Archives mensuelles : avril 2012

[Poitiers] Après la répression du campement, les occupant-e-s poursuivent la lutte pour le droit au logement

ndPN : La Nouvelle République, à travers l’article bien dégueulasse de ce matin, a relayé sans honte les propos hallucinants de la mairie et des flics, accusant les occupant-e-s de violences contre les flics alors qu’ils et elles étaient assis ou allongés au sol et ont été victimes de violences policières !

Les occupant-e-s ne se sont pas laissé-e-s faire et ont répondu à la répression par une nouvelle action directe non-violente. La presse a rapporté ce midi l’occupation de la mairie ce matin par le DAL. Cette action a fait suite à l’évacuation du campement et aux arrestations d’hier. Là aussi la presse parle « d’outrage » (voir l’article ci-dessous)… no comment !

Cet après-midi, la place d’armes (face à la mairie) reste pacifiquement occupée par des sdf, des mal-logé-e-s et des militant-e-s du DAL, toujours sous surveillance étroite de la police.

La lutte continue ! Contre la version policière, un appel à témoignages sur les événements d’hier est lancé, en vue de soutenir les personnes qui passeront au tribunal le 10 juillet prochain pour « rébellion », « outrage » et violences exercées sur les forces de l’ordre » (le ridicule ne tue pas !)

Le DAL investit la salle des mariages, la police les déloge

Délogés par la police de la place Notre-Dame ce matin, les militants du Droit au logement ont investi la salle des mariages de la mairie de Poitiers. Ils viennent d’être expulsés par la police.

Une vingtaine de personnes se réclamant de l’association Droit au logement (DAL) ont investi la mairie de Poitiers en fin de matinée.

Elles se sont rendues dans la salle des mariages pour demander un rendez-vous au maire. La police est alors intervenue vers 11 h 40 pour faire libérer les lieux.

Regroupés dans la cour intérieure de la mairie, les participants ont fait l’objet d’un contrôle d’identité. Une personne a été interpellée pour outrage. Le groupe est ensuite reparti. Déjà, ce matin, une tentative de réinstallation d’un camp sur la place Notre-Dame avait été dispersée par la police.

« Nous estimons que la mairie de Poitiers n’a pas pris la mesure des problèmes, nous venions demander un rendez-vous au maire pour en discuter et la restitution du matériel qui nous a été saisi hier par la police », indiquait Jean-François Chazerans.

« On a le droit de manifester, de défendre ses opinions, c’est légitime. Mais, on ne peut pas tolérer que cela se fasse de cette manière-là », a réagi le commissaire Papineau, directeur départemental de la sécurité publique, au sujet de l’intervention des forces de l’ordre.

Par ailleurs, les cinq personnes arrêtées, hier, après l’évacuation du camp monté au cours du week-end, ont été libérées dans la soirée. Elles sont poursuivies en justice pour rébellion et outrage. Deux d’entre elles devront aussi répondre de violences exercées sur les forces de l’ordre. Elles seront jugées le 10 juillet prochain.

Nouvelle République, 3 avril 2012

[Châtellerault] Handiphobie d’Etat

Sous curatelle, ils veulent qu’on leur rende leur fille

Châtellerault. On leur a retiré leur fille dès la naissance. Depuis trois ans,  Cécile et Frédéric Renault, sous curatelle, se battent pour la récupérer.

Dans la chambre qu’ils avaient aménagée pour accueillir leur fille Clémence, née en 2009, Cécile et Frédéric Renault ont replié le lit à barreaux qu’il avait acheté pour elle. Elle n’y a jamais dormi. Et, de toute façon, maintenant, elle est trop grande…

Depuis trois ans, ils se battent pour récupérer leur enfant, que l’Aide sociale à l’enfance (Ase) leur a enlevé dès la naissance. Comme son épouse, le père de famille restera à jamais marqué par ce jour où on leur a « arraché » leur fille à la maternité du centre hospitalier Camille-Guérin de Châtellerault : les policiers qui le menottent parce qu’il refuse qu’on lui prenne sa fille, les infirmières qui retiennent sa femme… Un véritable cauchemar.

«  Pour eux, on n’est pas assez compétent  »

Résidant à Châtellerault, ils sont tous deux sous curatelle. « Au départ, on avait des problèmes pour remplir les papiers, faire des paiements», explique Frédéric, souffrant de « plusieurs maladies » (« J’ai des crises d’épilepsie, j’ai des problèmes de cœur… »). Et, selon leur avocat, Me Xavier Cottet, « l’Ase a estimé qu’il y avait danger pour leur fille » (1). « Pour eux, on n’est pas assez compétent, on est des personnes qui auraient des difficultés à répondre aux besoins de l’enfant, il faudrait qu’il y ait toujours quelqu’un derrière nous… », peste le père de famille. Après un mois en « pouponnière », Clémence a été placée dans une famille d’accueil. Depuis, ils ne la voient que deux fois par semaine, 2 heures le mardi et 3 heures le jeudi (2). Chez eux, en présence d’une « travailleuse familiale ». « On ne l’a pas pour Noël, ni pour les vacances, ni le week-end, ni pour le premier de l’an ! », déplore Frédéric. Ils ont pu faire son baptême. Mais le souvenir qu’ils en gardent leur fait encore mal au ventre… « On a fait le baptême. Après, on avait prévu un repas avec elle. Mais, aussitôt après le baptême, ils l’ont emmenée. » Aujourd’hui, contrairement à sa femme, Frédéric n’est plus en curatelle renforcée mais en curatelle simple. « Je fais mes papiers tout seul. »

Le placement de Clémence prolongé deux ans

Mais ça n’a rien changé… Alors qu’ils espéraient « l’avoir définitivement à la maison », le tribunal pour enfants de Poitiers vient de renouveler le placement de la fillette à l’Ase pour deux ans. Une nouvelle désillusion pour le couple. « J’en suis malade, confie Frédéric. J’en pleure à longueur de journée. » Pour autant, Frédéric et son épouse ne se découragent pas. Par l’intermédiaire de Me Cottet, ils ont fait appel du jugement. Cécile envisage aussi de lancer une pétition. Pour l’amour de Clémence.

(1) Contactée, la direction de l’Ase n’a pas souhaité s’exprimer sur ce dossier. (2) Clémence rentrera bientôt à l’école. A partir de ce moment-là, ses parents ne la verront plus que le mercredi et deux fois par an en période de vacances.

bon à savoir

La curatelle est une mesure judiciaire destinée à protéger une personne majeure qui, sans être hors d’état d’agir elle-même, a besoin d’être conseillée ou contrôlée d’une manière continue dans les actes importants de la vie civile. Une personne en curatelle simple accomplit seule les actes de gestion courante, comme la gestion du compte bancaire ou la souscription d’une assurance. En revanche, elle doit être assistée de son curateur pour des actes plus importants. Par exemple, le curateur doit consentir à un emprunt. En curatelle renforcée, le curateur perçoit les ressources de la personne et règle ses dépenses sur un compte ouvert au nom de celle-ci.

Nouvelle République, Alain Grimperelle, 3 avril 2012

[Poitiers] Libérez Kévin ! Rétention prolongée, rassemblement mercredi !

Aux dernières nouvelles, la rétention administrative de Kévin (voir ici et ) a été prolongée de 15 jours par le juge des libertés et détentions.

Samedi dernier, une nouvelle manifestation bruyante de solidarité avec Kévin et toutes les personnes expulsables a eu lieu en centre-ville.

Mercredi 4 avril prochain, grand rassemblement mensuel de soutien aux personnes expulsables, qu’il faut massif pour Kévin !

Rendez-vous devant le palais d’injustice à 17H30, parlez-en autour de vous !

Pavillon Noir

mise à jour : communiqué d’associations de défense des sans-papiers

Appel des associations poitevines de soutien aux sans-papiers dont Le Collectif contre les expulsions et pour le droit de vivre en France / La Cimade / Le Réseau Éducation Sans Frontières

En soutien à Kévin Kimpéfé

Participation au rassemblement du mercredi 4 avril, à 17 h 30

devant le Palais de Justice

Auquel sont tout particulièrement invité(e)s les lycéennes et lycéens de Poitiers ainsi qu’étudiants, enseignants et parents d’élèves.

Nous exprimons notre totale réprobation et notre profonde indignation face à l’arrestation de Kévin Kimpéfé, lycéen en terminale au lycée professionnel Kyoto de Poitiers. La place des lycéens est dans les lycées et pas dans les centres de rétention.

Nous jugeons cette arrestation hautement scandaleuse, tant par la forme qu’elle a prise (Kévin a ainsi été arrêté un dimanche sur un terrain de foot, et placé en centre de rétention) que sur le fond : Kévin vit ainsi en France depuis six ans, avec ses frères et sœurs et sa mère, et doit passer son baccalauréat dans deux mois. C’est un lycéen très consciencieux, motivé, apprécié tant par ses camarades, ses enseignants et l’équipe administrative du lycée que par les employeurs qu’il a eu d’ores et déjà l’occasion de côtoyer lors de son stage en entreprise dans lequel il s’est distingué par son sérieux.

Nous tenons à manifester tout notre soutien et notre solidarité à l’égard de Kévin, et demandons au préfet :

d’annuler sa décision d’expulser Kévin

et de l’envoyer dans un pays instable (la république « démocratique » du Congo) où il n’a de surcroît aucune attache,

de le libérer du Centre de Rétention Administrative du Mesnil-Amelot,

de lui délivrer le titre de séjour « vie privée et familiale » qu’il demande.

Kévin doit en effet pouvoir passer son baccalauréat, poursuivre ses études et continuer sa vie en France, parmi les siens, en compagnie de toute sa famille, ses frères et sœurs, sa mère, qui ont besoin de lui et dont il a besoin et avec tous ses camarades et ami(e)s.

Le 3 avril 2012

[Poitiers] Le campement pour le droit au logement violemment réprimé par la police

Le campement des mal-logés et sans-logement en lutte vient d’être expulsé de la place de l’église notre dame de poitiers, ce matin du lundi 2 avril. Cette expulsion s’est faite avec une grande violence de la part de la police. Plusieurs personnes du campement ont été tirées, bousculées, plaquées au sol, ont vu leurs vêtements arrachés, et ont été immobilisés au sol avec violence. La police nationale a également arrêté et emmené au commissariat 5 personnes du campement de lutte. La police a également détruit les constructions du campement, a saisi du matériel de cuisine et de la nourriture. Elle a tenté d’empêcher des gens venus en soutien de filmer et de prendre des photos de l’opération d’expulsion, saisissant notamment un appareil photo d’un militant du DAL. Un policier filmait les gens du campement et ceux venus en soutien ce matin. La police a ensuite forcé les mal-logés et sans-logement en lutte à évacuer la place de notre-dame. Après s’être rapidement concertés, et sous la menace de saisi de matériel et d’arrestations supplémentaires, les mal-logés et sans-logement en lutte et leurs soutiens sont allés place de la liberté.

Venez soutenir les mal-logés et sans-logements en lutte  ! Venez      place de la liberté et place de l’église notre-dame, pour préparer et soutenir les actions à venir.

Ca ne se passera pas comme ça !

Liberté pour les mal-logés et sans-logement en lutte !

Des logements pour tous !

Mailing, 2 avril 2012

Mise à jour :

Il y a eu une seconde expulsion vers 12h30 du campement remis en    place . Pas d’arrestations.

Mise à jour (2) : un article vient de sortir sur le site de la PQR locale

Poitiers : la police intervient pour démonter le campement du Droit au logement

Une vingtaine de policiers sont intervenus, ce matin, pour démonter le campement du Droit au logement en face de Notre-Dame à Poitiers. Plusieurs personnes ont été interpellées par la police.

La police est venue démonter le camp; les agents municipaux sont venus tout enlever. – (Photo NR – Emmanuel Coupaye)

Il était 9 h 15, ce matin, quand une vingtaine de policiers sont arrivés sur la place Notre-Dame-la-Grande pour une opération d’expulsion d’un campement. Depuis vendredi soir, le site était occupé à la fois par un groupe de la caravane des Indignés en marche et par des membres du Droit au logement local. Une autorisation avait été donnée pour rester sur les lieux jusqu’à dimanche soir, indiquent des sources policières et municipales. Après, le campement provisoire devait être libéré.

Un policier aurait été frappé au visage

Les Indignés avaient quitté les lieux dimanche matin comme prévu. Les habituels occupants de la place, revêtus des banderoles du Droit au logement, ont décidé, eux, de continuer l’occupation. Ce groupe ce trouvait encore sur place ce matin avec tentes, banderoles, pancartes et même une cabane de fortune montée avec des palettes. Les policiers ont commencé à démonter tout le matériel entreposé. Le ton est alors monté, certains refusant de bouger. Plusieurs personnes ont été embarquées. Un témoin parle d’un policier frappé au visage. Les personnes qui filmaient les opérations ont été contrôlées et mises en garde sur l’utilisation qu’elle pouvait faire de ces images.

« Un toit pour tous, décent et gratuit »

Un représentant du DAL Poitiers n’a pas souhaité s’exprimer sur ce qui se passait. « Nous devons d’abord en discuter entre nous. La seule chose que je peux dire, ce sont nos revendications: un toit pour tous, décent et gratuit. » « Je ne sais pas ce qui a été négocié », confiait de son côté un occupant habituel de la place.

Tous les matériaux de construction ont été entassés par les policiers puis enlevés par les services municipaux, sous la surveillance constante de la police. Dans le même temps, le groupe qui occupait la place, commençait à ranger ses affaires contraint et forcé. « Si vous n’enlevez pas vous-même vos affaires, tout ce qui est plié aussi on va l’emmener », prévenait un policier.

Nouvelle République, Emmanuel Coupaye, 2 avril 2012

mise à jour (3) : Alayn Claeys (député-maire PS de Poitiers), en interview dans le 12/13 du 02/04  :

Journaliste : Avant de parler politique, un mot sur ce qui s’est passé ce matin place du marché ?  Pourquoi avoir délogé euh les membres de l’association du DAL ?

Alain Claeys: Les insurgés [sic] sont venus à poitiers vendredi, un groupe, ils nous avaient prévenu, ils ont été accueillis par des élus et des services sociaux de la ville, ils sont partis conformément à ce qu’ils avaient dit, hier soir, je crois, ce matin restaient des sans domicile fixe, la police les a délogés de cet emplacement, voilà. Je crois que c’était normal, il n’y a pas de manque de logement pour ces personnes à Poitiers [sic !].

mise à jour (4) : Les 5 personnes en lutte sont sorties, et passeront en procès le 10 juillet   « pour avoir résisté avec violence en réunion »

mise à jour (5) : vidéo sur le site de la NR