sans l’accord des conseils municipaux, même si la loi ne nous y oblige pas. »
D’ailleurs, argumente-t-elle, le projet ne serait pas du tout ficelé et le nombre d’éoliennes pas déterminé même s’il sera « au minimum de cinq comme nous l’impose la loi Grenelle 2 ».
Pourtant, lors de la présentation qu’il en a eu le 24 mai, le conseil municipal de Dangé a reçu des chiffres très précis : trois éoliennes sur Vellèches, deux sur Dangé pour une hauteur globale de 100 à 110 mètres. Même le loyer que percevront les propriétaires est indiqué : 4.200 €/an.
Déjà, le 5 avril dernier, le conseil municipal de Vellèches a approuvé la création du parc (1). « Il n’y a rien de lancé, explique Michel Besson, le maire. Tout le monde a le droit d’être pour ou contre. De toute façon, il y aura une enquête publique. » Et plusieurs propriétaires auraient donné leur accord. Les conseillers dangéens seraient plus circonspects.
Reste que les opposants ne comptent pas en rester là. Quatre d’entre eux, dont Dominique Baron, viennent de créer une association au nom bien choisi : « Vent de colère à Vellèches » (2). Ce soir à Vellèches, à l’occasion de la première réunion du comité de pilotage où sera présenté le projet, ils comptent bien faire entendre leur voix.

Nouvelle République, Laurent Gaudens, 9 janvier 2012

[Civaux] Nucléaire = chiens, caméras, grillages, tazers et sanctions

Sécurité renforcée à la centrale de Civaux

De nouvelles mesures sont mises en place pour assurer la sécurité du site nucléaire après les intrusions de militants de Greenpeace.

 
Les grillages seront renforcés et de nouvelles caméras de surveillance seront installées.

 

Les grillages seront renforcés et de nouvelles caméras de surveillance seront installées. – (Photo NR, Laurent Favreuille)

Des équipes cynophiles patrouillent jour et nuit, depuis quelques jours, dans l’enceinte de la centrale nucléaire de Civaux. Sans attendre les annonces officielles de Claude Guéant, avant-hier, à Chinon, le renforcement des mesures de sécurité a été mis en place de manière effective sur le terrain. La réponse des autorités aux défaillances du dispositif mises en lumière lors de l’intrusion de militants de Greenpeace dans les sites de Nogent-sur-Seine et Cruas, le 5 décembre dernier.

Des Taser pour les gendarmes

Le plan dévoilé par le ministre de l’Intérieur prévoit aussi le renforcement des grillages de clôture et l’installation de nouvelles caméras (dont le nombre devrait passer de 300 à 400 par site) pour parfaire le système de vidéosurveillance des centrales. « Ces travaux seront rapidement engagés », précise Emmanuel Pedrono, le responsable de la communication de la centrale Civaux.

Les 40 membres du peloton spécialisé de protection de la gendarmerie (PSPG), unité qui assure la sécurité du site de la Vienne depuis 2009, vont par ailleurs être prochainement équipés de pistolets à impulsion électrique Taser. « L’objectif est d’être davantage dissuasif contre les intrusions », ajoute le représentant d’EDF. Les éventuels intrus n’auront ainsi pas besoin d’être « tirés à vue », pour reprendre la formule utilisée par le ministre de l’Industrie sur Tweeter ; ils pourront néanmoins être neutralisés.

À Civaux, EDF s’interroge sur les sanctions que la justice prononcera contre les militants de Greenpeace qui doivent être jugés les 20 et 24 janvier prochains. « Il n’en coûte pas grand chose de s’introduire dans une centrale nucléaire », déplore Emmanuel Pedrono. Le souci est partagé par le ministre de l’Intérieur qui a évoqué, vendredi, un renforcement des sanctions pénales pour les auteurs d’intrusion.

Pour le reste, le responsable de la communication précise que toutes les mesures du nouveau dispositif de sécurité ne peuvent pas être dévoilées. Et ce, pour des raisons de sécurité.

Nouvelle République, Baptiste Bize, 8 janvier 2012

[Saint-Denis] Manif antifasciste contre la venue de Marine Le Pen

Compte rendu de la manifestation anti-FN à Saint-Denis.

Nous avons défilé ce dimanche, de la basilique de Saint-Denis, jusqu’au site Docks Pullman-Eurosites, lieu où se sont réunis Marine Le Pen et ses militants/sympathisants pour célébrer l’épiphanie. Quelques militants de la FA étaient présents, dont le groupe Regard Noir dans son intégralité.

Cette venue du Front National dans un quartier aussi populaire que métissé est inacceptable. Ce sont quelques 500 manifestants qui sont allés jusque devant les grilles du lieu. Arrivés là, l’accès étant bloqué par les forces de l’ordre, une très large partie de la manifestation a décidé de bloquer tous les arrivants voulant accéder au rassemblement du FN.

Ce que tous les médias nomment « incidents », nous les concevons comme une nécessité, la lutte antifasciste étant un élément essentiel à la constitution d’une société égalitaire.

La FN n’est pas un Parti au discours social, il est l’héritier d’une pensée raciste, stigmatisante et xénophobe.

Pas de fachos dans nos quartiers et pas de quartiers pour les fachos !

Groupe Regard Noir, Fédération Anarchiste, 8 janvier 2012

ndPN : Voir aussi des photos de la manif sur La cause du peuple

et l’article de l’AFP :

Manifestation anti-FN à Saint-Denis contre la venue de Marine Le Pen

Des centaines de personnes ont manifesté dimanche après-midi à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) contre la venue de la candidate du Front national à la présidentielle 2012 Marine Le Pen.

La préfecture de police a dénombré 350 manifestants, les organisateurs faisant état de 500 personnes.

Certains partisans du FN ont essuyé des crachats et des insultes, d’autres ont dû rebrousser chemin et emprunter une autre entrée, leur route étant barrée par les anti-FN. En outre, des projectiles ont été lancés par les manifestants en direction des forces de l’ordre et une journaliste reporter d’images a été légèrement blessée à cette occasion.

Marine Le Pen avait prévu de tirer les rois avec les militants du Front national à partir de 15h30 dans une salle située aux Docks de Paris, au sud de cette commune populaire de la banlieue parisienne. Ce meeting a été légèrement retardé, débutant peu après la dispersion de la manifestation dans le calme vers 15H45.

Cette venue de Marine Le Pen « est une véritable provocation » estiment les organisateurs de la manifestation, le collectif dionysien contre le Front national et l’extrême-droite, qui regroupe des partis politiques (PS, PCF, NPA…), des associations (Ras l’front, MRAP…) et des syndicats (Snuipp, CGT…).

« Les valeurs portées par le FN ne sont pas celles portées par la ville, qui sont des valeurs de solidarité, de mélange. Le FN n’a pas sa place ici », a dit à l’AFP Bally Bagayoko, adjoint au maire de Saint-Denis en charge de la jeunesse, présent en tête de cortège.

« On estime que le FN n’est pas un parti comme les autres. Il y a une banalisation des idées de Marine Le Pen, qui attirent de plus en plus de voix, y compris dans nos quartiers populaires. Notre objectif est aussi de mieux faire connaître le FN pour déconstruire son programme », a renchéri Agnès Cluzel, membre du collectif et militante du PCF.

Le cortège s’est ébranlé peu après 12H00 dans le centre de Saint-Denis, derrière une banderole proclamant « Pas de fachos dans nos quartiers », aux cris de « Marine Le Pen, dégage, Saint-Denis n’est pas à toi » ou de « F comme fasciste et N comme nazi ».

Arrivés vers 14H45 devant le lieu où doit se tenir le meeting de Marine Le Pen, protégés par un important dispositif policier, les manifestants ont tendu une banderole « FN dégage ».

AFP, 8 janvier 2012