Archives mensuelles : janvier 2012

Big Brother au rayon charcuterie ?

Quand les supermarchés mettent nos téléphones sous surveillance

Des centres commerciaux qui traquent les clients via leurs téléphones portables ? C’est ce qu’ont expérimenté ces dernières semaines des supermarchés aux États-Unis et en Australie. La technologie, déjà existante en Grande-Bretagne, permet de suivre les trajets des consommateurs et leur comportement dans un centre commercial. L’objectif affiché : mieux comprendre les attentes des consommateurs et aider les commerçants à développer des campagnes de marketing adaptées.

La technologie FootPath, développée par l’entreprise britannique Path Intelligence, est basée sur la géolocalisation des personnes, en traçant les fréquences radio uniques des téléphones mobiles. Des récepteurs, fixés sur les murs, collectent les données et les envoient à des serveurs. « Notre détecteur ne nous permet pas d’obtenir votre numéro de téléphone, de lire les SMS envoyés ou reçus, ou de saisir les détails de vos messages ou communications », tente de rassurer le fabricant. Même sur requête policière.

Aucune possibilité d’identification, certifie-t-il : la fréquence du téléphone détectée est transformée en algorithme avant d’être compilée dans la base de données. « Nous pouvons voir où les gens vont, comme des oiseaux migrateurs » (sic), explique un responsable de centre commercial. Ceux-ci peuvent connaître la fréquentation globale, les flux et trajets, l’exposition aux publicités des consommateurs, mais aussi leur nationalité et le nombre de visites qu’ils effectuent… Difficile d’être plus intrusif, sans compter les piratages possibles des données. Étonnant que Claude Guéant n’ait pas encore eu l’idée de mettre en place ce système dans les lieux publics.

Basta Mag, Agnès Rousseaux, 23 janvier 2012

La répression menace les personnes qui campent à l’année

Une retraitée qui vit depuis 15 ans dans un camping municipal près de Toulouse, pénètre à l'intérieur de son mobil-home, le 19 janvier 2012.

Une retraitée qui vit depuis 15 ans dans un camping municipal près de Toulouse, pénètre à l’intérieur de son mobil-home, le 19 janvier 2012.
 

Audrey Dupuis (*), une retraitée de 74 ans à la situation précaire, vit depuis 13 ans au camping municipal Le Rupé, à Toulouse, mais depuis peu l’angoisse la ronge: elle craint de devoir quitter son mobil-home si est voté une proposition de loi visant à interdire la résidence au camping à l’année.

Droit au logement (DAL) et Habitants de logements éphémères ou mobiles (Halem) tirent la sonnette d’alarme, avançant que de 70 à 120.000 personnes en France (étudiants, chômeurs, travailleurs pauvres) ont comme résidence principale un emplacement de camping.

Le texte présenté par le député UMP de Charente-Maritime Jean-Louis Léonard, adopté mi-novembre à l’Assemblée nationale, obligera à fournir un justificatif de domicile principal pour les séjours au camping de plus de trois mois.

« C’est scandaleux. L’Etat attaque ceux qui n’ont pas d’autres recours que d’habiter dans ce type de logement », s’étrangle Clément David, un porte-parole d’Halem. Le camping « est soit l’ultime recours, dit-il, soit un choix provisoire. Une conséquence de la pression foncière ».

La proposition de loi doit encore passer au Sénat, mais son examen n’a pas encore été programmé.

« Si je peux plus vivre au camping, je sais pas où aller. Je vais me retrouver sous les ponts. Comment je vais faire avec ma retraite de 595 euros ? », s’interroge Audrey Dupuis, une ancienne monitrice d’auto-école, qui était arrivée dans le camping en pensent n’y séjourner que quelques semaines.

« Je veux rester ici. Cette loi, c’est une catastrophe, on a toute notre vie ici », confie cette dame coquette, qui habite un grand mobil-home avec terrasse, jardinet et chambre d’amis, où elle peut accueillir enfants ou petits-enfants.

Tous les jours, elle prend le café avec sa fidèle voisine et amie, Christine Malois (*), 69 ans. Elle-aussi est inquiète. « Ici, je suis heureuse, je ne suis pas à la rue. Si on me met à la porte, on me retrouvera morte huit jours plus tard », redoute cette Marseillaise qui vit avec 700 euros, dont 325 versés chaque mois au camping.

Une trentaine de personnes, essentiellement des retraités, vivent à l’année dans ce camping situé près du Canal du Midi, d’un parc, d’une zone industrielle et d’un camp de roms. C’est un camping modeste avec une atmosphère de village. Les pensionnaires se connaissent, s’entraident et ont pris goût à ce style de vie. « C’est comme une famille », disent en choeur les deux retraitées.

Contacté par l’AFP, le député UMP Jean-Louis Léonard affirme que l’objectif de sa proposition de loi est d’éviter qu’apparaissent des bidonvilles, et diverses dérives, comme les « marchands de sommeil ». « Les campings n’ont pas été conçus pour l’habitat permanent », relève le député, tout en assurant que l’objectif du texte « n’est pas d’empêcher les gens d’habiter au camping ».

Face aux critiques, M. Léonard envisage de reformuler l’amendement incriminé par les associations de défense des mal logés.

« Le camping, note Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL, ce n’est pas la bonne solution, c’est sûr, mais c’est une solution pour beaucoup. (La loi Léonard) est une disposition brutale au niveau social, qui traduit l’état d’esprit de ceux qui nous gouvernent. Ils n’ont pas d’égard pour les plus vulnérables ».

Dans son vieux mobil-home défraîchi, mais bien chauffé, équipé d’un téléviseur dernier cri et d’un ordinateur portable connecté au réseau Wi-Fi du camping, Jacques Susset, pilier du Rupé depuis 12 ans, « ne partirait pour rien au monde ».

« Moi, si vous me mettez dans un studio, dans un HLM, je meurs », dit en sirotant un vieux whisky ce Parisien de 65 ans, commercial à la retraite, un des mieux lotis du Rupé avec plus de 1.000 euros par mois. Lui vit par choix au camping et si la loi Léonard passe, il « trichera ». « Qu’on ne me mette pas au 5e étage d’une cage à lapin. Vivre en appartement, affirme-t-il, c’est la dépression nerveuse assurée ».

(*) Les noms des deux retraitées, attachées à leur anonymat, ont été modifiés à leur demande.

AFP, 23 janvier 2012

[Civaux] Fuite radioactive : bassin de rétention de la centrale défectueux !

Fuite radioactive à Civaux : des  » défaillances  » pointées

Les communiqués apaisants d’EDF après la fuite de tritium se heurtent au constat sévère de l’Autorité de sûreté nucléaire, qui pourrait saisir le parquet.

La fuite de tritium fait peser des soupçons de « défaillance » sur la centrale.

 

La fuite de tritium fait peser des soupçons de « défaillance » sur la centrale.

Selon le Journal du Dimanche daté d’hier, l’Autorité de sûreté nucléaire n’écarterait pas la possibilité de saisir le parquet, après la fuite importante de tritium radioactif dans la nappe phréatique découverte le 13 janvier à Civaux.

Une mission d’inspection de l’ASN s’est rendue mardi dernier sur le site pour vérifier l’état des bassins de rétention. Selon Anne-Cécile Rigail, chef de la division ASN Sud-Ouest à Bordeaux, citée par le JDD, le revêtement du bassin de rétention en résine est fissuré et craquelé, ce qui caractérise des défaillances notables et une mauvaise application de la réglementation.

Poursuites pénales ?

Celle-ci exige de l’exploitant de la centrale, en l’occurrence EDF, qu’il inspecte ses bassins de rétention. Si la dernière inspection officielle a eu lieu il y a seulement trois ans, les agents d’EDF auraient dû, estime l’ASN, constater visuellement la dégradation des bassins.
Le « gendarme du nucléaire » va poursuivre la procédure prévue en cas d’incident. Il y aura tout d’abord une « lettre de suite » qui sera rendue publique : celle-ci fixera les obligations spécifiques imposées à EDF pour éviter le renouvellement d’une telle fuite.
Mais l’ASN peut ne pas s’en tenir là. Si l’Autorité estime que l’exploitant a failli, elle a la possibilité, comme tout organisme chargé de contrôles officiels, de dresser un procès-verbal et de le transmettre au Procureur de la République de Poitiers, à charge pour lui d’engager ou non des poursuites pénales visant la personne morale (EDF), voire les responsables de la centrale de Civaux.

la phrase

Le 13 janvier, des analyses réalisées par EDF dans la nappe phréatique située sous la centrale nucléaire de Civaux ont révélé une concentration inhabituelle de tritium, rappelle Arnaud Clairand, porte-parole du groupe local EELV de Poitiers Sud-Vienne. Cette information n’a été reconnue que le 18 janvier dernier, qui plus est avec discrétion, sur le site Internet d’EDF, accompagnée de précisions rassurantes : « L’eau de cette nappe phréatique ne fait l’objet d’aucun usage direct, ni pour l’eau potable ni pour les besoins agricoles ». Or, n’importe quel hydrogéologue sait qu’une nappe phréatique peut présenter des résurgences et qu’elles participent à alimenter nos cours d’eau ou bien d’autres nappes phréatiques.

Nouvelle République, 23 janvier 2012

[Vandeuvre – 86] Les autoconstructeurs victimes d’un entrepreneur

Le chantier des maisons en bois stoppé

A Vendeuvre, six couples qui construisaient eux-mêmes leur maison sont aujourd’hui en plein désarroi à cause de désordres affectant leur fondation.

Faudra-t-il tout démolir ? Pour Charles Nicol, le président de Toit par toi, à cette solution extrême, d'autres existent comme les reprises en sous-œuvre.

 

Faudra-t-il tout démolir ? Pour Charles Nicol, le président de Toit par toi, à cette solution extrême, d’autres existent comme les reprises en sous-œuvre.

Amertume, désarroi, colère, ces mots reviennent régulièrement dans la bouche des six couples et familles qui se sont lancés, en juillet dernier, dans l’aventure de l’accession à la propriété en construisant eux-mêmes leur maison en bois avec l’aide d’un animateur en auto-construction et l’appui de l’association Toit par toi, à l’origine du projet à Vendeuvre-du-Poitou.
Depuis le mois d’octobre, leur chantier est stoppé en effet à la suite de l’apparition d’un gros problème de fondation, la seule partie qui avait été confiée à une entreprise spécialisée.

«  Je suis complètement solidaire avec les auto-constructeurs  »

Regroupées au sein de l’association des auto-constructeurs de Vendeuvre, ils ont saisi le tribunal de grande instance de Poitiers en référé le 4 janvier dernier et intenté une action en responsabilité à l’encontre de l’entreprise. Le juge des référés de Poitiers a désigné vendredi un expert.
Le chantier avait démarré fin juillet 2011. Ils y avaient passé toutes leurs vacances, tous leurs week-ends. « J’ai trouvé le projet top ! C’était innovant, écologique et ça fait appel à l’entraide », confiait, il y a quelques mois l’un deux. La mise hors d’eau devait intervenir fin 2011. Or courant octobre, lors d’un contrôle qualité, l’organisme certificateur l’Apave, a émis un avis défavorable pour les fondations estimant qu’elles n’étaient pas en concordance. Les maisons se sont affaissées de quelques millimètres.
Tous déchantent aujourd’hui d’autant plus que c’est sur la partie seulement où un professionnel est intervenu (la réalisation de plots en béton sur lesquels ont été installées des dalles en bois) que le problème est apparu. « Il s’agit d’un terrain sableux et argileux », explique Charles Nicol, le président de l’association Toit par toi, lui aussi très en colère car cette affaire met en jeu sa crédibilité. « On revendique la paternité de ce concept, nous assurions conseil et assistance, on est nous aussi victime », poursuit-il en se déclarant « complètement solidaire avec les auto-constructeurs ». Il rappelle qu’une étude de sol réalisée par un bureau d’études expliquant les contraintes du terrain avait été réalisée.
Il ajoute que le recours à une entreprise spécialisée avait été un choix, puisqu’on pouvait ainsi compter sur la garantie d’un professionnel, et donc de la garantie décennale. Une longue bataille d’experts vient de s’engager.

Nouvelle République, Philippe Bruyère, 23 janvier 2012

[Poitiers] Sur le nouveau viaduc Vinci

Extraits d’articles de la Nouvelle République…

Hier, des Poitevins sont venus fouler l’équipement une dernière fois. Joëlle Pois habite les Rocs : « Je vis ces instants comme un déchirement. La grande passerelle, j’y passais quand j’allais à l’école Sainte-Anne, puis à Cloche-Perse et ensuite pour travailler à La Poste. Retraitée, je l’utilise pour me rendre au cinéma ou au Local. Lundi, je prendrais la petite Passerelle de la gare. »

[…] La démolition du gymnase de Maillochon n’interviendra pas avant juin. Cinq autres sites, dont le gymnase Paganel, sont proposés aux gymnastes et basketteurs de l’ASPTT (lire la NR Dimanche d’hier).

NR, 23 janvier 2012

De son côté, Christiane Fraysse, porte-parole du groupe d’Europe-Ecologie les Verts, composante de la majorité municipale, « la décision de la construction du viaduc a été prise trop vite. Au début du mandat, il était question de remettre en état la grande passerelle. Cela aurait coûté 5 M€. Ensuite, on nous a annoncé un viaduc à 28 M€. Ce n’est pas la même chose. Il serait plus judicieux de mettre cet argent dans des équipements qui viennent réduire les gaz à effet de serre. La ligne CHU-université-centre ville est la plus fréquentée des Poitevins. En renforçant l’offre de bus sur cette ligne, on réduirait l’usage de la voiture de manière significative. »

NR, 21 janvier 2012

 » L’UMP et les Verts ont validé le choix de Vinci « 

Francis Chalard, président de la commission d’appel d’offres de Grand Poitiers qui a proposé que GTM Bretagne, filiale de Vinci soit retenu pour construire le viaduc, réagit aux déclarations de l’UMP et des Verts (NR de samedi). « Robert Rochaud, élu Vert, et Stéphane Braconnier, élu UMP, ont fait partie du jury qui a sélectionné à l’unanimité ce projet. Ils siègent tous les deux dans la commission d’appel d’offres. C’est elle qui a notamment attribué le marché du viaduc […].

NR, 23 janvier 2012