Archives mensuelles : janvier 2012

Les associations subventionnées mises au pas du marché

Sur l’impasse de l’illusion citoyenniste d’une collaboration entre les associations et l’Etat :

Quand le gouvernement creuse la tombe du secteur associatif

Les associations seraient des entreprises comme les autres. C’est en substance ce qu’affirme une circulaire de François Fillon, qui depuis deux ans met à mal le secteur associatif. Appels d’offres, mise en concurrence, marchandisation : la nouvelle vision du gouvernement transforme encore davantage les associations en prestataires de services, qui doivent rentrer dans les cases de « dispositifs ». Une logique de marché, au détriment de la connaissance de terrain ou de l’expérimentation sociale.

La mauvaise nouvelle est tombée : le centre social Accueil Goutte d’Or (AGO) n’a pas été retenu par le département de Paris pour le suivi d’allocataires du RSA. Une centaine de personnes, au 31 décembre, ont été réorientées vers les onze associations choisies par la commission d’appel d’offres. L’arrêt forcé de cette activité est révélateur de difficultés auxquelles sont maintenant confrontées les petites structures associatives.

En 1997, AGO avait constaté que beaucoup d’allocataires du RMI à la Goutte d’Or n’étaient pas suivis dans leur parcours d’insertion. Le centre social avait déposé un projet, accompagné d’une demande de subvention, afin de pallier ce manque. L’action a été mise en place. Mais, en 2006, le gouvernement s’appuie sur une directive européenne qu’il interprète d’une façon restrictive pour obliger les départements à financer cette action sous forme d’un marché public. Résultat : un appel d’offres qui met en concurrence les structures susceptibles d’effectuer le suivi des personnes en difficulté. Le 18 janvier 2010, une directive Fillon confirme cette vision en affirmant que « la grande majorité des activités exercées par des associations peut être considérée comme des activités économiques ». La directive encadre sévèrement les règles de subventionnement des associations.

Les associations, des prestataires de services ?

« Cette directive libérale sous-entend qu’un service public doit avant tout être rentable », assène Bernard Massera, vice-président d’AGO. Ce changement transforme fondamentalement les relations entre les associations et les collectivités territoriales. « Avec le système de subvention, les citoyens, au travers de leurs associations, pouvaient imaginer et mettre en œuvre des dispositifs, des actions correspondant à leurs besoins spécifiques », précise Bernard Massera. La relation est inversée avec la procédure d’appel d’offres : là, ce sont les pouvoirs publics qui déterminent les besoins et qui transforment les associations en entreprises prestataires de services. Les difficultés sociales deviennent un marché. Plutôt que de collaborer, les associations sont mises en concurrence.

Dans le monde « merveilleux » de la concurrence, les allocataires du RSA sont répartis en plusieurs lots. Un lot pour les SDF, un autre pour les plus de 50 ans, un pour les familles monoparentales, un pour les personnes souffrant d’addictions. Fini, le « ça dépend » reflétant la complexité des situations vécues. Finie, la transversalité que fournissent les petites structures. « Même si on recevait les allocataires individuellement, on leur proposait des activités collectives, explique Christine Ledésert, directrice du centre social. Un exemple parmi beaucoup : deux allocataires écrivains ont mené un débat autour de l’écriture d’un roman policier, du coup un certain nombre d’allocataires ont décidé d’écrire un polar. »

Quand les grosses associations raflent tous les « marchés »

Ce travail de mobilisation tous azimuts a été possible car les ressources de tout le centre social ont été mises à contribution pour sortir les allocataires de leur isolement afin qu’ils se remettent à se projeter dans l’avenir. « On a fait l’erreur d’être candidats sur un seul arrondissement », poursuit-elle. Car, désormais, les commissions favorisent les grosses associations qui travaillent sur plusieurs arrondissements. Pour les pouvoirs publics, la crédibilité ne passe plus par la connaissance minutieuse du territoire et des populations, mais par le volume d’activité : les grosses associations proposent des prestations moins chères, car leur taille leur permet des économies d’échelle. Les petites structures sont incapables de s’aligner. Comme pour les travaux publics, le « moins-disant » a toutes chances de rafler « le marché ».

À la clé, la disparition pure et simple des petites structures ou leur absorption par de plus grosses. Autre danger : les associations ont un rôle de laboratoires d’expérimentations sociales. Or, la procédure d’appel d’offres met en place des cahiers des charges extrêmement détaillés. Les associations devraient alors se contenter de fournir les prestations attendues par les pouvoirs publics, ou bien les plus rémunératrices, plutôt que d’innover, ce qui est pourtant une de leurs missions.

Faire reconnaître les spécificités des associations

Qu’en pensent les élus ? Ils semblent majoritairement persuadés que l’appel d’offres est une preuve de transparence et ne paraissent pas choqués par la transformation des citoyens en consommateurs et des associations en exécutants. « On ne peut s’empêcher d’éprouver un sentiment de gâchis, remarque Anne, une allocataire suivie par AGO. Quelle économie y aura-t-il à recommencer ce qui a déjà pris du temps à se mettre en place ? »

Le Collectif des associations citoyennes est né en 2010 de la réaction d’une vingtaine d’associations après la publication de la circulaire Fillon. « Le rôle des associations n’est pas uniquement ni même essentiellement un rôle d’opérateurs économiques, explique le collectif. Les associations représentent, avec les instances politiques et les syndicats, l’un des trois piliers de notre vie démocratique. Leurs objectifs, les valeurs qu’elles portent et leurs pratiques sont l’expression de la société civile et de sa contribution à la vie démocratique. »

Le collectif rassemble aujourd’hui plus de 200 associations, dont 35 réseaux nationaux. Il demande que soient reconnues les spécificités de l’action associative, pour les actions qui relèvent des aides d’État : une association ne rend pas les mêmes services qu’une entreprise privée, du fait de sa dimension sociale, participative et du fait de la place du bénévolat. De nombreuses propositions ont été élaborées pour une nouvelle politique associative, à destination des candidats aux élections présidentielle et législatives : agir sur la réglementation européenne, abroger la loi sur réforme des collectivités territoriales, mettre en place une autre RGPP (Révision générale des politiques publiques), redéfinir la réglementation nationale des subventions aux associations, élaborer une loi de définition de l’économie sociale et solidaire, construire de nouvelles relations entre associations et collectivités. Pour que les associations ne connaissent pas le sort actuel des services publics : une remise en cause totale, au profit de logiques marchandes.

Basta Mag, Nadia Djabali, 31 janvier 2012

L’éxécutif recadre des juges trop curieux

La « séparation des pouvoirs » législatif, exécutif et judiciaire a toujours été une farce. Il n’est donc pas question ici de défendre une « justice indépendante », qui sera toujours de classe dans le cadre de la pseudo-démocratie actuelle. Mais d’illustrer ce fait par une nouvelle affaire, qui démontre qu’une fois de plus le boulot des magistrats osant fureter hors des clous (du côté de la bourgeoisie et de la politicaille) est rendu impossible :

Poursuites disciplinaires contre un juge instruisant des affaires sensibles

Le ministre de la Justice poursuit devant le Conseil supérieur de la magistrature le juge d’instruction Patrick Ramaël, rompu aux enquêtes politiquement sensibles, une procédure dénoncée par l’avocat du magistrat comme une « tentative de déstabilisation » par l’exécutif.

Le juge Ramaël, qui enquête sur la disparition en Côte d’Ivoire du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, se voit reproché des « insuffisances professionnelles », selon la lettre de saisine du Conseil supérieur de la magistrature CSM) signée par le garde des Sceaux Michel Mercier et que l’AFP a consultée.

Cette procédure disciplinaire intervient après celle devant le CSM contre le juge d’instruction financier Renaud Van Ruymbeke, qui enquête sur l’affaire Karachi, et des tentatives de pressions sur le juge antiterroriste Marc Trevidic.

A l’égard du juge Ramaël, le ministre formule trois griefs: deux portant sur le « délai anormalement long » dans le traitement de deux affaires et le troisième pour son « comportement inadapté à l’égard de sa hiérarchie ».

La première affaire dont le traitement est qualifié d' »anormalement long » est un différend entre une sénatrice et son assistante parlementaire à propos de l’achat de matériel informatique pour laquelle le juge a, selon M. Mercier, fait preuve d’un « comportement inadapté » envers la partie civile. L’autre affaire concernait une plainte contre deux policiers.

Le ministre reproche aussi au juge ses relations difficiles avec sa hiérarchie, en particulier avec l’ex-président du TGI de Paris Jacques Degrandi, devenu premier président de la cour d’appel de Paris.

« En répondant sur un ton lapidaire et polémique à la demande légitime du président du tribunal de Grande instance portant sur des données d’analyse statistique (…), M. Ramaël a manqué à ses devoirs de loyauté et de délicatesse à l’égard de sa hiérarchie », estime M. Mercier.

Le ministre reconnaît toutefois que le juge est qualifié, selon une évaluation professionnelle en 2009, « de magistrat pénaliste expérimenté et consciencieux qui s’implique totalement dans l’exercice de ses fonctions ».

L’avocat de M. Ramaël, Me Alexis Gublin, a dénoncé une « tentative de déstabilisation inacceptable ».

« En décidant de poursuivre Patrick Ramaël devant le CSM, le pouvoir politique démontre une nouvelle fois sa volonté d’exercer des pressions sur les magistrats du siège chargés des dossiers sensibles et d’entraver l’indépendance de leurs enquêtes », a-t-il dit l’AFP.

Dans l’enquête sur la disparition en 2004 de Guy-André Kieffer, les investigations se sont orientées vers des cercles proches de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo. En juillet 2008, M. Ramaël s’était saisi d’un dossier à l’Elysée.

Il enquête également sur la disparition en 1965 à Paris de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka, le conduisant à perquisitionner en 2010 à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

L’association française des magistrats instructeurs (Afmi) s’est dite « consternée », voyant dans ces griefs « des prétextes pour tenter de sanctionner un magistrat de grande qualité, qui a sans doute commis +l’erreur+ de lancer quatre mandats d’arrêt internationaux en octobre 2007, dans l’affaire Ben Barka, visant de hautes dignitaires marocains ».

« Après Marc Trevidic et Renaud Van Ruymbeke c’est aujourd’hui au tour de Patrick Ramaël d’être la victime de ce harcèlement », a renchéri Me Gublin.

Le juge Trevidic, travaillant sur l’attentat de Karachi ou les moines de Tibéhirine, a été l’objet de « tentatives de pression », selon des syndicats de magistrats. Son collègue Van Ruymbeke est visé depuis 2007 par une procédure disciplinaire devant le CSM pour son action en marge de l’affaire Clearstream.

AFP, 31 janvier 2012

Le Sgen-CFDT contre la grève et pour régler le conflit dans les urnes…

Cela peut passer pour une blague aujourd’hui, mais la CFDT se réfère toujours, en théorie, à la charte d’Amiens. Charte qui prône l’indépendance syndicale à l’égard des partis politiques, la lutte de classe et l’expropriation des capitalistes. Au fonctionnement capitaliste et pseudo-démocratique doit se substituer l’organisation syndicale des travailleurs, selon le mode fédéraliste.

En théorie…

Voici une triste illustration du syndicalisme d’aujourd’hui :

Sgen-CFDT :  » Budget : la mobilisation devra se faire dans les urnes « 

Pour le Sgen-CFDT, « la préparation de la rentrée 2012 sera une des plus difficiles jamais vue. Les destructions de postes atteignent un niveau qui fait reculer le service public de façon inédite ». Le syndicat d’enseignants rappelle que dans notre académie cela représente 129 postes dans le premier degré, 58 postes dans le second et 15 postes d’administratif supprimés. « A l’évidence, les conséquences négatives seront multiples : hausse des effectifs par classes ; détérioration aggravée de l’offre scolaire aux tout-petits ; liquidation de beaucoup de RASED ; renoncement sur l’éducation prioritaire ; suppressions d’options ; dégradation du remplacement… » Il appelle les enseignants à s’engager dans l’ensemble des initiatives qui seront prises localement « pour faire valoir les besoins éducatifs, obtenir le retrait des mesures de casse, le maintien et l’ouverture des postes nécessaires ». Le Sgen-CFDT ne pense pas que « l’organisation d’une grève mensuelle soit une réponse au profond malaise des personnels et il est probable que ce conflit se réglera dans les urnes ! ».

Nouvelle République, 31 janvier 2012

LGV Poitiers-Limoges imposée aux forceps

La 147 aux abois, la LGV passe

La LGV Poitiers-Limoges devient un peu plus concrète avec la présentation en réunions publiques du tracé. Mais l’hostilité contre elle ne s’est pas calmée.

La LGV existe, sur ordinateur. Mais pas dans l'esprit des futurs riverains qui n'en veulent pas.

La LGV existe, sur ordinateur. Mais pas dans l’esprit des futurs riverains qui n’en veulent pas.
 

Ce que je vois c’est qu’on veut une 2X2 voies qu’on n’aura pas et qu’on aura une LGV qu’on ne veut pas. La réflexion en sourdine dans les rangs du public lhommaizéen de la réunion publique sur le tracé de la LGV Poitiers-Limoges en dit long sur le dialogue de sourds qui préside autour de ce projet ferroviaire.

Face à une quarantaine de personnes plus ou moins riveraines du futur tracé de 112 km entre les deux capitales régionales, les représentants de Réseau ferré de France ont fort à faire pour recadrer le débat. Même s’ils ont annoncé d’emblée qu’ils sont là pour présenter un projet de tracé, des aménagements destinés à en réduire l’impact et pour écouter suggestions, remarques et demandes de modifications, l’audience ne l’entend de cette oreille. Pour les Lhommaizéens, la LGV est tout simplement inutile, trop chère et surtout n’est pas la RN 147 doublée espérée depuis 30 ans au moins (lire « ça fait polémique »). Inutile car les 38 minutes de trajet entre Poitiers et Limoges concurrenceraient les 95 minutes (chiffres RFF contestés par les usagers) du TER actuel. TER qui, à leurs yeux, pourrait être modernisé à moindre coût. Pour RFF, jamais on n’atteindrait les performances du TGV avec un TER sauf à accepter des nuisances supérieures. Et surtout, on n’atteindrait pas les 2 heures exigées pour relier Paris à Limoges.

Où et comment ?

La LGV serait trop chère (1,6 milliards d’euros) dans une période de crise. Les opposants doutent d’ailleurs du chiffre. RFF explique que les 2,7 milliards que ses opposants évoquent comprennent des coûts pour l’exploitant hors infrastructure. Et quand RFF avance une fréquentation de 2,2 millions de voyageurs par an, ce sont carrément des rires incrédules qui montent de la salle. « Le TGV est un train de riches », s’exclame un spectateur. RFF présente à l’appui la fréquentation actuelle (1,8 millions de voyageurs) de la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse. Les représentants de RFF tentent bien à plusieurs reprises de recadrer le débat. « La LGV se fera parce qu’un débat public et une enquête publique ont déjà conclu qu’elle devait se faire. » On n’est plus là que pour décider où et comment elle passera. La force de la simulation 3D du tracé finit par l’emporter et le public s’inquiète désormais des nuisances du chantier, de l’implantation des équipements, des aménagements paysagers…

ça fait polémique

Cette LGV souffre indéniablement d’arriver dans un territoire qui pleure sa desserte routière depuis 30 ans. « Ça fait 30 ans qu’on demande le doublement de la RN 147 et il suffit de 3 ans pour sortir un projet de tracé pour cette LGV. C’est bien une question de volonté ! » s’emporte un Lhommaizéen. Depuis des années en effet, les élus du Sud Vienne s’époumonent littéralement à réclamer le doublement de la RN 147. L’arrivée de ce projet de LGV Poitiers-Limoges est passée pour une provocation. Et ce n’est pas le débat public sur le sujet qui a apaisé les esprits. Trop souvent, les opposants au projet ont eu l’impression de parler dans le vide. Quitte à se mettre à dos leurs homologues limousins demandeurs à bon droit, les élus du Sud Vienne dénoncent un projet qui nuit à la desserte locale et à l’aménagement du territoire. Ils réclament à corps et à cris le doublement de la RN 147, quitte à refuser de financer le chemin de fer tant que la RN 147 n’avance pas. RFF argumente sur le fait que la DREAL, maître d’ouvrage de la 147, ne dispose pas des mêmes moyens d’étude. Mais surtout, les responsables du projet expliquent que le couplage de la LGV avec la 147, auquel ils ont veillé sur tout le parcours, permettra un doublement de la 147 à moindre coût.

Nouvelle République, Dominique Guinefoleau, 31 janvier 2012

[Belgique] Jour de grève générale

La Belgique tourne au ralenti pour protester contre l’austérité

Les syndicats belges ont salué la « réussite » de la grève générale organisée lundi en Belgique pour protester contre les mesures d’austérité en Europe et réclamé une « politique de relance » aux dirigeants des 27 attendus plus tard dans la journée à Bruxelles.

Des membres des différents syndicats belges bloquent l'entrée d'une artère  menant au port de Zeebrugge dans le cadre d'une grève générale, le 30 janvier 2012

Des membres des différents syndicats belges bloquent l’entrée d’une artère menant au port de Zeebrugge dans le cadre d’une grève générale, le 30 janvier 2012

« Cette grève générale est manifestement une réussite », a déclaré à la mi-journée le secrétaire général de la centrale chrétienne CSC, le premier syndicat du pays, Claude Rolin.

La circulation ferroviaire, y compris celle des trains internationaux à grande vitesse Thalys et Eurostar qui relient Bruxelles à Paris, Amsterdam, Cologne et Londres, était à l’arrêt et devait le rester toute la journée de lundi.

Aucun tramway, bus ou métro ne circulait à Bruxelles. Et ailleurs dans le pays les transports en commun étaient très perturbés.

De nombreux Belges ayant anticipé le mouvement, les bouchons redoutés ne s’étaient en revanche pas concrétisés.

Quelques vols ont été annulés à l’aéroport de Bruxelles et des retards étaient enregistrés mais le trafic restait globalement assez proche de la normale. L’aéroport de Charleroi (sud) était toutefois fermé.

Les salariés du port d’Anvers, l’un des plus importants d’Europe, avaient décidé de se joindre au mouvement et des grévistes organisaient plusieurs blocages de routes et autoroutes, principalement à l’entrée des zones industrielles.

Dans le privé, la grève est « très bien suivie », notamment dans la sidérurgie, la pétrochimie, la grande distribution, selon le syndicat socialiste FGTB.

Cette grève générale, la première en Belgique depuis 2005, « est nécessaire » car les « mesures que le gouvernement est en train de prendre sont inéquitables et injustes », ont souligné les trois grands syndicats du royaume.

Si la coalition libérale-socialiste-centriste du Premier ministre Elio Di Rupo n’entend pas revenir sur les 11,3 milliards d’euros d’économies prévues en 2012, les organisations syndicales espèrent que leur démonstration de force pèsera sur le nouveau train de mesures déjà annoncé pour la fin février.

Le gouvernement, qui a bousculé les syndicats en adoptant sans concertation les mesures de rigueur, repoussant notamment l’âge de la retraite anticipée, souhaite la relance du dialogue social dans les prochaines semaines.

La ministre de l’Intérieur, la centriste Joëlle Milquet, a lancé un appel pour « fédérer les énergies pour voir comment investir dans un plan de relance et d’emploi ».

Un message que souhaite faire également passer la Belgique lors du sommet européen informel consacré à la situation économique de l’UE qui doit se tenir lundi après-midi.

Mais, vu l’état des finances publiques des 27, il n’y aura pas d’argent frais à mettre sur la table, a déjà prévenu le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

« L’austérité, c’est vraiment la mauvaise réponse », estime pourtant Claude Rolin. Pour le responsable syndical, la « règle d’or » limitant les déficits publics que les 27 devraient entériner va « empêcher les Etats de faire leur travail ».

Les syndicats belges et européens réclament que la Banque centrale européenne puisse émettre des euro-obligations, une option rejetée notamment par l’Allemagne. « Les Etats pourraient alors rembourser leurs dettes à des taux normaux sans être victimes de la spéculation des marchés financiers » et financer la relance, avance la secrétaire générale de la FGTB, Anne Demelenne.

Pour pouvoir évoquer ces questions, les dirigeants de l’UE devront d’abord arriver à Bruxelles.

En raison des perturbations à l’aéroport de Bruxelles, les vols des chefs d’Etat et de gouvernement ont été déroutés sur la petite base militaire de Beauvechain, au sud de Bruxelles.

AFP, 30 janvier 2012