Archives mensuelles : janvier 2012

[Montpellier] Le squat Très Très Grand Coeur expulsé par le GIPN

Montpellier – Expulsion TTGC

Montpellier, quartier Figueroles. Expulsion ce matin par le GIPN du squat le « Très Très Grand Coeur ». Une vingtaine de personnes à la rue. Pas de blessés, une personne interpellée puis relachée. La SERM, organisme d’aménagement urbain de Montpellier,grand acteur de la gentrification, propriétaire des lieux etait présente lors de l’expulsion. Nique les porcs, nique la SERM. Brule ton propriétaire. Plus d’infos plus tard.

Indymedia Paris-IDF, 26 janvier 2012

Nouvelle découverte sur les effets possibles des OGM

OGM et santé : la polémique éclate à nouveau

Selon une récente étude chinoise, les aliments pourraient avoir un effet sur nos gènes. Pour le site militant AlterNet, c’est la preuve qu’il faut réformer la réglementation sur les produits génétiquement modifiés.

Des chercheurs chinois ont découvert dans le sang et les organes d’êtres humains des traces d’acide ribonucléique (ARN) provenant du riz. Cette équipe de l’université de Nankin, menée par le biologiste Chen-yu Zhang, a démontré que ce matériel génétique pouvait se fixer à l’intérieur de cellules du foie et influer sur le taux de cholestérol dans le sang. Le type d’ARN en question est appelé micro-ARN en raison de sa taille extrêmement petite. Depuis sa découverte, il y a une dizaine d’années, des études ont montré que le micro-ARN est impliqué dans l’apparition de plusieurs affections humaines, parmi lesquelles le cancer, la maladie d’Alzheimer et le diabète, et qu’il fonctionne en bloquant certains gènes.

Tomate à longue conservation

Les chercheurs chinois ont mis en évidence le premier cas in vivo de micro-ARN d’origine végétale capable de résister à la digestion et d’influer sur les fonctions des cellules humaines. Si les résultats de leurs recherches sont confirmés par un examen scientifique approfondi, cela tendrait à prouver que, quand nous mangeons, nous ne consommons pas seulement des vitamines et des protéines, mais aussi des régulateurs de gènes.

Même si à l’origine cette étude n’avait rien à voir avec les OGM, elle pourrait avoir des implications sur ce front. Les travaux de l’équipe chinoise révèlent en effet la ­possibilité que de nouveaux produits alimentaires, comme les organismes génétiquement modifiés, aient des effets jusqu’ici méconnus sur la santé humaine.

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Courrier International, 26 janvier 2012

Contre la laïcité répressive et xénophobe

Un point de vue du sociologue Jean Baubérot sur la laïcité. Nous ne le partageons pas totalement car notre lutte antireligieuse se positionne clairement contre toute forme de répression étatique. Nous jugeons néanmoins intéressant de relayer ici cette analyse sur l’instrumentalisation xénophobe qui est faite de cette loi de 1905, par des partis politiques – à droite et à gauche.

Une laïcité méconnue, mais brandie par tous en étendard, selon Jean Baubérot

Plus célèbre que connue, la loi de 1905, invoquée de façon incantatoire par les politiques, est volontiers manipulée et déformée à des fins partisanes, selon Jean Baubérot, qui publie « La Laïcité falsifiée », sujet revenu au premier plan de la campagne présidentielle.

Ce professeur émérite de la chaire « histoire et sociologie de la laïcité » à l’Ecole pratique des Hautes Etudes évoque ces « escamotages » dans un entretien à l’AFP.

« L’évolution de l’emploi du terme laïcité au cours des dix dernières années a abouti à réduire la laïcité à des problèmes de neutralité. Et la manière dont on traite de la neutralité est de plus en plus éloignée de la loi de séparation de 1905 » de séparation des Eglises et de l’Etat.

Or, dit-il, « cette loi, vraiment équilibrée, instaure une laïcité qui est la même pour tous. Elle fait les mêmes peines pour les atteintes à la liberté religieuse et à la liberté de convictions non religieuses. C’est une laïcité qui est incompatible avec la stigmatisation des immigrés ».

« Inscrire dans la Constitution la loi de 1905 serait à mes yeux un progrès, parce qu’on cesserait alors de penser uniquement à l’Islam quand on parle de laïcité », poursuit-il en allusion à la récente proposition du candidat socialiste François Hollande. « Mais cela reviendrait à briser la loi du silence sur le statut concordataire en vigueur en Alsace-Moselle », prévient-il.

Pour Jean Baubérot, la « mutation » de la loi a commencé en 2003, quand a surgi le concept d’une « nouvelle laïcité, culturelle et identitaire, qui ne serait pas acceptée par une partie des immigrés, notamment des musulmans ».

De gauche à droite

« La laïcité, considérée comme une valeur de gauche, a alors glissé vers la droite où il a été dit que jusqu’à un certain point elle était incompatible avec les Droits de l’Homme ».

« A force de parler de communautarisme et d’intégrisme, sans en définir les termes, on a permis que le Front national s’empare de ce sujet, comme l’a fait Marine Le Pen avec l’occupation par les musulmans de pans du territoire soumis à la loi religieuse. Un habile tour de passe-passe ».

Une logique de « laïcité culturelle et identitaire » qui a, selon lui, été « reprise par d’autres comme Jean-François Copé et la droite populaire ».

En avril dernier, le débat de l’UMP que Jean-François Copé voulait lancer sur l’Islam dans la république, a suscité des remous, y compris au sein de son parti, relève Jean Baubérot.

« Mais cela montre bien que la laïcité était utilisée comme un mot-leurre, un masque et que sa véritable intention était de faire un débat sur l’Islam et la République. Une partie de la droite a refusé d’abonder dans le débat, comprenant qu’il y avait, là aussi, un tour de passe-passe ».

Interrogé sur la proposition de loi adoptée au Sénat, majoritairement à gauche, sur le principe de laïcité dans les crèches, centres de loisirs et pour les assistantes maternelles, Jean Baubérot se dit « très étonné ».

« On a l’impression d’une certaine improvisation. Elle me semble aller contre les équilibres de la loi de 1905, en stigmatisant le port du simple foulard à domicile, plus que tout autre signe religieux et alors qu’on peut soumettre un un enfant à n’importe quelle ânerie à la télévision ».

« La loi permettrait, dans un gouvernement autoritaire une intrusion policière au domicile, ce que ne veulent pas les auteurs de la loi. Reste qu’ils ne seront peut-être pas toujours au pouvoir et que leur loi pourrait être appliquée de manière liberticide. »

La laïcité falsifiée, Editions La Découverte (paru en janvier)

AFP, 26 janvier 2012

[Tibet] Réseaux de communication coupés, forces armées déployées

Répression de Tibétains en Chine: communications et déplacements entravés au Sichuan

Le téléphone, l’internet et la circulation routière étaient perturbés jeudi dans une vaste région tibétaine du Sichuan d’où filtraient cependant des détails sur la répression violente des manifestations du début de semaine par la police chinoise.

La préfecture de Ganzi, qui borde le Tibet et où vivent de nombreux Tibétains, a connu lundi et mardi des manifestations dont la répression a fait deux morts, selon Pékin, entre trois et une dizaine, selon les groupes d’exilés — les troubles les plus graves depuis les émeutes antichinoises de 2008.

La sécurité avait déjà été renforcée dans la préfecture de Ganzi, comme celle, voisine, d’Aba, après une quinzaine d’immolations par le feu (ou de tentatives) de moines et nonnes tibétains depuis moins d’un an.

Mais jeudi, la vaste préfecture de Ganzi fonctionnait au ralenti: les liaisons téléphoniques étaient très perturbées, l’internet ne marchait plus et les déplacements étaient restreints par des membres des forces de sécurité déployés massivement.

Des dizaines de véhicules de police — 4×4 et autocars– empruntaient la route enneigée de montagne vers Luhuo et Seda, théâtre des manifestations de lundi et mardi, depuis la capitale provinciale de Chengdu, ont constaté des Journalistes de l’AFP.

« Ils étaient descendus à Chengdu fêter le nouvel an (lunaire), et ils doivent rentrer avant la fin des congés en raison des troubles », explique Zhou Ming, un chauffeur qui emprunte souvent l’itinéraire.

Il s’étonne de ne pouvoir joindre aucun de ses amis là-bas. « Les appels n’aboutissent pas » dit-il, supposant que « le gouvernement a coupé les communications ».

L’AFP n’a pas pu non plus joindre les moines du monastère de Drakgo, à côté de Luhuo.

Les appels passés à 19 hôtels, restaurants, librairies, sociétés ou boutiques de Luhuo donnaient tous une tonalité « occupé », laissant penser que les liaisons avaient été coupées.

A Seda, les téléphones de 15 hôtels et restaurants sonnaient également tous « occupé ».

Des associations de défense des Tibétains ont indiqué que ceux-ci ne pouvaient pas se déplacer librement à Seda, certaines ajoutant que la zone était coupée du monde, d’autres faisant état de l’arrivée d’au moins 40 camions militaires.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, au bout d’un tunnel menant à Luding, à 300 km de Luhuo, les policiers avaient monté un barrage filtrant.

« Vous ne pouvez pas aller plus loin en raison de la neige et devez faire demi-tour pour votre propre sécurité », a assuré un des agents au chauffeur des Journalistes de l’AFP.

Les forces de l’ordre étaient omniprésentes jeudi jusqu’à Chengdu, à 600 km tout de même de Luhuo, où, dans le quartier tibétain, des véhicules de police étaient visibles tous les 50 mètres.

Les Journalistes de l’AFP ont très rapidement été entourés par une dizaine de policiers en uniforme et en civil. « Il est interdit de prendre des photos et d’interroger les gens », a déclaré un officier après avoir scrupuleusement noté les identités des deux reporters.

Malgré ces difficultés, l’organisation International Campaign for Tibet (ICT), dont le siège est aux Etats-Unis, a pu obtenir auprès de Tibétains des détails sur la manifestation mardi à Seda contredisant la version officielle.

A Seda, selon l’agence Chine nouvelle, un émeutier a été tué par la police après l’attaque d’une foule violente équipée de couteaux, bonbonnes de gaz et fusils.

Mais d’après les témoignages recueillis par ICT, des centaines de Tibétains se sont réunis dans le calme sur la place du centre-ville, puis la police a fait usage de gaz lacrymogènes avant de se mettre à tirer dans la foule.

« Des Tibétains couraient partout pour se cacher. Certains ne pouvaient pas s’enfuir parce qu’ils avaient été grièvement blessés », a dit un témoin.

D’autres ont affirmé que « la place était couverte de sang » après les coups de feu.

La veille une manifestation de Tibétains avait aussi été violemment réprimée non loin, à Luhuo, où Pékin a admis la mort d’un Tibétain, chiffre porté à au moins deux par les associations protibétaines.

AFP, 26 janvier 2012

Système carcéral : une victoire de l’OIP contre les fouilles à nu systématiques

Le juge suspend les fouilles intégrales à la prison

Les fouilles à nu systématiques qui se pratiquent au centre de détention de Vivonne sont dégradantes et contraires à la loi, a estimé le président du tribunal.

L’Observatoire international des prisons vient de remporter une victoire significative dans le combat qu’il a engagé contre une pratique courante dans les centres de détention français : la fouille systématique des détenus entièrement nus après tout contact avec le monde extérieur.

Suivant une jurisprudence au moins implicite du Conseil d’État, le président du tribunal, Jean-Jacques Moreau, exerçant les fonctions de juge des référés, a suspendu hier soir la pratique du régime de fouilles corporelles intégrales systématiques jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond du dossier.

Les fouilles à nu contraires à la Convention des droits de l’homme

Le juge enjoint au directeur du centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne d’appliquer immédiatement cette décision en suspendant l’article du règlement intérieur qui organise ces fouilles. Il aura fallu attendre sept jours après l’audience de mercredi dernier pour que le juge rende sa décision, qui devrait susciter quelques remous, notamment parmi le personnel pénitentiaire. L’ordonnance de référé s’appuie sur deux textes fondamentaux. Le premier est l’article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, dont la France est signataire. Cet article stipule : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ». Le second texte, plus précis dans ses dispositions, est la loi française adoptée en novembre 2009 qui indique clairement que les fouilles intégrales doivent obligatoirement être justifiées, soit parce qu’on soupçonne le détenu d’avoir commis une infraction (introduction illégale d’un objet, par exemple), soit parce que, par son comportement, il fait courir des risques aux autres occupants de la prison, détenus, gardiens ou intervenants extérieurs. La fouille systématique de chaque détenu, qui peut intervenir plusieurs fois par mois, telle qu’elle est pratiquée à Vivonne, se fait chaque fois qu’un détenu rentre d’une présentation au tribunal ou a fortiori d’une permission ; chaque fois aussi qu’il a rencontré un proche au parloir, mais aussi son avocat ou un travailleur social. Si bien, comme l’explique Barbara Liaras, représentante régionale de l’Observatoire, que certain détenus préfèrent renoncer au parloir plutôt que de subir cette humiliation. Cet aspect systématique et non justifié des fouilles, estime le juge, viole la loi et la Convention des droits de l’homme. Le ministère de la Justice garde la possibilité de faire appel de cette ordonnance. Mais, précise l’OIP, cet appel ne saurait être suspensif. Par voie de conséquence, dès ce matin les fouilles à nu systématique sont hors-la-loi à la prison de Vivonne. « Nous allons maintenant essayer de vérifier que le jugement est effectivement appliqué », expliquait hier Barbara Liaras.

Nouvelle République, Vincent Buche, 26 janvier 2012