Archives mensuelles : février 2012

[Saint-Denis] Immolation par le feu d’une femme sdf

Une femme sans logement tente de s’immoler par le feu

C’est un fait divers qui dit jusqu’où peut aller le désespoir des personnes qui n’ont plus de domicile fixe, notamment quand leur situation de précarité dure.

Une femme, en butte à des problèmes de logement, a tenté de s’immoler par le feu mercredi après-midi dans le hall de la mairie de Saint-Denis, en région parisienne.

Agée d’une quarantaine d’années, cette mère de famille qui est hébergée par le 115 (le numéro d’urgence des sans-abris)  demandait un logement stable. En vain.  En Ile-de-France plus de 400 000 ménages attendent l’attribution d’un HLM.

Vers 15h00 la jeune femme a pénétré dans le bâtiment communal, s’est aspergée d’essence et a allumé un briquet. Des gens présents dans le hall -personnel d’accueil,  agents de sécurité, administrés de passage…-, sont intervenus.

Mais ses blessures sont extrêmement graves: elle est brûlée à 80% et le pronostic vital est engagé.

« Son acte désespéré crie l’urgence de mesures en faveur du droit à l’hébergement et au logement » affirme dans un communiqué la mairie de Saint-Denis, qui demande la « réquisition immédiate de logement vides publics et privés ».

La commune affirme qu’elle a un taux de HLM de 45%, et qu’elle continue à construire beaucoup.  Sous entendu: elle ne peut pas tout faire à elle seule, alors qu’une crise du logement particulièrement aïgue sévit en région parisienne.

Le communiqué de la Ville de Saint-Denis, souligne qu’« il est urgent que les communes qui refusent le logement social soient lourdement sanctionnées financièrement et contraintes par l’Etat à accepter les constructions indispensables ».

En octobre 2011, une femme âgée de 68 ans, également en butte à des difficultés de logement avait tenté de s’immoler par le feu devant l’Elysée au moment où se tenait le Conseil des ministres. Une policière était intervenue à temps et la dame n’avait pas été brulée.

Libération, Tonino Serafini, 15 février 2012

Voir aussi l’article du Jura Libertaire

[86] Ca grogne dans l’éducation (suite)

Pourquoi profs et élèves ont séché le collège Descartes

Enseignants, élèves et parents ont fait l’école buissonnière, mardi après-midi, pour protester contre la surcharge de classes prévue à la rentrée.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Enseignants, parents et élèves demandent le maintien des 7 classes en 6e et 5e

Zéro pointé. C’est la note qu’auraient pu donner les enseignants, élèves et parents d’élèves du collège Descartes (*) à l’Inspection académique, accusée de surcharger les classes pour la rentrée prochaine et « de dégrader les conditions d’apprentissage des élèves ».

«  C’est impossible d’enseigner dans ces conditions !  »

Du coup, ils ont séché le conseil d’administration de mardi après-midi en signe de protestation, laissant en plan la direction, le personnel qualifié, les représentants de la municipalité et du conseil général. « On n’est pas d’accord avec le nombre de classes données en 6e et 5e qui fait qu’on aura plus de 29 élèves par classe », vitupère Jacques Arfeuillère, professeur de fançais. Le collège compte, cette année, 7 classes de 6e (avec une moyenne de 25 élèves) et autant de classes en 5e (avec une moyenne de 28 élèves). Or, d’après les chiffres communiqués par les enseignants mécontents, on supprimerait deux classes (une en 6e et une autre en 5e) à la rentrée prochaine, ce qui gonflerait les effectifs : 29,3 en moyenne dans les 6 classes de 6e et 29,2 dans les 6 classes de 5e. « On remplit les classes au maximum. Mais c’est impossible d’enseigner dans ces conditions-là. Cette surcharge contraint à renoncer à certaines actions en direction des élèves et empêche d’apporter le soutien nécessaire aux élèves les plus en difficulté », martèlent les enseignants qui regrettent que le – moindre – nombre de dérogations serve de variable d’ajustement aux effectifs pour justifier la fermeture de classes(s).

La bonne note : ouverture d’une classe de 3e

Seule bonne note de l’Inspection académique : l’ouverture d’une classe de 3e. Peut mieux faire, ironiseront les protestataires qui invitent l’Inspection académique à revoir sa copie (dans l’optique d’un rendez-vous qu’ils ont sollicité) avec ce sujet de dissertation : « Il nous faudrait la création de neuf postes et 100 heures de plus. Pour en arriver là, nous sommes partis des besoins et nous avons mis des heures d’enseignement en face de ces besoins. » Un discours et une méthode à méditer : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée. »

(*) Le collège Descartes compte cette année 715 élèves. Prévisionnel à la rentrée : 718.

Nouvelle République, Denys Frétier, 16 février 2012

Le lycée pilote veut garder sa filière technologique

Des slogans accrochés aux grilles du rectorat contre la fermeture d'une section au lycée de Jaunay-Clan (LP2I).

 

Des slogans accrochés aux grilles du rectorat contre la fermeture d’une section au lycée de Jaunay-Clan (LP2I).

Parents, élèves et enseignants du lycée pilote innovant international (LP2I) de Jaunay-Clan sont mobilisés pour conserver sa dernière filière technologique que le rectorat veut fermer à la rentrée. « On avait sauvé cette section STI2D (sciences et technologies de l’industrie et du développement durable), l’an dernier, en proposant que les élèves suivent les cours du tronc commun chez nous et les cours spécifiques au lycée Louis-Armand, explique Antoine Coutelle, un professeur. Cette fois, on veut carrément la fermer, alors que c’est une voie qui permet à des élèves en difficulté de réussir, et que le ministère développe ces sections ailleurs. » Plus largement, c’est la philosophie même de leur lycée qu’ils défendent : « Il a été construit en même temps que le Futuroscope, justement pour qu’on y enseigne les nouvelles technologies. Le transformer en lycée général est totalement contradictoire avec son histoire. » Ils étaient une trentaine, hier, pour protester devant les grilles du rectorat où une délégation a été reçue. « Nous avons pu développer nos arguments, a expliqué l’une des participantes. On attend une réponse qui rassurerait les élèves intéressés par cette section, donc avant notre journée portes ouvertes, le 17 mars. »

Nouvelle République, 16 février 2012

[Saint-Savin – 86] Espoir pour 8 ex-Aubade contre Calida

Aubade : le licenciement économique remis en cause

Saint-Savin. Le tribunal administratif pourrait remettre en cause le licenciement pour motif économique de huit salariées protégées de l’entreprise Aubade.

Les salariées d'Aubade continuent à se battre.

 

Les salariées d’Aubade continuent à se battre.

A quelques semaines d’intervalle, deux juridictions de Poitiers pourraient bien rendre des décisions totalement opposées.

Hier, le rapporteur public du tribunal administratif de Poitiers a estimé que huit anciennes salariées protégées de l’entreprise de confection Aubade de Saint-Savin étaient fondées à contester les arguments invoqués pour justifier du caractère économique de leur licenciement.

Un espoir après l’échec aux prud’hommes ?

Les juges rendront leur décision dans quinze jours. En règle générale, ils suivent la voie ouverte par le rapporteur public. Or, il y a tout juste un mois, le juge départiteur du conseil des prud’hommes de Poitiers, saisi par les autres salariées, avait fait une lecture économique totalement différente du dossier. Il avait rejeté la requête des 101 licenciées qui estimaient avoir été flouées. La décision qui sera rendue par les magistrats administratifs va donc être scrutée avec attention, car la décision des prud’hommes est contestée en appel. Au début de l’année 2010, l’inspection du travail de la Vienne signifiait leur licenciement économique à huit salariées d’Aubade bénéficiant d’un statut particulier. Les femmes dont il est question étaient déléguées du personnel, déléguées syndicales, participaient au comité d’hygiène ou siégeaient au comité d’entreprise ou au comité central d’entreprise du groupe Calida. Ce sont des salariées protégées et, dans ce cas-là, c’est l’inspection du Travail qui est chargée de donner son aval avant toute procédure de licenciement. L’aval a été donné et les huit salariées licenciées comme les autres, en raison des pertes essuyées par l’entreprise de lingerie. Hier, le rapporteur public a estimé que la procédure était conforme aux règles. L’inspecteur du Travail avait bien la compétence requise pour statuer sur un licenciement pour motif économique. Là où le bât blesse, c’est sur l’argumentaire retenu. Le rapporteur public relève que l’inspecteur du Travail a épousé la thèse de l’entreprise, à savoir qu’il ne fallait regarder que la situation financière d’Aubade et ne pas se pencher sur celle du groupe Calida. « Pour apprécier le motif économique du licenciement, il fallait regarder ce qui se passait à l’échelle du groupe », relève, lui, M. Jaehnert pour qui c’est le « périmètre » à prendre en compte. Et, force est de constater que les finances du groupe Calida, qui avait racheté Aubade en 2006, ne permettent pas de trouver les motifs économiques suffisants pour justifier les licenciements intervenus. L’avocat des salariés, Me Giroire-Revalier, boit du petit-lait Le rapporteur public enfonce le clou quand il relève qu’Aubade et Calida évoluent bien sur un même secteur d’activité, quand bien même la première société occupe le haut de gamme et la seconde distribue des produits plus communs. Une thèse toujours fermement contestée par les défenseurs du groupe Calida accusé d’avoir préféré ses bénéfices à l’emploi en France.

Nouvelle République, Emmanuel Coupaye, 16 février 2012

[Poitiers] Vinci démolit

La première grue du viaduc est arrivée de Belgique

Une grue qui pourra soulever 400 tonnes a pris position hier sous la grande passerelle de la gare. Une seconde plus puissante encore doit arriver vendredi.

Le semi-remorque avec les éléments de la grue vient d'arriver sur le parking de la Poste.

Le semi-remorque avec les éléments de la grue vient d’arriver sur le parking de la Poste.

La grande passerelle des Rocs a été fermée le 23 janvier. Depuis, une navette assure la liaison de part et d’autre des voies de la SNCF par la porte de Paris (la rue Maillochon étant interdite pour cause de barrière de dégel). Sur le parking de la Poste, les salariés de GTM Bretagne, filiale de Vinci, l’entreprise retenue par Grand Poitiers pour démonter la passerelle et construire le viaduc, préparent le chantier. Ils ont commencé par édifier la base dans des cubes préfabriqués près du gymnase Maillochon.

 Le convoi exceptionnel est parti lundi

Mais le premier grand moment de « l’opération viaduc » a été l’arrivée hier à 15 h 30 d’un convoi exceptionnel parti lundi de Wolvertem, près de Bruxelles, avec les éléments d’une première grue. « Nous avons suivi les routes nationales, indiquait le chauffeur. Les autoroutes nous sont interdites. » Dans la Vienne, le convoi est passé par Mirebeau avant de rejoindre la RD 910 et d’entrer dans Poitiers par l’avenue du 8-Mai-1945. Pascal Tranchant, l’ingénieur de Grand Poitiers en charge du viaduc : « Dans la traversée de la ville, nous avions le concours des polices nationale et municipale. Cela nous a facilité la tâche. » En raison d’une barrière de dégel rue Maillochon, le convoi a fait un détour par la Porte de Paris avant d’emprunter l’avenue de Nantes et de descendre sur le parking de la Poste. La grue pourra soulever des charges jusqu’à 400 tonnes. Un tonnage appréciable pour qui n’a pas l’habitude d’un chantier de l’envergure de celui qui se profile à Poitiers. Une broutille pour les ouvriers de la société Sarens, à qui appartient la grue et qui se présente comme un spécialiste de « l’extraordinaire » dans l’ingénierie des opérations de levage et de manutention. Ce matin est prévu le montage de la grue. « Ce sera fait en une demi-journée », annonce Pascal Tranchant. Vendredi arrivera un second convoi avec une grue qui pourra soulever des charges jusqu’à 700 tonnes. Elle sera installée avec sa « petite sœur » pour que la déconstruction puisse effectivement commencer mardi prochain.

à suivre

> Mardi prochain 21 février, les deux grues engageront la déconstruction de la grande passerelle du côté de la rue Maillochon. Avec vingt salariés. Un chantier de trois jours : mardi 21, mercredi 22 et jeudi 23.

> Vendredi 24 février, les grues seront démontées pour être installées du côté du boulevard du Grand-Cerf. La poursuite de la déconstruction de la grande passerelle se fera alors en « opération commando » : cinquante heures de travail non-stop.

Le parking Toumaï sera fermé du lundi 27 février, 22 heures au jeudi 1er mars à 5 heures.

> Le boulevard du Grand-Cerf sera interdit à la circulation du mardi 28 février minuit au jeudi 1er mars à 5 heures. Déviation par l’avenue de Nantes, la rue Maillochon et le Pont-Achard, d’un côté, ou par les boulevards de la petite ceinture (Chasseigne, de Lattre, sous Blossac…) de l’autre.

> Pendant la fermeture du parking Toumaï, des arrêts minute seront organisés sur le boulevard du Grand-Cerf. Les abonnés 24 h/24 iront au parking du TAP. Les abonnés à la journée dans les parkings de l’hôtel de ville ou de Blossac.

Jean-Jacques Boissonneau

[Le Blanc] Action coup-de-poing (suite)

Une chasse au Trésor pour l’hôpital du Blanc

Le Blanc (Indre). La série d’actions coup-de-poing annoncée par le comité de défense du centre hospitalier du Blanc a débuté hier devant la trésorerie. Les organisateurs ont voulu marquer à leur façon le dernier jour du versement du tiers prévisionnel. « Pas de maternité et de chirurgie ? Pas d’impôts ! » : le slogan affiché sur une immense banderole a fait florès, au point que les habitants du quartier n’ont pas hésité à encourager les manifestants et à leur apporter du café. En début de matinée, des bottes de paille et des chaînes ont été mises en place à l’entrée de la trésorerie à la grande surprise des trente-cinq agents qui n’ont pu accéder à leur lieu de travail. « Nous laissons passer les gens qui viennent payer leur tiers provisionnel et ceux concernés par le service des hypothèques », précisait le président du comité de soutien Alain Pasquer. « Comme les fois précédentes nous faisons preuve de fermeté mais aussi d’unité et de dignité. » Avant de lever le blocus à 16 h 30, le comité de défense évoquait de futures actions « qui auront un éclairage différent et pourraient par exemple concerner le temps de transport ou la qualité des services ». Sans oublier d’ajouter qu’elles seraient levées si le directeur de l’ARS retirait son projet et acceptait de discuter.

Nouvelle République, 16 février 2012