[Marseille] L’Eglise contre le théâtre populaire

Marseille : un squat d’artistes menacé d’expulsion par l’Église

Marseille : le théâtre Nau n’a pas dit son dernier mot

Des artistes occupent l’ancien théâtre et rameutent un nombreux public. Mais la menace d’une expulsion plane…

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Le nom du lieu culturel qui casse la baraque en ce moment à Marseille ? Attention, la réponse est déroutante : on nomme le théâtre Nau (6e), la plus ancienne scène de la ville, 167 années d’art vivant dans le rétroviseur. Pourtant, si vous avez suivi, vous savez que ce bâtiment appartenant au diocèse a tiré le rideau en mai dernier, conséquence directe d’une menace d’arrêté de péril formulée par la municipalité.

Seulement voilà, la petite histoire retiendra que ce fameux théâtre Nau, rebaptisé le « NO ! occupé » par les pirates qui l’habitent jour et nuit depuis trois semaines, a battu ses records d’entrées et d’abonnés après sa fermeture. Le nombre d’adhérents au nouveau « NO ! », encartés en un temps record ? 990 ! « Ça prouve que ce lieu historique doit continue à vivre. Pour nous, bien sûr, parce qu’on y demeure. Mais aussi, pour le public et pour le quartier », lance Michaël Sanchez, attablé au premier étage du complexe.

C’est qu’avec une quinzaine de proches, tous artistes, ce solide gaillard de 29 ans est à l’origine de la résurrection du Nau. Plus précisément, de l’occupation de cette bâtisse de rêve : un superbe jardin, deux étages et une enfilade de pièces parfaites pour exposer ou répéter. Un domaine désormais transformé en squats socioculturel, comme il en existe des dizaines à Londres, Berlin ou Barcelone. « Mais aussi dans toutes les capitales européennes de la culture, à l’image de Lille », glisse Michaël. Qui poursuit : « Quand nous avons entendu parler de cet espace fermé, au potentiel énorme, nous avons décidé de l’investir pour en faire un lieu alternatif vivant ».

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Et en effet, l’association nouvellement crée n’a pas chômé : partie visible de l’iceberg, l’organisation de deux journées portes ouvertes avec une programmation relevée mêlant concerts, théâtres, vidéos… qui ont attirés un bon millier de personnes. Mais aussi, des débats tranchants sur le devenir du Marseille populaire. Et surtout, au quotidien, l’accueil de plusieurs dizaines de compagnies amateurs, semi-professionnelles ou professionnelles en manque de lieu pour s’exprimer. Dont des artistes américains et taïwanais.

« Ce n’est pas étonnant, tranche Michaël, dans cette ville, il est quasi impossible d’obtenir une salle de répétition quand on n’est pas pistonné, appuyé par l’Europe ou qu’on n’a pas dix ans d’existence… » À ses côtés, Thomas Dietsch, autre squatteur embarqué dans l’aventure du « No ! », embraye : « Il faut savoir que la nouvelle cité des arts de la rue a refusé 50% des compagnies candidates. Et nous, nos créneaux sont déjà archi-complets. C’est dire à quel point les besoins sont énormes. »

Au-delà de cet aspect pratique, l’association tente de défendre une autre idée de la culture : « Chez nous, c’est prix libre. Chacun donne ce qu’il veut ou peut, assène Michaël. Tu peux assister à un spectacle même si t’es en fin de mois et que tes poches sont vides. C’est cela une culture populaire accessible à tous. » Ce qui n’empêche pas l’exigence : « Plus Belle la vie, c’est pas notre truc, explique Thomas, plus généralement, à partir du moment où l’on n’est pas dans une logique de rentabilité, on ne se sent pas obligé de programmer ce qui plaît. On fonctionne au coup de cœur. »

Las, ce rôle assez singulier occupé par les « No ! » menace d’être supprimé. À la demande du diocèse, le sort du squat était en effet examiné aujourd’hui par la justice. Une expulsion est à craindre. « Notre dossier est solide, je crois que nous avons prouvé notre utilité et tous les endroits concernés par l’arrêté de mise en péril sont fermés au public », tente Michaël. Et de conclure, ironique : « Se faire mettre à la rue par l’Église, ça ne serait pas très charitable ».

Leur presse (Laurent D’Ancona, LaProvence.com), 27 octobre 2011

(Bourg-en-Bresse) Une famille non-scolarisante devant le tribunal

L’école n’est pas obligatoire en france, c’est l’instruction qui l’est. Les parents peuvent choisir l’instruction à la maison, c’est légal, et même continuer à percevoir les allocs. Dans ce cas, il faut se soumettre à des contrôles plus ou moins réguliers d’un inspecteur de l’éducation nationale. Ce n’est pas précisément le contrôle qu’ont refusé Sylvie et Régis pour leurs enfants, mais les modalités du contrôle, comme nous l’avons déjà raconté dans un article de février dernier. Aujourd’hui, illes sont convoqué-es devant le tribunal correctionnel.

Sylvie raconte :

Après avoir refusé des moda­li­tés de contrôle tota­le­ment irres­pec­tueu­ses ET de notre famille ET de nos droits, nous avons été signa­lés par l’ins­pec­teur d’aca­dé­mie de l’Ain, et sommes pour­sui­vis par le Procureur de la République de Bourg en Bresse, pour un délit que nous n’avons pas commis.
L’éducation natio­nale ne sait plus quoi faire pour nous faire plier, elle passe donc à l’inti­mi­da­tion en nous envoyant devant un juge.
Nous sommes accu­sés d’avoir « omis » de sco­la­ri­ser nos enfants après une mise en demeure de le faire de la part de l’ins­pec­teur d’aca­dé­mie. Non seu­le­ment nous n’aurions jamais « omis » de sco­la­ri­ser nos enfants, car nous aurions tout sim­ple­ment « refusé » haut et fort de le faire mais en plus, nous n’avons JAMAIS reçu de mise en demeure.

Plusieurs familles menacées :

L’étau se res­serre. Plusieurs famil­les se voient mena­cées, envoyées devant les juges, pour les mêmes rai­sons que nous : exiger res­pect et com­pé­tence de la part de celui qui vien­dra nous contrô­ler. Apparemment, c’est trop deman­der.
A court d’argu­ments, , ils ten­tent de nous faire passer pour une secte afin de nous faire plier.
Rendez-vous donc le 15 novem­bre 2011 devant le Tribunal Correctionnel de Bourg en Bresse, pour ceux qui sou­hai­te­raient nous sou­te­nir.

Nous avons fait une vidéo qu’on peut voir ici.

Et le reste des infor­ma­tions sur notre his­toire ici.

Sylvie

Vu sur Rebellyon, 28/09/2011

Les flics expulsent de nouveau à la Courneuve

Nouvelle évacuation d’un campement à La Courneuve

Faute de logement, plusieurs dizaines de personnes vivaient depuis sept mois dans des tentes installées au cœur de la cité des 4 000 après avoir été plusieurs fois expulsées.

Plusieurs dizaines de personnes installées depuis mi-avril dans des tentes sur une place de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) ont été évacuées ce matin. Le tribunal administratif de Montreuil avait ordonné mercredi leur expulsion.

Faute de logement, environ 80 adultes et 20 enfants (selon les chiffres de l’association Droit au logement, Dal) vivaient depuis sept mois dans des tentes installées devant un centre de santé, place de la Fraternité, au cœur de la cité des 4 000. Lors de l’évacuation, une quarantaine d’entre eux seulement étaient présents, beaucoup étant partis travailler.

Les personnes en situation régulière vont être hébergées en hôtel, selon la préfecture de Seine-Saint-Denis. Cela concerne 14 hommes, 21 femmes et 9 enfants, selon cette source. La situation de 11 autres personnes était en cours de vérification en milieu de journée. Un retour volontaire dans leur pays sera proposé aux personnes en situation irrégulière. Une personne a été placée en garde à vue pour des violences lors de l’évacuation, a précisé la préfecture.

Certains évacués, ceux qui doivent être hébergés, sont montés dans un bus après l’évacuation. D’autres n’y ont pas eu accès ou ont refusé, demandant une nouvelle fois un logement.

«Moi, je ne monte pas, je ne veux pas passer l’hiver à l’hôtel et l’été dehors. On a passé neuf mois à l’hôtel l’année dernière, puis on a été jetés dehors», a ainsi crié une jeune mère, Massandjé Kamara. «Je paie des impôts, je veux un logement, il y en a derrière le RER, pourquoi ils ne nous les donnent pas?», a-t-elle critiqué.

Ces personnes, pour beaucoup originaires de Côte-d’Ivoire, n’en sont pas à leur première expulsion. En juillet 2010, elles avaient été évacuées de la barre Balzac, où elles vivaient sans droit. Elles se sont ensuite installées au pied de cet immeuble, ce qui a provoqué leur deuxième expulsion au bout de quelques semaines.

Elles ont alors été hébergées en hôtel jusqu’en avril. Depuis, elles étaient installées sur la place de la Fraternité, demandant toujours des logements.

Source : AFP – 7 novembre 2011

Pour rappel (attention, images choquantes) :

http://www.youtube.com/watch?v=UFewVLSW0tU

Appel à deux rassemblements

Dans le cadre des attaques globales portées, contre les populations du monde entier par les institutions militaires, et contre la dignité des femmes, des homosexuelLEs et transgenres par le lobby catholique intégriste pro-IVG, le groupe Pavillon Noir appelle à DEUX rassemblements, qui auront lieu dans les jours à venir :

http://fa86.noblogs.org/?page_id=325

Vendredi 11 novembre, Poitiers, Place d’armes, 16h : rassemblement antimilitariste.

Samedi 19 novembre, Poitiers, parvis de Notre-Dame, 14h30 : contre-rassemblement contre les intégristes anti-IVG de « SOS tout-petits ».

Et parce qu’il ne s’agit pas que de lutter contre, mais aussi POUR tisser
ici et maintenant des liens solidaires et des alternatives concrètes au
désastre social en cours, nous vous rappelons aussi cet événement :

Mercredi 16 novembre, Poitiers, Biblio Café, Rue de la Cathédrale, 19h-20H30 : L’autogestion : échange d’expériences et de projets. Proposé par le groupe Pavillon Noir (Fédération Anarchiste 86). Entrée libre.

Groupe Pavillon Noir, Fédération Anarchiste 86

7 milliards d’êtres humains, mais avec quel système social ?

En ce lundi 7 novembre 2011, quoi de neuf en ce monde ??? Selon les statisticiens de l’ONU, la belle planète Terre compterait désormais sept milliards de résidents. À quelques dizaines de millions près, car les chiffres ne sont pas aussi précis que les amateurs d’anniversaires et de nouvelles sensationnelles veulent le dire.

Contrairement aux précédents seuils connus, ce nouveau record n’a pas été accueilli par les cris d’horreur de soi-disant savants prophétisant les plus grandes catastrophes pour cause de « surpopulation ». En effet la croissance démographique ralentit et les extrapolations calculées actuellement par les démographes laissent prévoir une augmentation lente, voire à terme une stabilisation du nombre total d’êtres humains.

 

En fait, personne ne s’est jamais inquiété d’un trop grand nombre d’hommes en général, mais toujours d’un trop grand nombre de pauvres. Des philosophes grecs du temps de l’Athènes esclavagiste, il y a 2 500 ans, craignaient que les hommes libres et propriétaires soient incapables de contrôler et d’asservir un trop grand nombre de pauvres. À l’époque de la révolution industrielle anglaise, vers 1800, l’économiste Malthus, inquiet de voir les ouvriers pulluler sous ses fenêtres, voulait limiter leur fécondité et leur nombre, au besoin en les affamant. Il y a quarante ans, des démographes occidentaux, craignant l’arrivée des hordes d’affamés du Tiers Monde venant dévorer leur bol de céréales jusque dans leur cuisine intégrée, prédisaient l’explosion de la « bombe démographique » au tournant du 21e siècle. Encore aujourd’hui, des commentateurs affirment que les pays pauvres doivent d’abord leur misère à leur trop forte population. Mieux encore, les théoriciens de la « décroissance » prétendent que c’est le trop grand nombre d’êtres humains qui détruirait la planète.

Cette litanie de prétendues théories démographiques a un point commun : la peur des pauvres, réflexe ancestral et vital de tous les possédants.

 

Car la question n’est pas, et n’a jamais été, dans le nombre d’êtres humains. Elle réside dans la façon dont la société est organisée. Les démographes sérieux, les agronomes de l’ONU et jusqu’à son secrétaire général, l’ont dit à l’occasion de la naissance de notre sept milliardième contemporain : organisée rationnellement, la Terre peut nourrir, vêtir, éduquer, soigner bien plus de sept milliards d’êtres humains.

Mais, et évidemment l’ONU ne le dit pas, il faudra pour cela se débarrasser de l’oppression, c’est-à-dire de l’organisation capitaliste de la société, de la loi du profit qui entrave aujourd’hui tout le développement humain, qui commence même à le ramener en arrière. Alors que nous pouvons créer un monde, libertaire ou les notions de  liberté, de solidarité, de proximité, de respect, de consensus, d’égalité, d’entraide et de culture seront la priorité des gens  et c’est cet avenir-là qu’il faut souhaiter et préparer, pour le sept milliardième humain et tous les suivants.

Voila encore un jour en ce beau monde….allez allez circulez il y a rien à voir !!!!!

 

Billet d’humeur du groupe de Bethune de la fédération Anarchiste, 7 novembre 2011