Archives mensuelles : février 2012

[Poitiers] Des tags sur l’ancienne prison

Des tags sur l’ancienne prison

Deux jeunes passaient en justice, hier, pour des dégradations sur une clôture appartenant à la mairie de Poitiers. Le premier, Florent, est aperçu par deux policiers le 31 octobre dernier accroupi en train de peindre sur le mur de l’ancienne prison. Il a déjà été condamné en février 2007 pour la même chose. Le second garçon, Charles, est arrêté alors qu’il faisait le guet. Les deux jeunes hommes n’ont eu de cesse de nier les faits : « On était làpour uriner ! » La police les aurait, selon eux, interpellés avec agressivité. « J’avais l’impression de tenir un fusil à la main alors que j’étais juste en train de reboutonner mon pantalon », assure Charles. Dans cette affaire c’était la parole de deux jeunes, dont un récidiviste, contre celle de deux policiers assermentés. Le premier, pris la main dans le sac avec de la peinture sur les mains et les chaussures et avec dans son coffre de voiture des bombes de peinture identiques à celle utilisée pour taguer la clôture sur 5 m de longueur et 2 m de hauteur ! Florent a échappé à la peine plancher de deux ans de prison bien que déclaré coupable et condamné à 300 € de jours amende. Charles a été relaxé. Mais ils relèvent la même injustice : « C’est quand même lourd pour avoir uriné contre un mur ! ».

Nouvelle République, A.P., 25 février 2012

[Loudun – 86] Le CIO menacé

La ville veut garder son centre d’information et d’orientation

La restructuration des centres d’information et d’orientation (CIO) va se traduire par la suppression du poste de secrétaire-documentaliste à Loudun.

Cyril Gabard : « Loudun n'a pas besoin de ça. On veut rester ici, c'est un choix et tout ne se passe pas à Poitiers. » 

Cyril Gabard : « Loudun n’a pas besoin de ça. On veut rester ici, c’est un choix et tout ne se passe pas à Poitiers. »

La poursuite de la politique de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux passait, pour le rectorat, par le déplacement d’une dizaine de postes administratifs dans les CIO (centre d’information et d’orientation). Présentée comme des fusions et non comme des fermetures, la réalité du terrain est toutefois beaucoup plus compliquée. C’est le cas pour le CIO de Loudun, qui a officiellement appris le 27 janvier qu’il perdait son poste de secrétaire-documentaliste.

Benas et Belin en soutien

L’actuelle structure existe depuis 1979. Le CIO de Loudun est une antenne de celui de Châtellerault, avec à sa tête une directrice, Claudine Goron. Il compte deux conseillers d’orientation-psychologues, Marie Fortin et Cyril Gabard, et un poste de secrétaire-documentaliste, actuellement constitué de deux mi-temps, Geneviève Peigne et Émilie Motheau. Elles assurent chaque jour un accueil du public, y compris pendant les vacances scolaires. Gestion et prises des rendez-vous, téléphone, gestion et mise à jour de la documentation, relations avec les autres structures du Pays loudunais, mission locale, Espace Jeunes… Elles ont assuré 539 consultations, hors scolaires, en 2010-2011. Pour le maire Eleftherios Benas, si un poste doit être supprimé, il ne doit pas l’être à Loudun. « Supprimer 1 poste sur 2 à Poitiers, il en reste un, supprimer le poste de Loudun, il n’en reste plus. » Alors qu’on constate un « sous-développement non compensé » de la jeunesse loudunaise et à l’heure où la lutte contre le « décrochage » devient une priorité (c’est d’ailleurs Claudine Goron qui pilote la plateforme locale de lutte contre le décrochage), Elefthérios Benas pose une question dans une lettre ouverte aux élus, Jean-Pierre Raffarin, Jean-Pierre Abelin, Alain Fouché, Alain Clayes et Ségolène Royal : « Que voulez-vous faire des territoires ruraux ? Quel avenir pour la ruralité ? » Il demande aussi à la rectrice de « réétudier ce dossier, dont la décision actuelle risquerait de compromettre fortement le bon fonctionnement de ce service public ». De son côté, le président de la CCPL, Bruno Belin, demande dans une lettre transmise au ministre de l’Éducation nationale, à la secrétaire d’État à la Jeunesse, à la rectrice de Poitiers et à l’Inspection académique de la Vienn, « de revenir sur cette décision injuste de suppression de poste au détriment de l’avenir des jeunes du Pays loudunais ». « Le CIO est un service important pour notre territoire rural, aujourd’hui très fragile, souligne-t-il. Son rôle est donc capital. »

Nouvelle République, Corr. Marie-Pierre Pineau, 25 février 2012

[Poitiers] Les autorités fluidifient le « dialogue social »…

De « l’indépendance » syndicale… no comment.

Pourquoi la Région finance les organisations syndicales

L’enveloppe de 400.000  E votée par le conseil régional à sept syndicats a provoqué un débat vif lancé par des élus de la majorité. Explications.

En Poitou-Charentes, les syndicats de salariés sont bien vus.

En Poitou-Charentes, les syndicats de salariés sont bien vus. – (Montage Patrick Lavaud)

ous les conseils régionaux n’appliquent pas la loi du 17 août 2004 qui permet à ces collectivités territoriales d’attribuer des subventions de fonctionnement à sept organisations syndicales. Le conseil régional du Poitou-Charentes utilise, depuis 2007, cette possibilité offerte (lire ci-dessous) pour « soutenir le dialogue social ». Mais cette année, certains élus de la majorité ont rué dans les brancards, lorsque la présidente, Ségolène Royal, a mis aux voix, lors d’une commission permanente, une enveloppe de 400.000 €, la même somme qu’en 2011. C’était lundi 13 février. Et la première fois que des élus de la majorité ont montré leur désaccord sur ce dossier.

 «  Un accord entre la présidente de Région et les syndicats  »

Alexis Blanc, vice-président du conseil régional, porte-parole du groupe « Centriste humaniste », a voté contre car, a-t-il estimé, « le montant, important, est sans réelle vision quant à l’utilisation de cet argent public, qui vient des impôts des contribuables ». Le premier vice-président de la Région ne partage pas la posture des centristes humanistes. Jean-François Macaire rappelle que c’est une « politique de dialogue social ». Et, ajoute-t-il, « nous faisons en sorte qu’elle existe. » L’élu explique « qu’il n’est pas facile » aux syndicats d’être présents dans les différentes commissions sachant que les salariés travaillent dans les petites et moyennes entreprises, très nombreuses en Poitou-Charentes. « Les besoins sont liés à la participation aux nombreuses instances régionales de dialogue social, justifie le premier vice-président, temps non rémunéré, déplacement, secrétariat, logistique, formation syndicale. »« Nous devons, insiste-t-il, respecter cette conquête sociale des syndicats. » En attribuant donc des subventions de fonctionnement. Mais comment sont-elles distribuées ? « La clé des répartitions est faite selon la représentativité des élus au conseil économique, social, environnemental régional (CESER) », précise Jean-François Macaire. Tout le monde est logé à la même enseigne. Sauf pour fixer le montant global de l’enveloppe où Ségolène Royal tranche. « La somme actée initialement est fixée par un accord entre les syndicats et la présidente de Région, sur la base des demandes faites et des besoins exposés par les syndicats », révèle le premier vice-président. Ce que confirme le secrétaire régional de la CGT : « Nous faisons une proposition sur une somme en exposant nos projets, déclare Jean-Marie Giraudeau, nous en discutons avec Ségolène Royal mais je ne négocie pas. »

repères

Ce que versent les autres régions

Voici le montant des subventions, versées aux organisations syndicales, puisées dans le budget 2011 des régions suivantes.

> Basse-Normandie. 100.000 €, tirés d’un budget de 647 M€.

> Bretagne. 200 00 € pour un budget de 1.176 M€.

> Champagne-Ardenne. 135.000 € extraits d’un budget de 572 M€.

> Centre. 128.000 € sur un budget de 996 M€. > Limousin. 55.000 € pour un budget de 460 M€.

> Midi-Pyrénées. 200.000 € pour un budget de 1.151 M€

 La loi du 17 août 2004 en vigueur le 1er janvier 2005 précise : « Les régions peuvent attribuer des subventions de fonctionnement aux structures locales des organisations syndicales représentatives dans des conditions fixées par décret en Conseil d’Etat. Les organisations ainsi subventionnées sont tenues de présenter au conseil régional un rapport détaillant l’utilisation de la subvention. »

La liste des syndicats subventionnés

Le conseil régional de Poitou-Charentes a attribué une subvention à sept organisations syndicales. > CGT : 112.000 € (dont 50.000 € pour la politique industrielle régionale) > URI-CFDT : 96.000 € > CFTC : 32.000 € > CFE-CGC : 32.000 € > Union régionale FO : 80.000 € > FSU : 16.000 € > UNSA Union régionale du Poitou-Charentes : 32.000 €

Nouvelle République, enquête Didier Monteil, 25 février 2012

[Poitiers] Dal 86 : Rassemblement, action, repas solidaire

DAL : première action soft

Les membres de la toute nouvelle antenne du DAL 86 ont procédé à trois étapes symboliques, à Poitiers, en matière de logement.

Contactés par des locataires, les membres du DAL 86 ont rappelé le droit à un logement décent en manifestant sous les fenêtres de propriétaires peu « scrupuleux ».

 

Contactés par des locataires, les membres du DAL 86 ont rappelé le droit à un logement décent en manifestant sous les fenêtres de propriétaires peu « scrupuleux ».

Même si les statuts du DAL 86 (Droit au logement) viennent juste d’être déposés en préfecture, une action « publique » en trois temps a été organisée hier soir par les membres de l’association. Revêtus de gilets jaune fluo, les militants ont d’abord fait une pause devant la préfecture car « c’est la principale institution à s’occuper du logement » avant de prendre le chemin de l’hôtel de ville. Mêmes revendications lues à haute et forte voix, sans mégaphone, mais entendues par les clients assis aux terrasses des bars voisins. Le porte-parole Jean-Christophe Clochard a rappelé le manque de transparence sur la situation du logement dans le département comme en France. Il a ensuite évoqué les quelque 4.000 logements vacants à Poitiers qui pourraient être réquisitionnés dans le cadre de logements d’urgence avant d’insister sur la nécessité de dénoncer les logements indignes ou bien encore les expulsions locatives, à la fin de l’hiver, grandissantes d’année en année. Pour illustrer le type d’action que le DAL 86 va mettre désormais en place, le groupe s’est dirigé dans la Grand-Rue, vers la résidence de propriétaires qui louent un logement considéré comme « indigne » par ses locataires étudiants désemparés.

Nouvelle République, 25 février 2012

ndPN : pour le détail des discours ça se passe ici. Le tout suivi d’un repas solidaire bien sympa devant Notre-Dame. A noter le dispositif policier assez hallucinant, puisqu’il y avait près d’un flic pour un-e manifestant-e… Nous avons été filmé-e-s au camescope. Ce qui semble montrer que les autorités craignent le fait que des gens s’organisent sur cette question cruciale du logement. Longue vie au Dal 86 !

[Poitiers] Goûter de soutien solidaire avec la famille Adamianov, à l’école Mermoz

Encore un beau moment de solidarité avec la famille Adamianov, menacée d’expulsion. Cet après-midi du vendredi 24 février, dernier jour d’école avant les vacances scolaires d’hiver, un goûter solidaire était organisé devant l’école Jean Mermoz du quartier de Bel-Air (Poitiers).

Plein de bons gâteaux cuisinés par des petites mains attentionnées ont permis de récolter quelques sous. Deux journalistes sont venus s’enquérir auprès de Rima de l’évolution de sa situation. Elle garde espoir.

Enfants, parents, et personnes solidaires du quartier ou d’ailleurs, ont parallèlement assisté à la performance de Saïd, venu poser un graf en solidarité avec Varduhi et Hamlet, les deux élèves de Mermoz menacés d’expulsion.

Le graf réalisé par Saïd pour Varduhi et Hamlet. A gauche du graf on peut lire « sadaka » (« amitié » en arabe)

Les prochaines dates à retenir :

8 mars : concert de soutien au plan B (32 bvd du Grand cerf à Poitiers), 21h.

21 mars : rassemblement de soutien solidaire à la famille Adamianov et à toutes les personnes expulsables, devant le palais de justice de Poitiers, 18h.

La solidarité est notre seule force !

Juanito, Pavillon Noir (Fédération Anarchiste 86), 24 février 2012

Mise à jour : un article de Centre-Presse ce matin du 25 février

Des avancées pour les Biélorusses

Le grafeur Saïd Boucenna a captivé les enfants. Et inscrit les prénoms de Hamlet et Varduhi sur son oeuvre. fdelage

Les militants du comité de Bel Air restent mobilisés pour soutenir la famille biélorusse toujours sur le coup d’une obligation de quitter le territoire français. Hier matin, le dossier de la maman, Rima, qui souffre de problèmes de santé, a été pris en compte par la Préfecture… qui a refusé en revanche de prendre pour l’instant en considération la situation du père, Artur. Comme les quatre vendredis précédents, un rassemblement avait lieu à 16 heures devant l’école Mermoz où sont scolarisés- et parfaitement intégrés- les deux enfants du couple, Hamlet, 9 ans, et Varduhi, 6 ans. Après une marche et des chansons, c’est cette fois autour d’un goûter solidaire (des gâteaux confectionnés par les parents d’élèves ont été vendus sur place) et d’une performance du grafeur Saïd Boucenna que le rassemblement a su s’animer. « L’important est de tenir sur la durée pour aider la famille financièrement », soulignait un membre du comité. D’autres actions sont ainsi prévues: un concert au Plan B le 8 mars et une participation à un rassemblement anti-expulsions devant le Palais de justice le 21 mars prochain à 18 heures.

Centre-Presse, F.D., 25 février 2012