Archives mensuelles : janvier 2012

[Poitiers] Le spectacle de l’insécurité

Pour de nombreuses personnes (étrangers, jeunes, militants, personnes faisant de la récup, ou tout simplement se retrouvant ensemble, etc…), un véritable sentiment d’insécurité « se ressent » avec les patrouilles de flics : contrôles d’identité se multipliant (y compris sur des personnes déjà connues), chasse aux étranger-e-s sans-papiers, pressions grandissantes sur le militantisme…

On pourrait naïvement attendre du soutien de la part de journalistes pour la libre expression, alors même que la diffusion d’un journal militant (L’Epine noire) a été réprimée il y a peu par des flics venus avec six bagnoles (garde à vue, exemplaires confisqués), que celle du Monde Libertaire a été contrôlée par des flics arrivés dans une fourgonnette, que les tractages des libertaires ou d’antirep 86 sont eux aussi quasi-systématiquement surveillés, filmés voire contrôlés par la police, que le campement pacifique des indignés a été évacué à plusieurs reprises avec confiscation de nourriture, de tentes… Il y aurait bien des occasions pour la presse de relater des atteintes graves à la liberté d’expression.

Mais c’est compter sans cette presse aux ordres d’une « république nouvelle », soutenant systématiquement cette ambiance répressive qui s’est installée à Poitiers et ailleurs, n’hésitant pas à relayer carrément des mensonges (comme affirmer à deux reprises qu’un militant « anarchiste » a été condamné à « un mois avec sursis », alors qu’il ne s’agissait que du réquisitoire du procureur et que le militant a été relaxé pour ces faits). Voire à soutenir activement la préfecture (par exemple sur le fichage biométrique des étrangers, traduit en « meilleur accueil« ).

Aujourd’hui encore, on appréciera à juste mesure le « ressenti » de ce gratte-papier, tout empreint d’impartialité journalistique face à tous ces faits préoccupants pour les libertés publiques : 

La délinquance ne fait plus de chiffres

[…]

L’expérience des patrouilleurs de la police nationale a été concluante à Poitiers. Le dispositif a d’ailleurs été étendu à l’ensemble du territoire national. « L’idée est d’augmenter la visibilité des policiers dans la rue, à pied ou à VTT, et dans les bus », explique le commissaire divisionnaire Jean-François Papineau. « Là où la population a besoin de les voir. » L’insécurité ne se mesure pas qu’en chiffres. Elle se ressent aussi.

Leur presse, Nouvelle République, Baptiste Bize, 21 janvier 2012

[Châtellerault] Deux personnes prennent un an ferme de taule pour insultes à des flics !

Insultes et menaces : un an de prison ferme

Châtellerault. Les policiers dénoncent des insultes racistes carabinées. Lui parle d’une cabale montée de toutes pièces. Il écope d’un an de prison ferme.

Les insultes, c’est souvent le lot quotidien des policiers en intervention. Le récit d’une d’entre elles, hier matin au tribunal correctionnel, remontant au 30 septembre dernier en plein centre-ville de Châtellerault, outrepasse largement ce que les fonctionnaires entendent en temps normal. Ce sont surtout des insultes répétées à caractère raciste qui laissent l’impression la plus désagréable.

L’histoire éclate avec l’irruption au Bistrot des Halles de deux hommes, Abdelkader K. et Abdelsalem K. Une violente altercation commence entre les clients et les deux A.K. La police est appelée à la rescousse. Elle en prend à son tour pour son grade. Et ça continue en garde à vue comme à l’hôpital, où Abdelkader est conduit car il a refusé de se soumettre au contrôle d’alcoolémie.
Les « sale négro » et « sale juif » s’enchaînent contre les policiers avec une rafale de « je vais te crever » « tu vas de retrouver avec une balle dans la tête » et, pour couronner le tout, « au bled, les flics on les coupe en morceaux » !
A la barre, Abdelkader trépigne, contient difficilement son envie de répondre à tout. Il assure sa défense seul. Il voulait son avocate et elle seule, pas une collaboratrice. Il nie tout en bloc, évoque des pressions, des violences, parle de la plainte qu’il a déposée à son tour contre les policiers. « Tout est faux. Ils ont tout inventé ! J’ai des témoignages de commerçants », martèle-t-il.
Le deuxième AK a séché l’audience. De toute façon, selon ses dires, il ne se souvient de rien. La faute à l’alcool. « Si c’est vrai, je suis désolé », a-t-il dit en audition.
Pour le procureur, les agissements des deux hommes, déjà fort connus, dépasse l’entendement. Il réclame des sanctions fortes. Le tribunal les condamne à un an de prison ferme. A l’encontre d’Abdelkader, il prononce en plus l’annulation du permis de conduire avec interdiction de le repasser avant quatre mois. Ils devront aussi verser solidairement 700 € à chacun des six policiers concernés. Abdelkader est reparti en manifestant déjà son intention de faire appel de ce jugement. Il veut aussi saisir un juge d’instruction.

Leur presse, Nouvelle République, 21 janvier 2012

[Rennes] L’entrée du pôle emploi murée par des chômeur-euse-s

Des chômeurs en colère emmurent un Pôle emploi à Rennes

Dans la nuit du 18 au 19 janvier, l’entrée du pôle emploi de Rennes Albert 1er a été murée.

L’inscription « Marre de parler à un mur » a été taggée sur les parpaings.

Si nous avons fait cela, c’est pour protester contre tous les murs que pôle emploi dresse devant les chômeurs et qu’ils se prennent dans la gueule : radiations, rupture des indemnisations, infantilisation, pression pour accepter n’importe quel boulot, mépris des droits les plus élémentaires, etc.

Pour une fois, c’est pôle emploi qui se sera retrouvé devant un mur.

Dans la continuité des journées des 17, 18, 19 janvier, nous appelons les chômeurs à s’organiser et à entrer dans l’action.

Un secteur qui recrute : la lutte contre pôle emploi et toutes les politiques scélérates du gouvernement.
CV et lettres de motivation superflus.
Tous profils bienvenus.
Embauche immédiate.

Des chômeurs en colère

Pôle emploi Rennes Albert 1er :

Pôle Emploi Rennes, Route de Vezin :

CIP-IDF, 20 janvier 2012

[Bron – 69] Belle mobilisation d’anti-OGM devant les locaux de Monsanto

150 personnes à Bron pour le droit de butiner sans OGM

C’est environ 150 personnes qui ce sont rassemblées à l’appel des différente organisations ce vendredi matin devant les locaux de Monsanto à Bron pour protester contre la circulation des semences Mon810 et pour demander un moratoire sur celui-ci.

Durant une qua­ran­taine de minu­tes, les porte paro­les des signa­tai­res pré­sents sur place ont chacun leur tour pris la parole pour réaf­fir­mer leur posi­tion à l’encontre des OGM et de Monsanto.

Malgré la pluie et le froid les mani­fes­tants ont pu se faire enten­dre sur­tout devant les médias pré­sents, puis­que per­sonne de Monsanto n’était sur place.

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Rebellyon, 20 janvier 2012

[Nucléaire] Le proc requiert 4 à 6 mois de taule avec sursis + amendes contre les 9 militant-e-s de Greenpeace

Les militant-e-s de Greenpeace avaient démontré des failles de sécurité en s’introduisant dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine. Celles-ci ont été reconnues par le gouvernement, qui a d’ailleurs modifié depuis son dispositif quasi-militaire autour des centrales, pour parer à toute attaque « terroriste ». Mais bien loin de trouver cette intrusion utile à démontrer sa gabegie, le pouvoir a préféré envoyer au tribunal les militant-e-s. Voilà qui rappelle les faucheurs-euses ogm, condamné-e-s plusieurs fois (et toujours poursuivi-e-s), pour avoir dénoncé en actes et ainsi contribué à faire reculer le gouvernement en matière de législation des ogm.

Permettre aux gens de dénoncer la réalité, le pouvoir y rechigne mais si ça peut faire péter un coup et retourner à la routine, ça s’appelle « la liberté d’expression ». Mais l’action directe, soit la seule chose qui ait jamais fait avancer les droits dans l’histoire, alors là pas question !

Ce que ce réquisitoire du proc illustre bien…

Procès Greenpeace: 4 à 6 mois de prison avec sursis requis contre les militants

Le procureur de Troyes a requis vendredi de quatre à six mois de prison avec sursis à l’encontre de neuf militants de Greenpeace, poursuivis devant le tribunal correctionnel pour s’être introduits dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine Aube) en décembre 2011.

Des militants de Greenpeace devant le tribunal correctionnel de Troyes, le 20 janvier 2012

Des militants de Greenpeace devant le tribunal correctionnel de Troyes, le 20 janvier 2012
 

Le procureur Alex Perrin a en outre demandé une peine d’amende de 1.000 à 1.500 euros pour chacun des prévenus, poursuivis pour violation de locaux professionnels et dégradations en réunion.

AFP, 20 décembre 2012