Archives mensuelles : avril 2012

[Poitiers] « Vive la république », tout un programme…

ndPN : « Vive la République » est un groupement de patrons de la « zone République » – une grosse tumeur marchande en bordure de Poitiers – qui mérite bien son nom.

A l’occasion d’une réunion, lundi dernier, de cette association hautement philanthropique (et d’ailleurs « pilotée par Bernard Giraudon, directeur adjoint de la Maison de la formation »), ses principales préoccupations ont été rappelées. Elles rappellent bien, en effet, cette merveilleuse « République » qui nous rend toujours plus heureux-euses au quotidien.

Saccage écologique d’abord, avec l' »aménagement » de la ZAC des Montgorges voulue par Vinci (avec un super « pôle motos ») et l’extension de la zone d’activités République (avec l’émergence de « République IV », un peu comme la IVème République émergeant du champ de ruines de la guerre).

On maquillera tout cela, comme il se doit, d’une bonne couche de peinture verte fluo, à coups d’annonces de « développement durable », de « tri sélectif », de « coulée verte » et d’ « éco-quartier ».

Flicage et contrôle social ensuite, avec le chantier « sécurité et vidéo », en partenariat avec police, vigiles privés, et criminologue… avec ses « petits kits de vidéosurveillance à monter soi-même » : voilà de quoi rassurer les chantres des droits de l’homme riche !

Sans oublier le volet Démocratie en carton-pâte, avec le chantier « communication », consistant à organiser « rencontres et conférences », histoire d’extirper aux forceps un consentement citoyenno-participativiste de bon aloi.

Le tout bientôt connecté à l’univers mégalopole, grâce au chantier de la LGV, dont les tirs de mines font swinguer les riverains. Il ne manque rien à ce projet « d’avenir », qui rassemble décidément toutes les caractéristiques du vieux monde moisi dont nous ne voulons plus !

Vive la République en quête d’une nouvelle identité

Le groupement des acteurs économiques s’agrandit. Sécurité, développement durable, aménagement et communication figurent parmi ses priorités.

L’an dernier, elle fêtait son dixième anniversaire. Un âge qui permet encore de voir l’avenir avec sérénité et de grandir. Créée sous l’égide de la chambre de commerce et d’industrie, VLR, Vive la République, fédère aujourd’hui quelque 170 entreprises sur les 450 que compte un vaste territoire qui s’étend en gros de la route de Vouneuil en passant par les zones République I, II et III, le centre de gros, Chasseneuil, Migné-Auxances et la future zone des Montgorges à Poitiers. L’association a également opéré « la fusion » avec ses voisines comme Grand Axe et les Portes de l’Auxances. Aujourd’hui, Vive la République est à la recherche d’une nouvelle identité et d’un nouveau nom. Elle vient d’ailleurs de solliciter ses adhérents et tous les acteurs économiques de la zone pour qu’ils apportent leurs idées.

En attendant la LGV

Réunie lundi soir en assemblée générale à Migné-Auxances, l’association a fait le point sur les principaux chantiers à initier ou poursuivre en 2012. > Aménagement. On suit de près celui de la zone des Montgorges (35 ha dont un tiers dédié aux activités économiques) celui de la zone République IV (150 ha) dont les travaux doivent commencer fin 2012. enfin et surtout peut-être celui de la future ligne LGV qui va occasionner « beaucoup de perturbations pour les entreprises de la zone ». > Développement durable. Des tests sur le tri sélectif des déchets papiers et carton vont être réalisés. Côté transports, l’association entend inciter salariés et dirigeants « à aller vers des actions de covoiturage ». Dans le cadre de la semaine de la mobilité, elle organisera le 20 septembre prochain une action spécifique dédiée à l’écoconduite et au covoiturage. > Sécurité et vidéo. C’est l’un des grands chantiers de l’association. Celle-ci se veut par exemple « un facilitateur d’échanges » entre les forces de police et les sociétés privées en charge de la sécurité sur le secteur. La commission chargée de ce dossier va par ailleurs lancer une enquête d’envergure auprès de toutes les entreprises pour mesurer leur niveau d’équipement. Un questionnaire est en préparation. Une stagiaire spécialisée en criminologie a été recrutée pour gérer ce dossier. > Communication. VLR va poursuivre ses actions pour fédérer les adhérents en organisant rencontres et conférences à intervalles réguliers au cours de l’année.

Contact : 05.49.60.98.10.

Nouvelle République, Jean-Michel Gouin, 18 avril 2012

[Migné-Auxances 86] Avec Vinci ta maison va swinguer

Migné-Auxances : les tirs de mines inquiètent les riverains de la LGV

Les tirs de mines du chantier de la LGV font trembler  les riverains. Et tous ne bénéficient pas d’une expertise de leur maison.

Ils ont cru à un passage d’avion de chasse franchissant le mur du son. La cause des vibrations était bien plus proche : le chantier de la future ligne TGV à grande vitesse (LGV).

Des tranchées doivent être creusées dans la roche. Les premiers essais de tirs de mines se sont déroulés la semaine dernière pour valider les procédures avant de lancer les tirs à répétition (1).

«  Nos maisons sont en terrain argileux  »

« Les bibelots ont vibré. Ma fille était seule à la maison, elle se demandait ce qui se passait, elle a eu très peur », confie une riveraine de la rue de la Longerolle, à Migné-Auxances. « On savait bien que des tirs devaient avoir lieu, ils l’avaient dit à la réunion de début avril, mais on ne savait pas quand, on a été très surpris. Ils parlent de deux cents tirs ! Là, on en a déjà eu quatre ou cinq et on se demande ce qui va se passer ! », commente une autre. La grogne commence à monter sur fond d’inquiétude future pour les maisons. « Ici, rue de la Longerolle, les maisons sont construites sur un terrain argileux, on a déjà eu les conséquences de la sécheresse, on n’aimerait pas que ça recommence à cause des mines. » La crainte clairement exprimée avec la répétition des implosions dans le sol, c’est l’apparition de fissures dans les habitations. Tous les riverains de la zone actuellement en travaux à Chardonchamp ne sont pas logés à la même enseigne. Pour certains, Cosea a demandé au tribunal administratif de Poitiers de désigner un architecte expert, chargé d’examiner les maisons à ses frais. Ce qui provoque des réactions, c’est que Cosea paie et… décide du périmètre concerné par l’expertise (2). Un périmètre trop limité aux yeux de ceux qui sont en dehors et qui, malgré tout, disent ressentir fortement les vibrations. Ils ont lancé une pétition pour se faire entendre. « J’en suis exclu », explique Jean-Louis Jollivet, président de l’association de défense de l’environnement de Migné-Auxances (Adema). « Je viens d’être privé de téléphone et d’Internet pendant quatre jours après des tirs de mines. Pour le périmètre, ils avaient prévu d’expertiser dans un premier temps, dans une bande de 150 m, finalement portée à 200 m après une intervention de la mairie. On avait des rues qui étaient coupées en deux, ça semblait guère logique. » Du coup, lors de la réunion publique du 2 avril dernier, Cosea a proposé une autre procédure pour ceux qui ne sont pas dans le périmètre : un examen à l’amiable des maisons. « J’attends quelqu’un la semaine prochaine », indique une habitante de la rue de la Longerolle. « On verra bien. Je suis déjà allée râler sur le chantier. »

(1) La semaine dernière Cosea expliquait que les tirs n’auraient pas lieu le week-end ni durant les vacances scolaires. (2) Rue des Cosses, Allée de la Daumade et rue de Sainte-Loubette.

Nouvelle République, Emmanuel Coupaye, 18 avril 2012

[86] L’ADMR 86 contre les salarié-e-s

ADMR 86 : c’est toujours l’impasse

L’application de la nouvelle convention collective de branche aux personnels de l’aide à domicile en milieu rural engendre des difficultés sérieuses depuis le début de l’année. Outre la suppression de congés liés à l’ancienneté, le volume des heures d’astreinte contesté entre autres, le paiement des indemnités kilométriques figure parmi les principaux points d’achoppement. Dans la Vienne, certains salariés peuvent faire entre 500 et 1.000 km par mois avec leur véhicule personnel pour les cantons les plus étendus.

Les négociations entre les syndicats, principalement Force ouvrière dans la Vienne, et la fédération ADMR, achoppent, plusieurs mouvements de grève, des rassemblements ont été organisés. Lundi, à l’ouverture de la session du conseil général, le conseiller général PS de La Villedieu-du-Clain, Gérard Rivaud, a interpellé le président Claude Bertaud sur la situation des admr dans le département. Ce secteur pèse 1.200 salariées, représentant 900 équivalents temps plein, auxquels il faut ajouter une centaine d’emplois avec le service de soins infirmiers à domicile et le pôle administratif technique pour aider les 44 associations locales. « L’ADMR est un partenaire incontournable et le bras armé du Département », a souligné M. Rivaud. « Le conseil général apporte son total soutien aux associations et à leurs salariées », ont assuré de leur côté son président et Bruno Belin, en charge de l’action sociale. Au passage, il a vivement regretté la décision du président de la fédération ADMR 86, de ne pas se rendre à la réunion qui devait se tenir demain jeudi, à l’hôtel du département. D’autant que l’assemblée générale de la fédération prévue le lendemain à Monts-sur-Guesnes a été reportée sine die. Claude Bertaud a dit aussi son « grand étonnement » qu’on lance un appel à manifester ce même jour devant le conseil général, alors que le même syndicat lui a demandé l’organisation de cette réunion comme « facilitateur ».

Nouvelle République, P. B., 18 avril 2012