Archives mensuelles : mars 2012

[Poitiers] « Il n’est plus en état d’être jugé »

No comment…

Shooté à la barre du tribunal

Poursuivi pour détention et usage d’héroïne, Armand, un grand gaillard de 22 ans, semble transformé en chiffe molle, il articule difficilement. Au président du tribunal, jeudi, il confie que des anxiolytiques lui ont été donnés à la prison. Ils font sérieusement effet. A tel point qu’Armand est placé dans un fauteuil face au président. Il ferme les yeux, dodeline de la tête de plus en plus, il paraît à deux doigts de s’endormir pour de bon, alors que les magistrats et son avocate évoquent son affaire. Armand est-il encore vraiment là ? Dans la salle, des avocats s’offusquent de la situation. « Il n’est plus en état d’être jugé », lâchent certains. Son avocate ne veut pas d’un renvoi de l’affaire à plus tard. Les débats se poursuivent donc avec Armand, présent au moins physiquement ! Il écope de cinq jours de prison supplémentaires pour avoir été trouvé en possession de 0,4 g d’héroïne en novembre dernier. Il avait trouvé le moyen de l’avaler au commissariat alors que le policier qui l’auditionnait s’était absenté du bureau. Jeudi, c’est Armand qui était manifestement en état d’absence à son propre procès !

Leur presse, Nouvelle République, 7 mars 2012

[Châtellerault] Grève à l’hôpital

Hôpital : FO lance un appel à la grève

Le syndicat Force ouvrière du centre hospitalier Camille-Guérin a appelé les personnels à la grève aujourd’hui et pour une durée illimitée. Selon lui, les deux autres syndicats de l’établissement ont également déposé un préavis de grève.
A l’origine de ce mouvement : « La constante dégradation de nos conditions de travail, peste Philippe Lafa, secrétaire du bureau FO. La direction tente d’imposer l’organisation du temps de travail en douze heures. » Et de reprendre : « Il s’agit pour elle de faire des économies. La mise en place de ces horaires permettrait de supprimer une équipe. Mais ce serait au détriment des patients ». Autre inquiétude du syndicaliste : « En cas de manque de personnels, nous serions amenés à travailler 4 jours par semaine, soit 48 heures payées 35 ».

Pour exercer une pression

Le début de cette grève coïncide avec la visite de l’hôpital par des experts « chargés d’évaluer la qualité des soins. » Les syndicats devraient les rencontrer dans l’après-midi. « La dégradation de nos conditions de travail n’est pas sans impact sur la qualité des soins », s’emporte Philippe Lafa.
Dès la semaine prochaine, les syndicats envisagent des actions ponctuelles. « Les personnels sont remontés », affirme le syndicaliste. D’autant plus que « le calendrier des vacances s’annonce mal ». D’une durée de trois semaines, les congés d’été pourraient être fractionnés. Déjà, l’année dernière, en mars, les personnels s’étaient mis en grève pour cette raison.

Nous avons tenté de joindre le directeur Jean-Claude Coquema, mais sans succès.

Nouvelle République, M. L., 7 mars 2012

[Poitiers] L’expo sur les liquidateurs de Tchernobyl confinée… dans une salle municipale

L’expo des liquidateurs de Tchernobyl fait débat

Le député-maire de Poitiers, liquidateur des liquidateurs de Tchernobyl ? C’est la question qui est posée sous forme d’interpellation, par la Coordination poitevine pour la sortie du nucléaire* au sujet d’une exposition consacrée aux liquidateurs de Tchernobyl et pour laquelle, selon les représentants de la coordination, la ville a refusé la mise en place.
« Il est des hommes qui ont donné leur vie pour celle des autres. Les liquidateurs de Tchernobyl sont de cette veine, qu’ils soient pompiers, pères de famille, ouvriers… Ils se sont sacrifiés, rappelle la coordination dans un communiqué. Pourtant, nul lieu pour leur rendre hommage, nul monument aux morts pour rappeler leur sacrifice. En guise de devoir de mémoire, une exposition itinérante présentant le portrait de 260 liquidateurs de Tchernobyl a déjà été présentée dans plusieurs villes de France. »

Juste un an après la catastrophe de Fukushima (11 mars 2011), la Coordination poitevine pour la sortie du nucléaire a donc demandé à la mairie de Poitiers – depuis début janvier – d’accueillir cette exposition le 10 mars sur la place du Maréchal-Leclerc et le 17 mars sur le parvis de Notre-Dame-la-Grande. « Sans aucune motivation, le cabinet du maire vient d’en refuser la présentation », regrette les représentants de la coordination. « Au même titre que les commémorations du 8 Mai et du 11 Novembre, nous demandons au député-maire de Poitiers de revoir sa position afin de permettre la tenue de cette exposition surtout au moment où la venue d’Éric Besson est annoncée pour le 10 mars à Civaux. »

La mairie reste ouverte à toute proposition

De son côté, la mairie de Poitiers juge que la polémique n’a pas lieu d’être. « Comme il a été répondu à plusieurs reprises aux élus d’Europe Écologie Les Verts qui portaient cette demande, l’exposition sur l’espace public de 260 portraits grands formats de liquidateurs de Tchernobyl décédés, peut être de nature à choquer certaines personnes et notamment le jeune public. », souligne l’équipe du député-maire socialiste.
Elle précise d’ailleurs que comme il leur a également été répondu, la ville de Poitiers est en revanche tout à fait prête à mettre gracieusement à disposition du collectif composé notamment d’EELV, l’une de ses salles, qu’il s’agisse des salons de Blossac ou de la Maison du Peuple, comme elle le fait pour l’ensemble des manifestations à caractère politique.
Elle ajoute enfin qu’« afin de dissiper au plus vite tout malentendu, la mairie se tient naturellement à la disposition des organisateurs pour voir avec eux les modalités de mise en œuvre de cette exposition dans une salle comme cela a été le cas notamment à Carcassonne ».

* La coordination regroupe l’ACEVE, EELV 86, Les Alternatifs 86, Les Amis de la Terre, NPA 86, Solidaires 86.

Nouvelle République, 7 mars 2012

[Poitiers] Un agent de Vitalis se suicide sur son lieu de travail

Les bus poitevins paralysés en raison d’un suicide

80 % des bus de Poitiers n’ont pas circulé hier après la découverte du corps d’un agent de Vitalis, qui s’est donné la mort sur son lieu de travail.

Les tout premiers salariés de la société de transports urbains Vitalis à prendre leur service à Poitiers hier matin, ont fait une tragique découverte.
Dans l’un des locaux de leur entreprise, au dépôt central de Touffenet, gisait le corps sans vie d’un de leurs collègues, un agent de maîtrise âgé de 48 ans.

Les premières constatations ne laissent aucun doute : le malheureux s’est donné la mort à l’aide d’une écharpe à la fin de son service lundi soir. En cours de matinée, syndicats, comité d’hygiène et de sécurité, direction et présidence de Vitalis ont publié un communiqué commun faisant état du désarroi et de la tristesse de la communauté Vitalis face à un drame que rien ne laissait prévoir.

Cellule de soutien psychologique

Le désespéré était très impliqué dans la vie de son entreprise. Ancien sapeur-pompier de Paris, il était l’un des membres actifs du club de cyclisme de Vitalis. Syndicats et direction s’accordent a priori pour penser que les conditions de travail au sein de Vitalis, « entreprise à taille humaine où tout le monde se connaît », ne sont pas directement la cause du geste désespéré de leur collègue dont ils regrettent de n’avoir pas su voir la « douleur intime » qui l’avait « peu à peu gagné ».
Tout au long de la journée, une majorité de chauffeurs de bus se sont déclarés incapables de prendre le volant dans de telles circonstances. Le matin, quatorze bus sur un effectif théorique de trente-sept ont circulé. Ils n’étaient plus que sept l’après-midi. A noter qu’une cellule de soutien psychologique a été mise en place par la Direction du travail à la demande de la direction de l’entreprise.

Nouvelle République, V. B., 7 mars 2012

[Ingrandes – 86] Fonderie Alu : grève et blocage du site

Le retour de la grève à la Fonderie Alu

Nouveau mouvement de grève lancé, hier à la Fonderie Alu. Coup de pression : les fondeurs se rendront en force, mercredi, au tribunal de Nanterre.

Tony Garrot, délégué CGT à la Fonderie Alu, vient de poser la question de la grève : les salariés la votent à l’unanimité, hier après-midi en assemblée générale devant les grilles de l’usine d’Ingrandes-sur-Vienne

Deux cents bras se lèvent pour dire oui à la grève. Nouvelle mobilisation à la Fonderie du Poitou Aluminium d’Ingrandes-sur-Vienne (460 salariés), qui joue son avenir dans le mois qui vient. A l’appel de l’intersyndicale CGT, FO, CGC, autonomes, une assemblée générale des salariés a été convoquée, hier, pendant la pause déjeuner, quand les équipes du matin et de l’après-midi se croisent. L’ordre du jour ? « Le compte à rebours a commencé. Il est temps de montrer qu’on existe encore », résume Éric Bailly, porte-parole des syndicats.

 Une ultime démonstration de force

C’est que le temps file avant l’échéance du 11 avril prochain où le tribunal de commerce de Nanterre réglera définitivement le sort de la fonderie, en redressement judiciaire depuis le mois d’octobre. Déjà. Le temps file et rien n’est sûr, loin de là. C’est le moment choisi par l’intersyndicale pour remettre un coup de pression. Une grève de 24 heures reconductible a été décidée dès hier, avec blocage de l’accès au site, donc aussi à celui de la Fonderie Fonte.
Dès ce matin, une conférence de presse est programmée. Le gratin des politiques locaux, de gauche et de droite, y est annoncé, comme cela avait été le cas le 25 novembre dernier. Les fondeurs ont aussi prévu de monter en force à Paris, mercredi prochain, 14 mars, pour le premier des deux derniers actes au tribunal de Nanterre. Forcément, ils se disent qu’un petit détour par Boulogne, le siège de Renault, ne serait pas de trop. Plusieurs cars seront affrétés. Sur le front des nouvelles, l’incertitude demeure alors que circulent « beaucoup de bruits et beaucoup de rumeurs », selon Éric Bailly. L’intersyndicale assure que l’investisseur américain Aiken a monté un dossier de reprise « pas favorable socialement ». Le fondeur français Arche serait « fin prêt », avec « une offre ferme et définitive » mais « conditionnée aux engagements de Renault ». En fonction de ça, l’équipementier français Saint-Jean-Industries pourrait lui aussi se positionner. Une chose est acquise : « Il est hors de question de continuer à travailler avec Montupet », comme le clament les syndicats. C’est ce que les fondeurs iront dire, et d’autres choses encore comme leur foi en leur usine, à Paris.

Une nouvelle AG est prévue aujourd’hui à 14 h devant l’usine pour décider de la poursuite de la grève.

Nouvelle République, Franck Bastard, 7 mars 2012