Archives de catégorie : Okupa y resiste

[DAL 86] Tous au Tribunal d’instance jeudi 10 avril à 14h30 pour soutenir les squateurs du Gibautel

Tous au Tribunal d’instance jeudi 10 avril à 14h30 pour soutenir les squateurs du Gibautel.

Merci de venir nombreux et de diffuser massivement autour de vous

Alors que de nombreuses familles et personnes seules sont à la rue ou dans des conditions de logement très précaires à Poitiers, alors que la préfecture par l’entremise de la Croix Rouge dépense 40 000 € par mois (soit 480 000 € par an pour une centaine de personnes !) au titre de l’accueil d’urgence pour payer des chambres d’hôtels où des familles s’entassent dans des conditions indignes, l’ex hôtel deux étoiles Gibautel avec ses 30 ou 40 chambres meublées tout confort est inoccupé depuis 2001.

Bien-sûr nous savons qu’il y avait un projet immobilier et que la clinique du Fief de Grimoire devait venir dans ces locaux. Mais d’une part pourquoi ne pas avoir prêté gracieusement l’ex hôtel à la préfecture et à la Croix Rouge dès sa fermeture pour qu’elles y installent le CHUS (Centre Hébergement d’Urgence Sociale) ? Cela aurait pu éviter le scandale de l’actuel CHUS insalubre et inadapté de la rue de Monbernage. Et d’autre part, aujourd’hui que le projet de transfert de la clinique du Fief de Grimoire est abandonné, et alors que l’hébergement d’urgence sur Poitiers est déficient et saturé et les chambres d’hôtel coûtent très cher, pourquoi la préfecture ne réquisitionnerait-elle pas ces locaux pour héberger les familles et personnes seules dans le besoin ?

Cela semble être d’ailleurs le point de vue de la Polyclinique, propriétaire des locaux, puisqu’elle a assigné le Dal86 TI à côté des habitants, et ce de manière très provocatrice, afin que, comme c’est stipulé dans l’assignation, cette association verse « aux débats les éléments concourants au fait qu’elle aurait fait des démarches en vue de réquisitionner ledit immeuble ». Rappelons que concernant les réquisition, le Dal86 n’a pas beaucoup de pouvoirs, excepté de signaler aux autorités compétentes les logements vacants qu’elles connaissent d’ailleurs très bien puisque souvent ils leur appartiennent et qu’elles ont des services chargés de les répertorier.

Nous soutenons donc la Polyclinique dans ses revendications et demandons avec elle en application de la Loi de réquisition des logements vacants : Article L641-1 (code de la construction) : « Sur proposition du service municipal du logement et après avis du maire, le représentant de l’Etat dans le département peut procéder, par voie de réquisition, pour une durée maximum d’un an renouvelable, à la prise de possession partielle ou totale des locaux à usage d’habitation vacants, inoccupés ou insuffisamment occupés, en vue de les attribuer aux personnes mentionnées à l’article L. 641-2. » la réquisition immédiate de l’Hôtel Gibautel lui appartenant. Dans l’immédiat et en prévoyance de cette réquisition nous demandons aux tribunal d’instance de maintenir les 3 familles, 9 personnes dont 3 personnes malades et 3 enfants scolarisés qui seraient autrement à la rue, dans ces locaux !

Reste à déterminer qui gèrera le lieu. Nous ne faisons absolument pas confiance en la Croix Rouge 86 qui ne respecte pas la législation en vigueur concernant l’hébergement d’urgence et collabore avec la préfecture pour pourrir la vie des sans papiers et autres indésirables. Il y a encore de trop nombreuses personnes à Poitiers y compris des femmes et des enfants qui dorment dans la rue. Non seulement l’accueil inconditionnel n’est pas respecté mais, malgré la loi qui prévoit un « accueil digne », les locaux du CHUS sont très vétustes et la vie en dortoirs sépare les couples et les familles. Malgré la loi qui prévoit un accueil continu, les personnes et les familles doivent sortir à 10h30 le matin et ne pas y revenir avant 16h15 et pas après 21h. Malgré la loi qui, outre le gîte et l’hygiène, prévoit le couvert, il n’y a pas de repas servis le soir ni a fortiori le midi et les résidents ont interdiction de se faire à manger même pour leur petits enfants et de laver leur linge. Si depuis les multiples actions du Dal86 la première orientation « vers tout professionnel ou toute structure susceptibles de lui apporter l’aide justifiée par son état » a été mise en place, la seconde orientation « vers une structure d’hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation » fait presque systématiquement défaut.

Le mieux serait donc de mettre en place un Centre d’hébergement géré par les intéressés eux-mêmes. Une petite partie du budget de l’hébergement d’urgence en chambres d’hôtel serait grandement suffisant pour faire faire tourner le lieu.

Revue de presse :

Nouveau squat à Poitiers Dal86 03/02/2014 – Un squat à l’hôtel Gibautel à Poitiers NR 04/02/2014 Troisième violation de domicile au squat Gibautel Dal86 05/02/2014 – Squat Gibautel : les assignations sont tombées ! Dal86 29/03/2014

DAL86dal86@free.fr – 06 52 93 54 44 / 05 49 88 94 56 Permanences : tous les samedis matin de 11h à 12h Maison de la Solidarité 22 rue du Pigeon Blanc Poitiers

Merci de venir nombreux et de diffuser massivement autour de vous

Alors que de nombreuses familles et personnes seules sont à la rue ou dans des conditions de logement très précaires à Poitiers, alors que la préfecture par l’entremise de la Croix Rouge dépense 40 000 € par mois (soit 480 000 € par an pour une centaine de personnes !) au titre de l’accueil d’urgence pour payer des chambres d’hôtels où des familles s’entassent dans des conditions indignes, l’ex hôtel deux étoiles Gibautel avec ses 30 ou 40 chambres meublées tout confort est inoccupé depuis 2001.

Bien-sûr nous savons qu’il y avait un projet immobilier et que la clinique du Fief de Grimoire devait venir dans ces locaux. Mais d’une part pourquoi ne pas avoir prêté gracieusement l’ex hôtel à la préfecture et à la Croix Rouge dès sa fermeture pour qu’elles y installent le CHUS (Centre Hébergement d’Urgence Sociale) ? Cela aurait pu éviter le scandale de l’actuel CHUS insalubre et inadapté de la rue de Monbernage. Et d’autre part, aujourd’hui que le projet de transfert de la clinique du Fief de Grimoire est abandonné, et alors que l’hébergement d’urgence sur Poitiers est déficient et saturé et les chambres d’hôtel coûtent très cher, pourquoi la préfecture ne réquisitionnerait-elle pas ces locaux pour héberger les familles et personnes seules dans le besoin ?

Cela semble être d’ailleurs le point de vue de la Polyclinique, propriétaire des locaux, puisqu’elle a assigné le Dal86 TI à côté des habitants, et ce de manière très provocatrice, afin que, comme c’est stipulé dans l’assignation, cette association verse « aux débats les éléments concourants au fait qu’elle aurait fait des démarches en vue de réquisitionner ledit immeuble ». Rappelons que concernant les réquisition, le Dal86 n’a pas beaucoup de pouvoirs, excepté de signaler aux autorités compétentes les logements vacants qu’elles connaissent d’ailleurs très bien puisque souvent ils leur appartiennent et qu’elles ont des services chargés de les répertorier.

Nous soutenons donc la Polyclinique dans ses revendications et demandons avec elle en application de la Loi de réquisition des logements vacants : Article L641-1 (code de la construction) : « Sur proposition du service municipal du logement et après avis du maire, le représentant de l’Etat dans le département peut procéder, par voie de réquisition, pour une durée maximum d’un an renouvelable, à la prise de possession partielle ou totale des locaux à usage d’habitation vacants, inoccupés ou insuffisamment occupés, en vue de les attribuer aux personnes mentionnées à l’article L. 641-2. » la réquisition immédiate de l’Hôtel Gibautel lui appartenant. Dans l’immédiat et en prévoyance de cette réquisition nous demandons aux tribunal d’instance de maintenir les 3 familles, 9 personnes dont 3 personnes malades et 3 enfants scolarisés qui seraient autrement à la rue, dans ces locaux !

Reste à déterminer qui gèrera le lieu. Nous ne faisons absolument pas confiance en la Croix Rouge 86 qui ne respecte pas la législation en vigueur concernant l’hébergement d’urgence et collabore avec la préfecture pour pourrir la vie des sans papiers et autres indésirables. Il y a encore de trop nombreuses personnes à Poitiers y compris des femmes et des enfants qui dorment dans la rue. Non seulement l’accueil inconditionnel n’est pas respecté mais, malgré la loi qui prévoit un « accueil digne », les locaux du CHUS sont très vétustes et la vie en dortoirs sépare les couples et les familles. Malgré la loi qui prévoit un accueil continu, les personnes et les familles doivent sortir à 10h30 le matin et ne pas y revenir avant 16h15 et pas après 21h. Malgré la loi qui, outre le gîte et l’hygiène, prévoit le couvert, il n’y a pas de repas servis le soir ni a fortiori le midi et les résidents ont interdiction de se faire à manger même pour leur petits enfants et de laver leur linge. Si depuis les multiples actions du Dal86 la première orientation « vers tout professionnel ou toute structure susceptibles de lui apporter l’aide justifiée par son état » a été mise en place, la seconde orientation « vers une structure d’hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation » fait presque systématiquement défaut.

Le mieux serait donc de mettre en place un Centre d’hébergement géré par les intéressés eux-mêmes. Une petite partie du budget de l’hébergement d’urgence en chambres d’hôtel serait grandement suffisant pour faire faire tourner le lieu.

Revue de presse :

Nouveau squat à Poitiers Dal86 03/02/2014 – Un squat à l’hôtel Gibautel à Poitiers NR 04/02/2014 Troisième violation de domicile au squat Gibautel Dal86 05/02/2014 – Squat Gibautel : les assignations sont tombées ! Dal86 29/03/2014

DAL86dal86@free.fr – 06 52 93 54 44 / 05 49 88 94 56 Permanences : tous les samedis matin de 11h à 12h Maison de la Solidarité 22 rue du Pigeon Blanc Poitiers

Vu sur DAL 86, 5 avril 2014

[Poitiers] Solidarité avec les révolté.e.s de Taïwan !

Communiqué du groupe Pavillon Noir en solidarité avec les révolté.e.s de Taïwan

Ce samedi 22 mars à 14h, place de l’Hôtel de ville à Poitiers (comme dans plusieurs villes de France et d’ailleurs), des Taïwanais.es, pour la plupart étudiant.e.s, se sont retrouvé.e.s pour témoigner de leur solidarité vis-à-vis du grand mouvement de contestation qui agite Taïwan. Nous avons tenu à leur témoigner notre soutien, contre les tyrans gouvernementaux et capitalistes qui oppriment nos vies à toutes et à tous.

La grande majorité des Taïwanais.es se disent en effet révolté.e.s par un accord ultralibéral de « libre-échange », notamment en matière de services (secteur essentiel de l’économie taïwanaise), signé dans leurs dos par le gouvernement taïwanais (Kuomintang : droite nationaliste et conservatrice) avec le gouvernement chinois. Ces crapules en costume-cravate, de part et d’autre du détroit, livrent les travailleurs taïwanais, déjà fort malmenés par la bourgeoisie locale, aux appétits capitalistes et stratégiques des capitaux outre-détroit. Les prolétaires de Taïwan se retrouvent pris entre le marteau et l’enclume, pour suer toujours plus sang et larmes.

De fait, les quelques acquis sociaux issus des luttes des dernières décennies sont encore plus menacés, avec le risque à terme plus ou moins bref d’un monopole capitaliste chinois (peu réputé pour son respect des droits du travail) sur de nombreuses branches d’une économie locale fragile, encore structurée en de nombreuses petites et moyennes entreprises, souvent familiales.

Ce mouvement, porté notamment par les étudiant.e.s avec un courage et une détermination remarquables, sans avoir eu jusque là recours à la force, occupe pacifiquement l’Assemblée nationale (le yuan législatif), depuis près d’une semaine. Les occupant.e.s tiennent une sorte d’assemblée permanente, avec des débats fraternels dépassant bien souvent le cadre des revendications a minima (suspension et réexamen du traité point par point). De nombreux.euses Taïwanais.es s’inquiètent de voir leurs conditions de vie, déjà malmenées par une forte progression de la pauvreté sur l’île, encore dégradées par un capitalisme sauvage sans aucune entrave.

L’organisation spontanée fait chaud au coeur, avec le soutien logistique (livraison de nourriture, de matériel, nettoyage, chaîne humaine) de dizaines de milliers de personnes, aux abords du Parlement et ailleurs. Ils et elles démontrent ainsi que les prolétaires n’ont nul besoin de chefs pour s’organiser ! De fait, les manifestant.e.s tiennent à rappeler que leur mouvement est en-dehors des partis. Les efforts pitoyables de la « gauche » institutionnelle taïwanaise, complètement corrompue et discréditée, pour récupérer la contestation (et redorer à peu de frais son blason) ont jusque là échoué, car ils n’emportent guère l’adhésion de manifestant.e.s fier.e.s d’expérimenter l’autonomie. L’information circule rapidement, heure par heure, chez les Taïwanais.es du monde entier, malgré le silence assourdissant des médias sur l’ampleur de l’événement. On comprend bien que les médias capitalistes occidentaux, qui au passage informent si peu sur le traité transatlantique en train d’être élaboré sur le dos des prolétaires, n’aient visiblement pas envie de relayer l’information sur une résistance exemplaire aux magouilles capitalistes.

Ici même à Poitiers, de nombreux jeunes envoient à leurs proches des messages de soutien, tout en s’inquiétant d’une possible répression.

La répression, violente, et hélas prévisible, est arrivée hier (dimanche 23 mars), suite au discours, aussi attendu que consternant, d’un président Ma au sommet de son impopularité (à 9% dans les sondages : Hollande, encore un effort !). Visiblement aux abois, le chef du parti nationaliste s’est obstiné dans sa volonté implacable d’appliquer coûte que coûte cet accord. Des centaines de manifestant.e.s ont alors envahi un nouveau lieu de pouvoir : le siège du gouvernement (yuan exécutif). Le gouvernement Kuomintang n’a pas tardé à réagir. Avec l’occupation de l’Assemblée (dirigée par un président dont la place était déjà menacée, et qui s’est donc déclaré assez favorable aux manifestant.e.s, sans doute pour sauver ses fesses), le gouvernement était dans l’expectative quant à la stratégie à adopter pour étouffer le mouvement. Cette fois-ci, il a décidé de frapper fort et de tomber le masque.

Dans la nuit de dimanche à lundi, un millier de policiers qui assiégeaient les manifestant.e.s ont donc sorti leurs matraques, soutenus par deux canons à eau, pour déloger les révolté.e.s du siège du gouvernement. Il y aurait des dizaines d’arrestations et, selon une chaîne de télévision nationale, 120 blessés (dont 57 confirmés par l’hôpital le plus proche). Honte aux brutes en uniforme !

A Taïwan, comme en France, comme en Espagne où une manifestation de plus de deux millions de personnes vient d’avoir lieu, malgré la répression policière, contre le capitalisme sauvage qui met en pièces les droits sociaux, partout la résistance est solidaire ! Quelle que soit l’issue de cette lutte de grande ampleur à Taïwan, quelle que soit la violence de la répression, les manifestant.e.s de Taipei et d’ailleurs ont compris que la désobéissance, la solidarité et l’auto-organisation sont nos seules armes, et ne l’oublieront sans doute pas de sitôt contre les capitalistes et leurs alliés aux gouvernements, qui n’ont pour seule obsession que de nous maintenir dans la soumission.

Le groupe Pavillon Noir (Fédération Anarchiste de Poitiers) adresse modestement ses salutations fraternelles et son soutien indéfectible aux manifestant.e.s de Taïwan luttant pour leurs libertés, contre les gouvernements de Taïwan et de Chine et les appétits de leurs alliés capitalistes quels qu’ils soient.

Vive l’organisation autonome du prolétariat !

Groupe Pavillon Noir (Fédération Anarchiste de Poitiers), France, 24 mars 2014

Retour sur la manif du 22 février à Nantes

Les autorités sont prévenues : retour sur la manif du 22 février à Nantes

Récapitulons
Dans les années 1960, le projet d’un nouvel aéroport près de Nantes sort de terre, avec des projections économiques radieuses à la mode capitalisme trente glorieuses. Projet vite mis en cartons à la suite du choc pétrolier et des contestations (déjà !), mais les terres sont soigneusement protégées du remembrement alors en cours. Le fumeux projet ressort des poubelles administratives de l’État avec la gauche-garcimore en 2000, par un tour de passe-passe en force de Jospin (PS), Gayssot (PCF) et Voynet (Verts). L’aménagement est prévu sur une ZAD (zone d’aménagement différé) de près de 2000 ha, zone humide bocagère d’élevage et de petites cultures sise entre trois bourg ruraux. Sont aussi prévues une voie rapide routière, reliant les axes Nantes-Vannes et Nantes-Rennes, ainsi qu’une desserte ferroviaire. Hôtels et supermarchés viendraient compléter ce tableau d’un désert métropolitain digne de ce nom.
Mais la contestation reprend de plus belle : les réunions publiques sont perturbées et des manifestations diverses s’organisent. En 2007, un premier squat voit le jour dans une maison laissée à l’abandon. En 2009, le Camp Action Climat choisit le site de Notre-Dame-des-Landes pour débattre sur la question environnementale. Trois semaines de débats et d’actions ont lieu, un appel à venir habiter la zone est lancé, c’est le début de la plus grande zone de squat rural d’Europe. À peine les maisons sont-elles rachetées par Vinci qu’elles sont réinvesties. Les habitants « historiques » voient débarquer à leurs côtés, avec une curiosité parfois mêlée d’incompréhension, des gens souvent jeunes et politisés, qui s’installent ici pour un tas de raisons différentes : l’opposition à ce projet cristallise un grand nombre de thématiques de lutte, en lien les unes avec les autres, contre les logiques absurdes du capitalisme, de l’État, de la consommation, de la dévastation écologique… Au début, la cohabitation n’est pas simple ; valeurs et modes de vie divergent, à l’image des catégories qui nous divisent. Mais rapidement, le fait de vivre ensemble sur un même territoire l’emporte, et composer ensemble dans la vie quotidienne et dans la lutte n’est plus seulement une nécessité, mais un désir. Là où le rouleau compresseur devait détruire des terres, des liens, la vie, là où l’individualisme et les rapports marchands devaient encore remporter une victoire, naît une communauté de liens. Là où l’État est repoussé, naît une créativité incroyable, rendant caduques toutes les catégorisations habituelles des pouvoirs faisant de nous des « populations » sous contrôle (sus à l’Insee !)

Pourquoi le 22 février ?
En réponse aux déclarations et aux signes de nouvelles tentatives d’expulsion à venir, les différentes composantes de la lutte contre le projet d’aéroport se sont une fois de plus entendues sur une manifestation, à un moment crucial contre les porteurs de projets (élus et Vinci) : l’échéance du mois de mai pour le « transfert » des espèces animales protégées (procédure obligatoire) contraint les autorités à l’offensive, sous peine de repousser ledit transfert à l’automne. Néanmoins, à un mois des municipales, la marge de manœuvre des « socialistes » est réduite. C’était donc le moment de manifester à nouveau de tous nos sabots contre la machine productiviste.
Les différentes composantes de la lutte (paysans, habitants historiques et zadistes, Acipa, naturalistes, etc., désolé pour les catégories) arrivent donc de cette campagne que l’on veut détruire et soumettre, débarquant dans la ville-métropole de Nantes, espace artificialisé par excellence au cœur des pouvoirs locaux.
La veille de la manif, le préfet annonce que tout l’hypercentre de Nantes sera déclaré « zone rouge », y compris le Cours des 50 otages, lieu de passage traditionnel des manifestations nantaises – ce qui a irrité plus d’un démocrate (j’en ai vu, il en reste !). Voici donc le parcours initialement prévu réduit de près de ses deux tiers ; les organisateurs, pris de court, décident d’allonger le parcours au sud.
La veille et le matin même, les Nantais découvrent leur ville littéralement assiégée par la police et la gendarmerie : de nombreuses rues sont bloquées, des fourgons de force anti-émeutes sont garés en masse. On croirait presque le comité d’accueil d’un contre-sommet !

Et c’est parti !
Le départ s’effectue devant la préfecture : sur la voie publique, les gens s’entassent de tous côtés avec les plus hétéroclites déguisements et façons de s’exprimer. Une cabane se monte dans un platane au-dessus de nos têtes pour bien symboliser le « échangeons les rôles » qui préfigure cette journée. D’énormes tritons marbrés habillent des tracteurs, qui déambulent sur le bitume chauffé par des dizaines de milliers de joyeux lurons.
Rue de Strasbourg, une enseigne de Vinci Immobilier protégée par quelques planches est brisée, la déco intérieure change de style — les plantes qui s’y trouvaient sont sauvées par de charitables âmes. Plus loin une foreuse Vinci, en plein burn-out, décide de s’immoler par le feu.
Arrivés à la station de tram Commerce, où le premier parcours devait filer pour remonter le Cours des 50 otages, une vingtaine de tracteurs sont contraints à l’arrêt, devant un canon à eau de la police et des grilles anti-émeutes, sur lesquelles des dizaines de manifestants tapent en guise de sommation aux forces de l’ordre qui bloquent le parcours décidé collectivement. Mais les casqués ne l’entendent pas de cette oreille. Dès les premiers œufs de peinture, entachant le bel uniforme bleu foncé du sympathique corps de la gendarmerie mobile, les premières grenades lacrymogènes sont tirées.
Pendant ce temps, les premières supputations tombent sur le nombre exact de participants à la manif… mais qu’est-ce qu’on s’en fout ! Si l’on devait s’en tenir aux dires de trucmuche et de machinchouette, voilà bien longtemps que les travaux seraient déjà en cours. Ce n’est pas d’apprendre par les médias le nombre exact d’opposants qui se trouvaient en face d’eux qui a fait reculer les gendarmes mobiles dans leur tentative d’expulsion de la zone en octobre 2012, mais bien la solidarité et la détermination de tous les gens qui ne se sont pas contentés de rester assis en travers de la route ou d’attendre quelque bon geste de la froide mécanique d’État. En attendant, la place bondée de monde est enfumée par les agents chimiques lacrymogènes, et les tracteurs déguerpissent face à l’attaque policière menaçant leur outil de travail. Le canon à eau commence son arrosage, histoire de mettre les sauveurs de zones humides dans leur élément. S’ensuivent quelques minutes plus tard le peinturlurage et la tentative de mise à sac du commissariat de police, situé à l’arrière. Sur la place, les encapuchados (comme on les appelle en Amérique latine), arrivés après les premières salves de lacrymo, s’affairent à relancer les palets incandescents et à distribuer des mélanges eau-maalox aux manifestants aveuglés.

Nos chers médias
On ne le dira jamais assez, merci à tous les médias de masse d’avoir suivi l’événement. Alors que les manifestants de Kiev tirant à balles réelles sur la police sont présentés comme des héros par les journalistes, que l’Union européenne décerne en grande pompe le label Révolution à l’Ukraine, Nantes aurait, ce 22 février, fait face à la « terreur » ! Alors que les engins de Vinci transforment des paysages en champs de ruines et que l’État déverse des milliards d’argent public dans une foule de grands chantiers public-privé aussi inutiles que nuisibles, des tags bariolant des murs et des pubs, quelques pavés descellés et neuf vitrines fêlées ou brisées à Nantes (Vinci, banques, agences immobilières et touristiques…) seraient un « saccage » et une « dévastation » ! Pour pasticher Magritte, cela n’est pas de la violence, c’est l’image de la violence.
Merci d’émanciper celles et ceux que l’on aime de leurs dernières croyances en « l’objectivité journalistique ». Merci de démontrer que des années de débats pipés et unilatéraux n’auront pas suffi à convaincre de l’utilité d’un nouvel aéroport, mais que seule la construction d’un rapport de force véritable a permis et permet toujours de faire reculer le projet. Merci de démontrer, moult images d’affrontements à l’appui, l’inanité de la seule contestation que vous tolérez, uniquement symbolique, qui ne se préoccupe que de « l’opinion publique » (un fantôme que les journalistes affectent de connaître aussi bien qu’ils ignorent superbement nos vies réelles).

Ensemble, on a déjà gagné
Ce jour-là, plus encore qu’à l’habitude, les étiquettes et catégories imposées ont volé en éclats. Tout le long de la manifestation, on pouvait ressentir un côté festif très fort, et beaucoup de joie. Même au « cœur » des affrontements, quand un mouvement de foule spontané se créait, pétards, feux d’artifice et joie d’avancer laissaient un large sourire à plein de gens, malgré les lacrymos. Des personnes de tous âges et toutes situations étaient là, ensemble. Certains tenaient des banderoles bigarrées, d’autres chantaient, d’autres faisaient du théâtre improvisé, d’autres lançaient des projectiles, d’autres en préparaient, d’autres s’occupaient des nombreux blessés atteints par les tirs de la police, d’autres aussi, les plus nombreux, parfois faute d’organisation, étaient juste là, ce qui était déjà beaucoup ; ils participaient pleinement à la lutte par leur présence, leur solidarité et leurs sourires. Quelques personnes, de temps en temps, s’enquéraient du pourquoi du comment, d’autres gens choisissaient de faire face à la police, initiant ainsi de nouvelles conversations. Bref, dans la multiplicité des idées et des moyens, une joie commune de la lutte ! Bien loin, donc, des indignations et condamnations de certains pontes politiques stigmatisant et dissociant les « casseurs ». Laissons-leur ce triste souci de préserver une image de respectabilité dérisoire, auprès des véritables casseurs au gouvernement, qui brisent nos vies au quotidien, et ont blessé (et mutilé) de nombreux manifestants ce jour encore.
Cinq cent vingt tracteurs, 50 000 manifestants environ. Tout le monde s’accorde à dire que cette manif était la preuve d’une montée en puissance du mouvement de lutte contre ce projet. Les autorités, si elles s’avisaient de marcher sur les plates-bandes de la ZAD, sont une fois de plus prévenues.

Raoul Mapoule et Sim Camille, Le Monde Libertaire n° 1734 (13-19 mars 2014)

1. Acipa: Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

[Rochefort, 17] Manif contre le projet d’incinérateur

Partout sur le territoire, de grands projets se dessinent. Aéroports, incinérateurs, autoroutes, Lignes à Grande Vitesse, stades, rocades, etc. On nous les présente toujours comme “le progrès”. Ils sont généralement défendus par la même bande de professionnels (Vinci, Bouygues, Véolia) et de politiciens (PS, UMP, FN, PCF et consorts). Bien entendu, ces projets sont tous liés. Si l’incinérateur d’Echillais se construit, on fera l’aéroport de Saint-Agnant pour “permettre une meilleure revalorisation” de l’énergie produite, puis une voie de coutournement Est pour désengorger la ville et, bien sûr, l’autoroute Fontenay-le-Comte – Rochefort pour la désenclaver. Si on laisse faire tout ça, Rochefort deviendra une métropole sans âme et sans vie comme la plupart des villes occidentales. Car quand ils disent apporter le progrès, c’est en fait des déserts qu’ils créent.

Partout sur le territoire, bien heureusement, des luttes apparaissent contre ces projets. Des associations se montent, des collectifs se créent, des terrains et des maisons sont occupées, des chantiers sont sabotés ou bloqués, des actions et des manifestations s’organisent et des liens se tissent. Ces liens sont importants, car, en plus de nous donner la force nécessaire pour combattre nos ennemis, ils mettent à mal, par leur simple existence, l’idée du monde que ces ennemis voudraient nous imposer. Alors ne les brisons pas ces liens, retrouvons-nous pour les solidifier jusqu’au jour où ils seront assez forts pour faire trébucher l’immonde machine capitaliste qui nous fait face.

SAMEDI 15 MARS : MANIFESTATION CONTRE L’INCINÉRATEUR À 14 HEURES 30 PLACE COLBERT À ROCHEFORT (17)

Animations, stands, soupe et vin chaud dès 11 heures. La manif sera suivie d’un goûter, d’un déversement publicitaire (apportez vos prospectus) et de concerts, sur la Place Colbert. Nous nous retrouverons également le soir, pour fêter la fin du projet, au bar “La Bigaille” à Marennes, avec un concert de Prince Ringard et des Bayrouriers Noirs (PAF 4€).

Comité de Lutte Contre l’Incinérateur – clci [arrobase] riseup [point] net
http://clciechillais.overblog.com

Mise à jour 12 mars : une petite chanson sympathique !

[Châtellerault] Mépris des autorités pour le droit à la vie des gens du voyage

Logique de vie contre logique de profit…

C’est depuis longtemps l’un des marronniers moisis de la presse quotidienne régionale… Aujourd’hui dans la Nouvelle République, les marchands et les capitalistes ayant investi la zone d’Argenson se plaignent de voir les gens du voyage habiter les lieux. Mêmes propos que ceux de la direction du Super-U ayant fait évacuer un campement de caravanes : ça donne une mauvaise « image », « ça fait fuir la clientèle ». Passons sur d’autres déclarations plus nauséabondes encore…

Or les gens du voyage habitant les lieux rappellent à juste titre que la mairie ne leur laisse aucun autre endroit pour vivre : ils sont expulsés de partout, les places sont insuffisantes sur les aires d’accueil, l’absence d’infrastructures sanitaires les contraint à la débrouille… du coup les gens du voyage s’installent où ils peuvent. On voit bien, ici comme ailleurs, que les autorités sont les premières responsables des discriminations de fait à l’égard des gens du voyage, faisant le terreau d’un racisme qui ne dit pas son nom, menant à une négation agressive de leur culture.

Face à cette incurie de la mairie, les commerçants n’exigent pas des autorités qu’elles offrent enfin des conditions de vie dignes aux gens du voyage ; au contraire, le discours est méprisant, stigmatisant : un investisseur immobilier de la zone va jusqu’à exiger une baisse de subventions aux associations de gens du voyage pour rembourser un manque à gagner ! Ces braves gens du commerce évoquent des « pissotières publiques », mais quand on lit certains de leurs propos puants, on peut constater que décidément, pour eux, l’argent n’a pas d’odeur (1)…

Encore une fois, on nie éhontément le droit fondamental d’êtres humains à habiter quelque part, c’est-à-dire de vivre, droit qui ne pèse rien vis-à-vis de leur « droit » capitaliste à eux, commerçants, à faire du profit. Et qui ne pèse rien vis-à-vis du « droit » de l’incurie politicarde à fabriquer du bouc-émissaire à la pelle.

Soutien inconditionnel à toutes celles et ceux qui luttent pour leur droit de vivre et d’habiter, contre les logiques publiques et privées du profit électoral ou financier !

Juanito, Pavillon Noir, 13 février 2013

(1) « L’argent n’a pas d’odeur » : expression attribuée à l’empereur romain Vespasien, en réponse au Sénat qui se plaignait que l’Empire ait institué, pour se financer, des pissotières publiques (les fameuses « vespasiennes ») assorties d’une taxe sur la collecte des urines (qui permettait de fixer les teintures textiles).