Archives mensuelles : mars 2012

Le travail tue : Poste et riposte

Une quarantaine de postiers ont manifesté jeudi devant la direction de l’Enseigne ouest Bretagne pour dénoncer la réorganisation de La Poste, « machine à broyer », responsable selon les syndicats du suicide d’un cadre dimanche à Trégunc (Finistère), a constaté l’AFP.

Les manifestants, qui n’avaient pas déposé de préavis de grève en dehors du mouvement de grève national pour dénoncer notamment les suppressions de postes à La Poste, « une machine à broyer », se sont regroupés dans le calme devant la direction de l’Enseigne (les guichets) ouest Bretagne du groupe.

 Des salariés de la Poste devant la direction territoriale de Quimper après le suicide d’un collègue, le 15 mars 2012

« Nous sommes là pour dénoncer des méthodes managériales cruelles qui détruisent l’employé et mettent leur vie en danger! », a déclaré le secrétaire général de la CGT FAPT (fédération des activités de La Poste et des Télécommunications) du Finistère, Alain Le Berre.

Le cadre, âgé de 43 ans et père de deux enfants de 5 et 7 ans, en arrêt maladie depuis le 9 décembre 2011, a été retrouvé pendu dimanche à la plate-forme courrier de Trégunc (Finistère), dix jours après le suicide d’un autre cadre qui s’est défenestré en plein centre-ville à Rennes.

« On est triste et en colère (…). On veut valoriser l’investissement de l’employé. Il y a eu 32 suicides à France Télécom, 2 à La Poste en 2012 (3 depuis 2011, ndlr), c’est trop », a dénoncé M. Le Berre.

SUD-PTT a décidé de « porter plainte au pénal pour homicide involontaire », selon son délégué Patrice Campion, décidé à nommer « les responsables hiérarchiques » du cadre jusqu’au « PDG Jean-Paul Bailly ».

« Ils (la hiérarchie) avaient parfaitement conscience que cette stratégie pour supprimer des emplois était mortifère », a affirmé M. Campion, en soulignent que « la même méthode avait été utilisée à France Télécom.

Les postiers ont respecté les volontés de leur collègue, enterré en toute intimité mercredi en présence de la famille proche, en se réunissant sans banderoles, ni drapeaux, ni porte-voix.

A Rennes, une quarantaine de postiers du service « Enseigne » (guichet) se sont également réunis pour protester contre le mal-être au travail.

« La situation à l’enseigne est inquiétante et urgente », a considéré Valérie Kerauffret, secrétaire départementale de la CGT pour la branche Enseigne de La Poste.

Si les récents suicides ont touché le service courrier à La Poste, a-t-elle affirmé, « aucun métier n’est épargné » par les réorganisations et le mal-être.

Mme Kerauffret a évoqué des situations de « repli sur soi, troubles du sommeil » vécus par les agents, parfois jusqu’au « suicide », comme deux cas récents au service courrier en Bretagne.

Les syndicats vont lancer une pétition pour « réclamer l’arrêt des réorganisations et ouvrir des négociations sur l’organisation du travail » qu’ils veulent déposer à la direction le 23 mars, date d’un rassemblement auquel sont appelés tous les métiers de La Poste à l’occasion d’une réunion entre direction courrier territorial et syndicats à Rennes.

AFP, 15 mars 2012

Communiqué F.A. : solidarité avec les antifascistes mis en examen

Solidarité avec les onze antifascistes mis en examen !

Communiqué de la Fédération anarchiste du 11 mars 2012

Le 8 mars 2012 au soir, quatre militantes et militants de la Fédération anarchiste, ainsi que sept autres camarades d’Action antifasciste, du NPA et d’Alternative libertaire ont été arrêté-es à Paris et placé-es en garde à vue. Il leur est reproché de s’être livré-es à des dégradations en réunion. En réalité, leur action était un collage destiné à refuser la banalisation de l’extrême droite et à informer sur  la tenue des « Assises Nationales de la Nationalité, de la Citoyenneté et de l’Identité », prévues pour le samedi 10 mars dans le 12ème arrondissement. Cette manifestation à visée prétendument citoyenne est déjà la deuxième du genre, elle véhicule ouvertement pour le compte du Bloc identitaire les prises de position xénophobes et racistes les plus abjectes.Dans cette affaire, les forces de répression de l’Etat ont clairement indiqué quel est leur camp naturel ; la garde à vue a été prolongée jusqu’au samedi 10 mars à 22 heures, l’emprisonnement a duré jusqu’au dimanche 11 dans l’après-midi, sans aucun fondement juridique aux termes du droit bourgeois, et les rassemblements organisés en soutien ont été neutralisés avec l’efficacité qu’on connaît à la police de ce pays quand il s’agit d’écraser les luttes sociales. De toute évidence, le pouvoir d’Etat a décidé de frapper fort et d’envoyer un message d’encouragement aux fascistes de tout poil. Mise en relation avec les déclarations récentes du ministre de l’Intérieur et la tonalité générale de la campagne électorale, cette série de gardes à vue, prouve, s’il en était besoin, que l’extrémisme de droite est un rouage essentiel à la stabilité du capitalisme et de l’Etat, et qu’on ne s’en débarrassera définitivement  qu’en détruisant le système économique et politique qui lui accorde sa  protection.La Fédération anarchiste soutient l’action des militant-es arrêté-es et exige l’arrêt des poursuites  engagées contre elles et eux , elle dénonce une atteinte à la liberté d’expression et le caractère inédit des mesures de garde à vue suivie de détention pour collage d’affiches .

La Fédération anarchiste remercie l’ensemble des personnes qui ont manifesté leur soutien immédiat sans céder aux intimidations policières. D’ores et déjà, la solidarité s’organise : une souscription est ouverte ; il suffit pour cela d’envoyer un chèque à l’adresse suivante : PUBLICO, 145 rue Amelot ,75011 PARIS, à l’ordre de « Publications Libertaires », en rajoutant la mention « Solidarité 8 mars » au dos. Les informations sur les différentes initiatives de soutien à venir seront communiquées au fur et à mesure.

Fédération anarchiste, secrétariat aux Relations extérieures, dimanche 11 mars.

relations-exterieures(a)federation-anarchiste.org

ndPN : l’appel à souscription concerne évidemment tou-te-s les inculpé-e-s. On trouvera aussi sur cette affaire ce communiqué « unitaire » ; unitaire entre guillemets, la F.A. n’ayant pas été invitée à participer à son élaboration, malgré 4 militant-e-s F.A. concerné-e-s.

[Paris] Une association pour le droit à l’IVG frappée par un attentat

Une association défendant le droit à l’IVG frappée par un attentat

Une enquête criminelle a été ouverte à la suite d’un attentat qui a frappé le siège de l’Association nationale des centres d’interruption de grossesse et de contraception (Ancic), domiciliée chez une bénévole de l’association à Paris. Dans la nuit du 10 au 11 février dernier, un engin incendiaire a été placé devant la porte, qui a brûlé, alors que l’alarme incendie de l’immeuble avait été débranchée. L’engin n’a provoqué que des dégâts matériels. La personne habitant l’appartement n’a pas été intoxiquée gravement par la fumée, mais demeure sous le choc, a raconté une responsable de l’Ancic à l’Agence de presse médicale (APM).

L’attentat n’a pas été revendiqué, mais l’activisme des anti-IVG est en pleine recrudescence. Des manifestations contre le centre IVG de l’hôpital Tenon, dans le XXe arrondissement de la capitale, sont ainsi régulièrement organisées par l’association intégriste catholique SOS Tout-petits.

L’association Ancic, fondée en 1979 après la légalisation du droit à l’avortement, regroupe des bénévoles et des professionnels (psychologues, psychiatres, sages-femmes, médecins) « participant à la défense des droits des femmes ». « L’Ancic continuera avec détermination à défendre le droit à l’avortement, à la prévention et à la contraception, et combattra les pratiques criminelles et obscurantistes », a assuré l’association dans un communiqué, début mars. De son côté, le ministère de l’Intérieur s’est bien gardé d’évoquer une menace de l’ultradroite catholique radicale. Étrange, non ?

Basta Mag, 14 mars 2012

15 mars : les expulsions locatives reprennent

Fin de la trêve hivernale: les expulsions locatives peuvent reprendre

Les expulsions locatives reprennent à partir de jeudi après quatre mois de trêve hivernale, au grand dam d’associations qui veulent faire du mal-logement une priorité de la campagne électorale.

La trêve hivernale court du 1er novembre au 15 mars. Pendant cette période, les locataires ne peuvent se faire expulser, même si leurs propriétaires ont engagé une procédure judiciaire.

A l’approche du 15 mars, « c’est le retour de l’angoisse pour des milliers de familles », affirme Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de l’association Droit au logement. Samedi, quelques milliers de personnes ont manifesté à Paris pour réclamer l’arrêt des expulsions sans solution de relogement.

« Il faut stopper cette méthode moyenâgeuse. Plus de 100.000 familles sont potentiellement expulsables. Nous ferons tout pour nous opposer aux expulsions, même physiquement », promet Serge Incerti-Formentini, président de la Confédération nationale du logement.

Mais le ministre délégué au Logement Benoist Apparu s’oppose à un moratoire des expulsions, qui, selon lui, « déresponsabilise » les locataires.

« L’expulsion, pour les propriétaires, ce n’est pas un plaisir », souligne Jean Perrin, président de l’Union nationale de la propriété immobilière (UNPI). « Ca veut dire qu’ils ont au moins deux ans de loyers impayés qu’ils ne récupèreront quasiment jamais. Or tous ne roulent pas sur l’or et ils continuent à payer les charges ». L’UNPI demande la suppression de la moyenâgeuse hivernale. « Au Canada, il n’y en a pas. Les expulsions se font tout au long de l’année et les gens peuvent plus facilement se reloger. En France, une majorité des expulsés se retrouvent sur le marché du logement en même temps », explique M. Perrin.

Les associations espèrent qu’en cette année électorale, la fin de la moyenâgeuse ne sera pas suivie immédiatement d’expulsions.

Les expulsions par la force publique ont augmenté de 10,1% en 2010 (11.670 contre 10.597 en 2009), selon des calculs de l’AFP à partir de chiffres du ministère de l’Intérieur.

Mais « au-delà des interventions de la force publique, près de 50.000 ménages sont contraints de quitter leur logement », affirme la Fondation Abbé Pierre, car « la plupart n’attendent pas la visite de la police pour libérer les lieux », souvent en catimini.

En cause, l’explosion des loyers, « le surendettement de plus en plus important », selon Olivier Bernard, président de Médecins du Monde.

Tous, gouvernement compris, regrettent le manque de prévention en amont pour éviter ces expulsions toujours traumatisantes.

« On s’aperçoit des situations trop tardivement, au bout de plusieurs mois d’impayés, quand la procédure judiciaire est enclenchée », regrette Matthieu Angotti, de la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (Fnars).

Le gouvernement a mis en place depuis 2009 des commissions de prévention des expulsions dans chaque département, mais « ce sont des coquilles vides », déplore la Fnars. Le ministre Apparu reconnaissait en octobre qu’elles ne sont pas encore toutes efficaces. « Pour un huissier de justice, l’expulsion est un échec », ajoute Jean-Daniel Lachkar, président de la Chambre nationale des huissiers de justice. « Les gens ont honte de dire qu’ils sont en difficulté, mais il faut qu’ils viennent nous voir dès que le jugement d’expulsion est prononcé, pour qu’on trouve des solutions, par des étalements de la dette ».

« Dès les premiers loyers impayés, il faut que locataires et propriétaires se rencontrent pour trouver une solution: soit un relogement amiable à des prix moins élevés, soit un apurement de la dette avec l’aide du Fonds de solidarité logement, des allocations familiales, etc. », ajoute le président de l’UNPI.

AFP, 15 mars 2012

[Saint-Georges-lès-Baillargeaux – 86] Vinci forme aux technologies de destruction écologique

Le chantier de la LGV peut réellement commencer

Les arrêtés préfectoraux sont signés, les ouvriers sont en cours de formation. Le chantier de terrassement de la ligne entre Tours et Bordeaux va débuter.

Sa formation de conducteur de tombereau et/ou de compacteur s’achèvera le 16 avril. Le lendemain, Argoub embauchera à Marigny-Brizay, sur un chantier de terrassement de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique, avec un contrat de travail contresigné par Cosea (*). «C’est à 15 km de chez moi, explique ce Châtelleraudais de 44 ans, chauffeur de poids lourd au chômage depuis 14 mois. J’ai déposé ma candidature en septembre dernier, j’ai été appelé pour un test en février et, depuis quelques semaines, je suis en formation ici. »

Ici, c’est à Saint-Georges-lès-Baillargeaux, sur le site de l’École de Conduite Française (ECF), qui a été retenu comme plateforme de formation pour les ouvriers qui seront embauchés sur le chantier de la LGV. Sept autres plateformes de formation sont ouvertes au fil du tracé entre Tours et Bordeaux. « Un positionnement de proximité qui permet de répondre à l’objectif de recrutement local que nous nous sommes fixé », a précisé Érik Leleu, le directeur des ressources humaines de Cosea. A Saint-Georges, 120 stagiaires vont se succéder au volant des engins de chantier jusqu’en août, qui iront ensuite grossir les rangs des salariés du chantier, certificat de capacité en poche. « Nous avons adapté cette formation en partenariat avec l’Afpa et le cahier des charges de Vinci », a indiqué Éric Binet, le directeur du site, qui conduisait hier une visite de la plateforme à l’attention des acteurs et les financeurs de la LGV. « Cette journée marque le début officiel des travaux, a expliqué Xavier Neuschwander, le directeur de Cosea, confirmant le chiffre de 1.300 recrutements locaux pour le chantier. Tous vont signer chez Vinci Construction un contrat de travail d’un an minimum. Je dis bien minimum, car nous comptons proposer de possibilités d’évolution au plus grand nombre. Après le terrassement, il y aura la pose des voies et des caténaires. Des formations seront ouvertes pour cela aussi. »

(*) Cosea est le groupement d’entreprises, piloté par Vinci Construction, chargé de la construction et de la mise en œuvre de la ligne.

Nouvelle République, Philippe Bonnet, 15 mars 2012