Archives mensuelles : février 2012

[Poitiers] Grève de la Territoriale le 22 février

Grève du personnel de la mairie le 22 février

Inflexible. La CGT des Territoriaux de Poitiers n’a pas bougé d’un pouce. « Notre revendication ne change pas: c’est 100€ pour tous » lancent Thierry Benaïssa, Franck Bugeaud et Patrick Amand, secrétaires du syndicat.

Maintenir la pression sur Alain Claeys

Vendredi dernier, ils ont réuni à la salle des Castors de Buxerolles le personnel de la mairie de Poitiers, du CCAS et de l’agglomération à Buxerolles pour une nouvelle assemblée générale. Histoire de maintenir la pression sur Alain Claeys et ses élus dans le cadre des négociations salariales.

« Dans l’état actuel, c’est inacceptable » s’insurge Patrick Amand, « mais Francis Chalard, l’élu en charge du personnel, ne reste pas insensible. Il est même ouvert à la négociation ». En fin d’assemblée générale, il a été voté une journée d’action le mercredi 22 février de 14h à 18h devant la mairie. Le préavis de grève a été déposé. Motif: remise à plat des négociations sur les prestations sociales et ouverture des négociations sur le régime indemnitaire.

Centre-Presse, 14 février 2012

Une nouvelle convention collective signée dans le dos des aides à domicile

Le nouvelle Convention collective unique pour la branche aide à domicile, réunissant quatre conventions collectives en une seule, a suscité la colère des travailleuses dans la Vienne (nous le rapportions ici et ) : perte de nombreux congés, complémentaire santé obligatoire même pour les salarié-e-s déjà couverts ailleurs, non-prise en compte des absences dans l’ancienneté, suppression de la prime de déménagement, de la majoration jours fériés, mais surtout perte de 40% sur les frais kilométriques, ce qui pénalise grandement les salarié-e-s en milieu rural. Le seul « avantage » : une majoration du travail le dimanche, et le « choix » parmi plusieurs mutuelles. La belle jambe ! Les seules gagnantes dans cette histoire sont ces mutuelles de santé (comme AG2R) , bénéficiant d’une manne providentielle…

Comme convention collective, on a vu mieux. C’est qu’avec la réforme de la « représentativité » syndicale, il a suffi que seuls deux syndicats signent (pour ne pas les nommer : UNSA et CFDT… tiens donc). Dans un milieu professionnel très peu syndiqué, les salarié-e-s ont la nette impression que tout s’est joué dans leur dos et reçoivent cette « convention collective » avec colère. Espérons que leurs luttes paieront.

En attendant, on lira avec consternation la défense de la CCU dans la presse locale par un syndicaliste (CFDT…). (1)

Pavillon Noir, 14 février 2012

(1) L’article en question : en gros le mec « comprend » que ça touche les salariées de plein fouet, mais elles n’ont qu’à se débrouiller pour améliorer leurs droits… via leurs organisations syndicales.

On peut mieux faire

Les aides à domicile ont découvert que leur nouvelle convention collective peut être moins avantageuse. Un syndicaliste explique pourquoi il la défend.

Jean-Philippe Loiseau défend la CFDT qui a signé l'accord instituant cette convention collective des aides à domicile qui fait débat chez certaines d'entre elles.

 

Jean-Philippe Loiseau défend la CFDT qui a signé l’accord instituant cette convention collective des aides à domicile qui fait débat chez certaines d’entre elles.

Secrétaire départemental CFDT personnels « santé-sociaux » de la Vienne, Jean-Philippe Loiseau, trouve paradoxal que la nouvelle convention collective qui s’applique aux aides à domicile les rende mécontentes. Il comprend que certaines mesures posent localement des problèmes mais fait de cette convention la base d’une amélioration globale.

Qui cette convention collective concerne-t-elle ?

Dans la Vienne, cela concerne notamment les ADAPA et ADMR. Au niveau national, ce champ d’activité regroupe environ 220.000 salariés.

Comment est-elle née ?

Le secteur était régi auparavant par quatre conventions collectives. Tout le monde s’est mis d’accord pour les harmoniser en une seule. Toutes les organisations d’employeurs ont signé cette nouvelle convention. Du côté des salariés, seules l’UNSA et la CFDT l’ont signée. Les autres organisations syndicales ont fait valoir leur droit d’opposition qui n’a pas été retenu. Cette convention collective étendue concerne désormais tous les salariés de la branche.

«  Elle contient des avancées qui méritaient qu’on la signe  »

Les aides à domicile ont-elles été consultées ?

Ce secteur est somme toute assez neuf et regroupe beaucoup de gens dans la précarité. Le niveau de syndicalisation y est très faible et elles peinent à se reconnaître dans les organisations syndicales. Mais la loi est ainsi faite que les organisations syndicales représentatives seules peuvent avoir droit au chapitre. Je trouve paradoxal que les employés se retournent vers leurs employeurs. Je crains vraiment que certains appliquent cette convention au rabais et travestissent son contenu.

Certaines aides à domicile dénoncent de nouvelles conditions moins avantageuses…

Effectivement, cette convention fixe le remboursement des frais kilométrique du trajet domicile-premier usager à 60 %. On ne peut que convenir qu’il s’agit d’une perte. Mais il n’est pas interdit de faire mieux que ce plancher. La pratique d’indemnisation des associations peut être maintenue par des accords d’entreprise. Une convention collective n’est pas un texte figé. Les négociations sont quasi perpétuelles. Charge aux organisations syndicales de la faire évoluer et c’est bien notre objectif. Nous l’avons signée parce qu’elle contient des avancées qui méritaient qu’on la signe.

comment fera-t-on demain ?

Même s’il souhaite faire évoluer cette convention collective et appelle les salariées à obtenir de leur employeur des accords d’entreprise qui maintiennent leurs conditions actuelles les plus avantageuses, Jean-Philippe Loiseau ne peut nier le contexte. « Le contexte de restriction budgétaire est tel que le premier problème à poser n’est pas tant l’indemnisation kilométrique que les réductions d’horaires imposées. J’aimerais voir les employés et les employeurs se battre pour que les temps d’intervention ne soient pas réduits. La priorité ne doit pas forcément être de faire payer les salariés par de mauvaises conditions financières. Ce n’est pas en les précarisant encore que la situation va s’améliorer. C’est aussi pour cela qu’il y avait urgence à signer cette convention. Certaines aides à domicile ont un temps de travail tellement partiel qu’elles font des ménages de gré à gré voire par chèque emploi service sans aucune mesure de protection (couverture prévoyance, formation, accès à une mutuelle…). »

Nouvelle République, 14 février 2012

[Israël] Khader Adnane, palestinien en grève de la faim, restera engeôlé

Israël: rejet de l’appel d’un Palestinien en grève de la faim depuis 58 jours

Un tribunal militaire israélien a rejeté lundi l’appel d’un prisonnier palestinien, Khader Adnane, en grève de la faim depuis 58 jours et dont la santé se dégrade rapidement, a-t-on appris auprès de son avocat Jawad Boulos.

Des Palestiniens tiennent des posters à l'effigie du prisonnier Khader lors d'une manifestation, le 13 février 2012 à Gaza

Des Palestiniens tiennent des posters à l’effigie du prisonnier Khader lors d’une manifestation, le 13 février 2012 à Gaza

« Le juge du tribunal militaire a rejeté l’appel et approuvé l’ordre de détention administrative » prononcé contre le détenu, a déclaré à l’AFP Me Boulos, précisant que Khader Adnane refusait toujours de s’alimenter.

AFP, 13 février 2012

ndPN : en signe de solidarité avec cette grève de la faim entamée par le militant palestinien, suite à des mauvais traitements physiques et psychologiques qu’il dit avoir subis lors d’interrogatoires, des douzaines de jeunes militants de Gaza ont annoncé qu’ils rejoignaient Adnane dans sa grève de la faim. Selon le président du Club des prisonniers palestiniens, Qadoura Farès, six Palestiniens sont décédés à la suite de grèves de la faim dans les prisons israéliennes.

[Lyon] Première condamnation de Monsanto pour l’intoxication d’un agriculteur

Pour la première fois en France, Monsanto jugé responsable de l’intoxication d’un agriculteur

Le géant américain Monsanto a été jugé « responsable », lundi à Lyon, de l’intoxication à l’herbicide en 2004 d’un agriculteur français, ouvrant la voie à des dommages-intérêts, ce qui constitue une première en France.

Paul François,  un agriculteur charentais, le 12 décembre 2011 au tribunal de Lyon

Paul François, un agriculteur charentais, le 12 décembre 2011 au tribunal de Lyon

« Monsanto est responsable du préjudice de Paul François suite à l’inhalation du produit Lasso », peut-on lire dans le jugement du tribunal de Grande instance (TGI) de Lyon, consulté par l’AFP.

En conséquence, le tribunal « condamne Monsanto à indemniser entièrement Pierre François de son préjudice », précise le jugement du tribunal, qui confie une expertise médicale à un médecin de l’hôpital Rothschild à Paris.

Le 27 avril 2004, Paul François, un céréalier de Bernac (Charentes) aujourd’hui âgé de 47 ans et invalide, avait reçu au visage des vapeurs de Lasso, un puissant désherbant produit par le leader mondial de l’agrochimie, en ouvrant la cuve d’un pulvérisateur. Il avait été rapidement pris de nausées puis de troubles (bégaiement, vertiges, Maux de tête, troubles musculaires…) l’obligeant à interrompre son activité pendant près d’un an.

En mai 2005, un an après avoir inhalé les vapeurs, des analyses relevaient dans son organisme des traces de monochlorobenzène, un solvant présent pour moitié dans le Lasso, au côté du principe actif, l’anachlore.

Trois ans plus tard, celui qui est devenu le porte-parole des victimes des pesticides obtenait en justice que ses troubles soient reconnus comme maladie professionnelle par la Mutualité sociale agricole. Il lançait alors une procédure en responsabilité civile contre Monsanto.

A l’audience devant la 4e chambre civile du TGI de Lyon, le 12 décembre 2011, son avocat, Me François Lafforgue, a reproché à Monsanto d’avoir « tout fait pour laisser le Lasso sur le marché » alors que sa dangerosité avait été établie dès les années 1980, d’où son interdiction au Canada, au Royaume-Uni et en Belgique. Ce n’est qu’en 2007 qu’il a été retiré du marché français.

Selon Me Lafforgue, Monsanto aurait aussi manqué à son « obligation d’information » en ne détaillant pas la composition du produit sur l’étiquette, et en n’avertissant pas des risques liés à l’inhalation, ni de l’obligation de porter un masque.

L’avocat de Monsanto, Me Jean-Philippe Delsart, met quant à lui en doute la réalité de l’intoxication, soulignant que les problèmes de santé ne sont apparus que plusieurs mois après.

AFP, 13 février 2012