Archives mensuelles : janvier 2012

[Poitiers] B.A.C à poubelle ! – Appel à soutien au procès d’une récup

Les 2 inculpé-e dans l’affaire de la récup’ au spar de Saint-Benoît à la fin du mois dernier ont produit un petit texte en vue de leur procès qui aura lieu le 23 janvier prochain.

Rappelons que l’affaire avait été relatée de façon lamentable par le torchon local qui, en plus de répéter la version volaillère, en profitait pour réitérer des salades sur l’un des inculpé-e : la personne en question n’ayant été condamnée ni à un mois de sursis ni à des TIG dans l’affaire citée par le journal…

Face à la répression policière, judiciaire et merdiatique, soyons nombreux-ses le jour du procès !

 

B.A.C à poubelle !

Il est environ 23h le 28 décembre, nous nous trouvons sur le parking du nouveau Spar de Saint-Benoît. Ces poubelles ne nous ont jamais trahi sur l’abondance de nourriture, encore tout à fait consommable, qu’elles contiennent. Triste constat du consumérisme ambiant, mais grande réjouissance face à la semaine de survie qu’elles nous offrent.

Un seul détail nous échappe : ces poubelles sont privées. Alors, au même titre que de se servir dans les rayons sans payer, se servir dans les poubelles, c’est du vol. On ne voulait pas y croire, mais les flics, eux, ont bien profité de l’occasion. Une voiture de la BAC (Brigade Anti Criminalité) nous intercepte donc sur le parking nous ayant vu, de loin, garés près du local à poubelle. « Surveiller les zones économiques, ça fait partie de notre travail ». Nous n’avons pas nos papiers sur nous, mais ce n’est plus qu’un détail. Ils nous connaissent bien ce qui suffit largement pour nous emmener au poste après recherche d’éventuelles traces d’effraction de notre soi-disant introduction dans le local. La voiture est emmenée au commissariat, le chien à la SPA et nous deux en cellule.

Pas d’effraction. Mais ils ne nous lâcheront pas comme ça. C’est un beau délit qu’ils ont intercepté ce soir-là : vol en réunion avec ruse ! Les flics ne manquent pas de nous le mentionner : « votre physique le permet…». On se serait donc faufilés, mais quelle ruse !

Après une quinzaine d’heures de garde à vue, nous sommes présentés au tribunal. Comparution immédiate, nous la refusons. Le procureur, M. CASASSUS-BUILHE, demande notre placement en détention provisoire. Est-ce encore une ruse pour nous empêcher de réitérer cet abominable délit ? Après 20 minutes de délibéré, le juge nous laisse libre avec une convocation au tribunal le 23 janvier 2012 à 14h. Un peu plus et une poubelle nous emmenait à Vivonne !

La démesure de cette affaire nous laisse sans voix. Mais nous en tirons une bonne leçon : certaines ordures ne se trouvent pas dans les poubelles…

Si comme nous vous trouvez cette répression totalement injustifiée, venez nous soutenir le 23 janvier 2012 à 14h au palais de justice à Poitiers.

[Poitiers] Le front de gauche pour la « croissance raisonnée » et l' »obsolescence « programmée »… ?

Les élections se rapprochent… et la Nouvelle République rapporte un happening du Front de gauche.

Un « chamboule-tout » avec un militant déguisé en « vache à lait de la consommation » pour interpeller le badaud qui décidément, consomme bien trop (on doit pas connaître les mêmes). « Les Français sont des veaux« , disait déjà De Gaulle dans une envolée lyrique pour ses électeurs, ajoutant (selon De Gaulle fils) « Ils sont bons pour le massacre. Ils n’ont que ce qu’ils méritent.« 

L’animation a lieu devant le centre commercial des Cordeliers (où un copain du groupe s’est récemment fait emmerder deux fois par les flics pour tractage, il aurait dû se déguiser en vache). Elle a donc pour thème « l’obsolescence programmée« . Celle-ci consisterait, de la part des industriels qui complotent dans l’ombre, à « construire un objet de manière à écourter artificiellement sa durée de vie ». Le FdG animera d’ailleurs une soirée au Plan B le 11 janvier prochain, sur cette fameuse « obsolescence programmée ». Un concept en vogue (depuis la diffusion par Arte d’un documentaire sur le sujet )… mais plutôt fumeux (j’invite à la lecture de cet article).

Le candidat du FdG aux élections, aussi présent, affirme « nous avons les réponses aux questions que se pose le peuple« . Rien que ça.

Passons sur « le peuple » (mot fétiche des gouvernements et de tous leurs aspirants, qui voudraient réduire nos individualités et nos divergences à cet objet uniformisé sur lequel exercer leur contrôle).

Quelles sont les « réponses » ? Un militant parle de « croissance raisonnée« … outch. Ou comment dans une même phrase résumer la quintessence du « capitalisme » dont ils prétendent ne plus êtres les vaches à lait. Comment mêler « croissance » (c’est-à-dire celle de la valeur du capital, de l’exploitation salariale et de l’esclavage généralisé) et « raison » bien raisonnable. Gauche et droite réunies : fais-toi exploiter, mais de façon raisonnée (t’inquiète, on y réfléchit pour toi). Pour ma part, j’emmerde la croissance et j’emmerde ses raisons (à ce sujet, lire cet article sur décroissance et anarchisme ).

Le militant parle de « faire avancer l’homme sur la voie du bien être qui passe par plus de culture, de loisirs, de santé, d’école. » Perso je n’ai pas besoin qu’on me tienne la main pour me « faire avancer sur la voie du bien-être » ! Encore moins si celui-ci consiste à consommer de la « culture » et des « loisirs », en voilà des mots creux. C’est quoi la « culture » sinon cette valorisation sociale accordée aux esprits les plus labourés, semés, pesticidés et fongicidés par cette variété unique de pensée, dominante et dominatrice ? C’est quoi les « loisirs », sinon l’adhésion au mensonge d’un temps qui n’est prétendu « libre » qu’en contrepoint à l’esclavage du travail contraint, et qu’à condition de consommer du divertissement ? Quant à « l’école », cet outil carcéral de contrôle social des plus jeunes, destiné à leur apprendre à obéir par la sanction humiliante, l’évaluation discriminatoire, et le bourrage de crâne idéologique, et à les éduquer en apprenant de « spécialistes » plutôt que par eux-mêmes… non, mieux vaut ne pas développer.

Désertons les urnes, occupons la rue.

Cynorrhodon, groupe Pavillon Noir (FA 86), 8 janvier 2012

[Génocide rwandais] Documents compromettants

[France génocidaire] Documents sur l’attentat du 6 avril 1994 à Kigali

Posted on 8 janvier 2012 by juralib

Documents sur l’attentat du 6 avril 1994 à Kigali contre l’avion du Président Habyarimana

Mission d’information parlementaire française

Créée le 3 mars 1998, la mission d’information a établi dans son rapport que :

1. Les photos d’un lance-missiles fournies par la DRM révèle que celui-ci n’a pas servi. Elle conclut à une manipulation des ex-FAR.

2. Le FPR n’est pas passé à l’attaque aussitôt après l’attentat.

3. Selon un rapport de Human Rights Watch, les FAR disposaient d’entre 40 et 50 missiles SAM-7 et 15 Mistral, c’est à dire une capacité sol-air assez importante.

4. Les FAR, disposaient de moyens sol-air récupérés sur le FPR. La zone de Kanombe était essentiellement tenue par l’armée hutue, de même que la tour de contrôle. Même si le FPR pouvait accéder à cette zone en s’y infiltrant, il était assez difficile pour lui de le faire. Compte tenu de la portée d’un missile de type SAM-16, il est peu probable qu’un tel missile ait été tiré en dehors de la zone contrôlée par les FAR.

5. Le dénommé Étienne suspecté par Colette Braeckman d’avoir participé à l’attentat serait Pascal Estévada un militaire français qui « aurait participé à l’opération Noroît et serait réapparu au Rwanda en février 1994, avant de participer en mai 1994 à des actions de sécurité rapprochée que la France aurait initiées au profit des autorités burundaises ».

6. Gérard Prunier affirme que « les hommes qui auraient tiré les missiles sont des blancs ». Il ajoute : « on peut supposer que Paul Barril connaît les hommes qui ont abattu l’avion et leurs commanditaires ».

7. La mise en cause du FPR par M. Bernard Debré, Ministre de la Coopération du Gouvernement d’Édouard Balladur,  se fonde « sur des éléments qui n’ont pas pu être vérifiés et qui ne peuvent en aucun cas être considérés comme des preuves crédibles ».

8. Aucune preuve convaincante n’est venue étayer  l’implication comme « opérateurs » de militaires belges.

9. M. Georges Martres a fait observer que « retenir la responsabilité des extrémistes hutus, qui avaient déjà des difficultés à tirer au mortier et au canon, reviendrait à admettre qu’ils aient bénéficié d’une assistance européenne pour l’attentat ».

Mission d’information de la commission de la Défense nationale et  des Forces armées et de la commission des Affaires étrangères,  sur les opérations  militaires menées par la France,  d’autres pays et l’ONU au Rwanda  entre 1990 et 1994 (15 décembre 1998)

Chapitre du Rapport concernant l’attentat

Annexes concernant l’attentat

L’enquête du juge Bruguière

Commission rogatoire du juge Bruguière en Belgique, 9 avril 2002

L’ordonnance Bruguière

Réponse du gouvernement rwandais

« Un juge de connivence » Georges Kapler, Jacques Morel, La Nuit Rwandaise No 1, 7
avril 2007.

« Rwanda. L’histoire secrète » de Abdul Joshua Ruzibiza ou Mensonges made in France ? Pierre Jamagne,  La Nuit Rwandaise No 1, 7 avril 2008.

Accusations sans fondement Georges Kapler, Jacques Morel, 5 décembre 2008. Ce texte a été écrit en défense de Rose Kabuye, arrêtée en Allemagne le 9 novembre 2008 en exécution d’un mandat d’arrêt du juge Bruguière.

Message attribué au FPR par les FAR, revendiquant l’attentat

L’opérateur radio Richard Mugenzi, cité dans l’ordonnance du juge Bruguière, déclare que le message de revendication de l’attentat par le FPR qu’il a prétendument intercepté le 7 avril 1994, a été en réalité rédigé par le colonel Nsengiyumva, chef des opérations pour la préfecture de Gisenyi et très proche des militaires français.

L’enquête rwandaise

The Mutsinzi Report A Media Guide to the Committee of Experts Investigation of the April 6, 1994 Crash of President Habyarimana’s Dassault Falcon-­50 Aircraft.

Rapport de la commission Mutsinzi

Rapport des experts britanniques sur l’attentat

L’enquête du juge Marc Trévidic

Ce que devrait examiner le juge Trévidic à Kigali Jacques Morel suggère des sujets d’investigation au juge qui se rend le 13 septembre 2010 sur les lieux de l’attentat pour commencer l’enquête que le juge Bruguière n’a jamais faite.

Conférence de presse de Maîtres Léon-Lef Forster et Bernard Maingain Paris, 17 décembre 2010 à 10 h après l’audition de leurs clients par le juge Trévidic à Bujumbura. (pdf)

Livre La France au cœur du génocide des Tutsi

Déchargement du livre La France au cœur du génocide des Tutsi

Déchargement du chapitre sur l’attentat du 6 avril 1994 (12 Megs).

Documents cités dans La France au cœur du génocide des Tutsi

Documents cités dans La France au cœur du génocide des Tutsi et relatifs à l’attentat du 6 avril 1994 contre le Falcon 50.

Origine des missiles

À propos d’un missile Sam-16 « trouvé » par les FAR en 1991 Georges Kapler, Jacques Morel, 4 juin 2005

Autres sites d’information sur cet attentat

Site d’Emmanuel Cattier

Site de la Commission d’enquête citoyenne (CEC)

Wikipedia

http://rwanda94.pagesperso-orange.fr

Source : Rwanda, un génocide made in France, 7 janvier 2012

[Espagne] Un archicureton appelle au viol des femmes ayant avorté

L’Église travaille en Espagne

Posted on 8 janvier 2012 by juralib

Un archevêque espagnol : « Violez les femmes, parce qu’elles le méritent »

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Javier Martinez, l’archevêque de Grenade, a légitimé le viol pour les femmes qui ont avorté dans son sermon de Noël. L’auteur portugais Manuel António Pina, s’en émeut et condamne fermement ses propos dans le Jornal de Notícias  :

« Quand il s’agit de l’intolérance, l’Église espagnole n’a de leçon à prendre de personne… Maintenant que le [Premier ministre] Mariano Rajoy, proche de l’Église, a annoncé son intention d’éliminer “la corruption de la loi laïque sur l’avortement” que le gouvernement de son prédécesseur Zapatero a fait adopter, je me suis fait remettre l’homélie de Noël de l’archevêque de Grenade, Javier Jimenez, dans laquelle il affirme “qu’une femme qui a avorté donne à un homme la licence absolue, sans restriction, pour abuser de son corps, parce qu’elle a commis un péché comme si elle avait le droit de commettre ce péché”. … Pour l’archevêque, les crimes d’Hitler et ceux de Staline (il a oublié Franco) sont “moins épouvantables que l’avortement”. Dans ces moments-là, même un athée voudrait qu’il y ait un dieu pour condamner ces personnes. »

Leur presse (Express.be), 4 janvier 2012.

[Bilbao] Grande manifestation pour la libération des prisonnier-e-s basques

Espagne: première marche pour les prisonniers basques depuis le retour de la droite

Aux cris de « prisonniers basques au Pays basque ! », une immense marche a traversé Bilbao samedi, la première de ce type depuis l’annonce de l’abandon de la lutte armée par l’organisation séparatiste basque ETA et le retour au pouvoir de la droite en Espagne.

Des milliers de personnes défilent le 7 janvier 2012 à Bilbao pour demander le regroupement des prisonniers basques

Des milliers de personnes défilent le 7 janvier 2012 à Bilbao pour demander le regroupement des prisonniers basques

Un cortège compact s’est étendu sur au moins la moitié du parcours d’environ deux kilomètres entre « La Casilla », située sur l’avenue Autonomia, et la mairie, dans le centre-ville, a constaté un correspondant de l’AFP.

« Il y a beaucoup plus de monde qu’à la manifestation du 22 octobre qui avait rassemblé 65.000 personnes » à Bilbao, deux jours après l’annonce historique de l’ETA ayant mis fin à plus de 40 ans de violence qui ont fait 829 morts, a déclaré à l’AFP l’un des organisateurs Benat Zarrabeitia.

En l’absence d’évaluations officielles, des médias évoquaient plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Derrière la banderole de tête où était écrit en basque et en anglais « les prisonniers basques au Pays basque », environ 3.000 membres de familles de détenus ont ouvert la marche en agitant le drapeau symbole des prisonniers basques. Quelque 700 prisonniers de l’ETA sont dispersés dans les prisons espagnoles et françaises.

S’en tenant à scander « les prisonniers basques au Pays basque ! » sur fond de chants nationalistes, les manifestants venus en famille semblent avoir respecté les interdits, aucune photo de détenus condamnés pour terrorisme n’ayant été visible.

Mais si aucun slogan ne mentionnait les « prisonniers politiques », tous les manifestants avaient ces mots sur les lèvres.

« Tous les prisonniers politiques basques ne sont pas de l’ETA. Mon fils a été arrêté le 17 janvier 2011. Il était membre de Batasuna » (aile politique de l’ETA interdite en 2003), affirme Consu Mayo, dont le fils Gorka, 32 ans, père de deux enfants, est détenu dans une prison au nord de Madrid.

« Depuis un an, il est détenu sans jugement », poursuit-elle.

La marche, qui s’est dispersée dans le calme vers 19H00 GMT, répondait à l’appel d’Egin Dezagun Bidea (« Faisons le chemin »), une nouvelle organisation qui se présente comme une initiative citoyenne de soutien aux prisonniers basques.

Dans un manifeste écrit en 13 langues, ce collectif appelle notamment « au regroupement des prisonniers politiques basques dans le Pays Basque », à « la libération des prisonniers ayant purgé les trois quarts de leur peine » et de ceux « gravement malades ».

L’ensemble de la gauche abertzale dont la mouvance Batasuna et plusieurs partis indépendantistes comme Aralar et Eusko Alkartasuna (EA) étaient représentés.

Cette marche en faveur des prisonniers a lieu chaque année à la même date à Bilbao, capitale de la Biscaye. Mais cette année, elle prend une dimension toute particulière.

Elle est la première depuis l’annonce historique du 20 octobre de l’ETA qui n’a toutefois pas annoncé sa dissolution.

La première depuis que le Parti populaire (PP, conservateur) a remporté haut la main les élections du 20 novembre après quasiment huit ans de pouvoir socialiste.

Et enfin la première depuis que les indépendantistes basques ont fait leur grand retour au Parlement, avec sept sièges pour la coalition Amaiur contre cinq au parti nationaliste de droite PNV.

Le député d’Amaiur Xabier Mikel Errekondo a réclamé, peu avant le début de la marche, une « solution démocratique complète pour le conflit basque », demandant au chef du gouvernement de droite Mariano Rajoy de « commencer à faire des pas » dans ce sens.

Le PP écarte lui toute amnistie et estime que l’unique issue acceptable passe par le désarmement complet et une dissolution sans contreparties de l’ETA, avant d’examiner d’éventuelles solutions individuelles pour les prisonniers.

AFP, 7 janvier 2012